Le Cinéma Fantastique au bout des doigts. Cinéma Fantastique vous propose une critique jeune des films les plus vieux au plus récents traitant du fantastique dans sa globalité. Horreur, gore, fantômes ...
Dans un futur apocalyptique, une expérience scientifique aboutit à la création d'êtres aux pouvoirs extraordinaires, immédiatement massacrés par des unités militaires. Seul un groupe survit. Les créatures humanoïdes décident de se venger de toute l'humanité à l'aide d'une armée de robots. Pour contrer leurs plans de destruction, le responsable de leur création accidentelle plonge le corps de son fils défunt dans la même solution liquide qui aboutit à la naissance de la race des mutants. Revenu d'entre les morts, Tetsuya Azuma est le dernier espoir de l'humanité...
Par Frank Black
Casshern fait partie de ce genre de films qui ont tout pour devenir une véritable bombe dans le milieu du cinéma de genre : sens inné de l’esthétique propre aux Asiatiques, réalisation hyper stylée, univers riche peuplé de personnages torturés ... Vous l’aurez compris, adaptant le manga des 70’s Casshan, le film n’accepte aucune limite visuelle pour retranscrire le monde foisonnant du matériau d’origine. Et pour ce qui est de l’aspect visuel du métrage, force est de constater que Kiriya a mis le paquet ! Exploitant au maximum les possibilités du numérique, le film regorge d’effets spéciaux 3D sans lesquels il aurait été impossible de
filmer l’histoire.
On pense d’emblée à Avalon de Mamoru Oshii, référence avouée du film. Casshern offre ainsi des plans d’une beauté étourdissante, parements somptueux d’une atmosphère saisissante. Le réalisateur ne se refuse aucune expérimentation, tant en terme de montage que de teintes chromatiques. Les séquences se déroulant dans les terres ravagées de l’Eurasie sont filmées dans un noir et blanc hyper contrasté, les teintes choisies habillent le film d’une robe magnifique et intrigante. Cohérent et poétique dans sa démarche, le film souffre pourtant ponctuellement d’un léger manque de lisibilité, notamment lors de certaines séquences d’action. Un petit bémol sans grande incidence tant la qualité visuelle du métrage subjugue. Dans sa forme, Casshern s’avère être une expérience inédite, dans la lignée de films comme Avalon, 300 ou Immortel ad vitam.
Mais quand la forme d’un film atteint un tel niveau, c’est souvent au détriment du fond. Casshern ne déroge pas à la règle, mais il s’en est fallu de peu.
La faute à un scénario dont la multiplicité des personnages empêche le spectateur de s’investir pleinement dans l’histoire. Trop intéressé par les mélodrames naïfs qui jonchent le parcours des personnages, le film perd un peu le fil de son histoire. Les acteurs pourraient également être pointés du doigt, donnant tantôt dans la surenchère, parfois dans la
retenue, mais ne trouvant que rarement le juste équilibre lors des séquences de dialogues dont l’intérêt dramatique, a fortiori, s’amenuise. Finalement, seul le personnage du "bad guy" aux circonstances atténuantes permet un semblant d’identification. Cependant, le spectateur ne décroche pas pour autant. Parce qu’il emprunte autant à X-Men, Ghost in the shell qu’à Akira, parce qu’il livre un universel message antimilitariste, parce qu’il allie furie et poésie, parce qu’il se conclut sur une morale non manichéenne assez inattendue, Casshern parvient in extremis à tenir en haleine jusqu’au bout.
Si vous êtes amateurs de films de S.F en général, asiatiques en particulier , vous plongerez corps et âme dans l’univers de Casshern. Si vous y êtes réfractaires, vous vous contenterez de voir un divertissement qui vous paraîtra incompréhensible mais d’une esthétique à la beauté indéniable. Quoi qu’il en soit, le film ne vous laissera pas indifférent, et à l’heure des blockbusters formatés, ce n’est déjà pas si mal.
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