Le Cinéma Fantastique au bout des doigts. Cinéma Fantastique vous propose une critique jeune des films les plus vieux au plus récents traitant du fantastique dans sa globalité. Horreur, gore, fantômes ...
Dante 01, prison spatiale, dérive dans l'atmosphère suffocante de Dante, planète hostile, son seul horizon. À l'intérieur, six des plus dangereux criminels des mondes environnants servent de cobayes à d'obscures expériences. Une résistance s'organise autour de César, psychopathe manipulateur. Mais son autorité se voit remise en cause par l'arrivée de St Georges, mystérieux détenu, possédé par une force secrète, qu'il apprendra à maîtriser pour faire face à l'hostilité de ses co-détenus, et les libérer de l'attraction maléfique de Dante
Marc Caro n’avait pas montré le bout de son nez au cinéma depuis 13 ans, depuis les cultes Delicatessen et La Cité des Enfants Perdus, tournés avec son ami Jean-Pierre Jeunet. Et c’est aujourd’hui qu’il nous est revenu avec un film de science-fiction hors normes, aux allures très Christiques.
Tout d’abord, le bonhomme semble n’avoir rien perdu de sa verve cinématographique et filme avec brio et style son sombre univers d’enfermement, de folie et de solitude, refuges omniprésents lorsque l’on est coincé au fin fond de l’espace dans une prison spatiale, avec de dangereux malades mentaux, des scientifiques inquiétants, et un nouveau détenu mystérieux. Ce détenu, on l’appelle Saint Georges (magistralement incarné par Lambert Wilson) et semble s’apparenter à Jesus Christ lui-même, le sauveur, et c’est ce que l’on va découvrir tout au long du film (jusqu’à un final d’une beauté et d’une pression incroyable, preuve même de la métaphore religieuse du film) en même temps que ses "camarades", d’abord hostiles, et qui vont finir par le respecter après de nombreux miracles... Il est le Messie, et il les convertis.
Doté d’une excellente interprétation (on retrouve le toujours aussi génial Dominique Pinon, et un Lotfi Yahya-Jedidi surprenant, ressemblant étrangement à un autre acteur culte de l’univers de Caro et Jeunet, le regretté Daniel Emilfork) et d’une ambiance "Bilalesque" surprenante, le film
ne fait pourtant pas l’impasse sur quelques moments malheureusement ennuyeux, mais d’un côté le scénario, bien que très interessant en lui-même, aurait mérité un plus long traitement, notamment vers la fin, trop précipitée. Les deux facteurs empêchent alors le film d’aller au bout de ses promesses.
Retenons alors un univers visuel riche et hypnotisant, qui annonce peut-être enfin le grand retour d’un metteur en scène illuminé qui semble ne pas vieillir... Alleluia.
Par The creeper
A force, on aurait presque fini par y croire. Malheureusement, l’émergence d’un véritable cinéma de genre à la française restera limitée à quelques films véritablement habités par leurs auteurs. Des exceptions qui confirment une fois de trop la règle. Quand Aja, Vestiel, Siri, et consorts investissent le genre pour livrer des œuvres référentielles mais avec la volonté de générer une véritable empathie pour leurs personnages et raconter une histoire pas seulement rythmée par des scènes d’actions et/ou de sévices, les autres (Leclercq, Pitof, Leterrier) se ramassent la gueule pour avoir privilégier les artifices à tout discours humaniste. Le premier film de Marc Caro seul, Dante 01, faisant contre toute attente partie des ratés.
Pourtant, on aurait aimé qu’il réussisse à imposer une nouvelle vision de la S.F. Quitte à tenter de s’auto-persuader que décidément non, l’autre moitié du duo Jeunet-Caro ne pouvait faire un mauvais film. Mais contrairement au magistral Sunshine de Danny Boyle, Dante 01 a beau multiplier les références, il n’arrive jamais à les amalgamer et les soumettre à sa volonté de raconter une histoire. Plombé par un script de Pierre Bordage indigne et sans ambition, Caro dirige son éternelle troupe de « gueules » (Pinon, Levantal, Hadji-Lazaro…) dans des décors au désign parfois assez limite. Si Eden log bénéficiait également d’un scénario minimaliste de Bordage, Franck Vestiel a su le transcender par une réalisation soignée, significative et évocatrice donnant à son film plusieurs niveaux de lecture. Un film imparfait mais passionnant.
Or, Caro se borne à illustrer une histoire évasive, à la symbolique religieuse et mythologique pachydermique. Entre les noms de persos tels que Perséphone, Moloch ou St-Georges, le pénitencier/hôpital en forme de croix et en orbite autour d’une planète en fusion, une voix-off insupportable d’explications pseudo philosophiques sur les évènements à l’écran, tout pour prendre le spectateur pour un débile fini. Une condescendance intolérable.
Ceci dit, le travail sur la lumière et les cadres reste admirable et la séquence qui voit Dominique Pinon plonger dans un bain bouillonnant
pour reprendre le contrôle de la station est superbe et saisissante.
Hélas, on oublie bien vite les quelques bonnes idées parsemant le métrage tant le spectateur un tant soit peu cinéphile demeure dubitatif face à cette resucée sans âme de Alien 3 de David Fincher. Sans rythme, des acteurs en roue libre qui en font le minimum tant leur manque d’implication est patent, le film se permet tout de même l’exploit de s’éterniser sur 1h30. 90 minutes construites sur du vent Dans l’espace, personne ne vous entendra bâiller.
Terminons par des propos de Lambert Wilson sur sa fierté de participer à ce film : "Je souhaitais simplement m’approcher d’un metteur en scène dont l’imaginaire est puissant et qui a un sens visuel très développé. Ca m’a rappelé les frères Wachowski. Ces trois personnes sont issues de la bande dessinée. Pour elles, le travail commence par l’oeil dans un petit format."
D’un, il n’a rien compris au talent des frangins pour tenter la comparaison avec celui de Caro. Deux, effectivement, la vision qu’a Caro de son média est sacrément étriquée. Lambert Wilson, acteur passable mais bel esprit de synthèse. En tout cas, Marc Caro nous doit une revanche.
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