Critique de film

Chromosome 3

"The Brood"
affiche du film

Nola Carveth, en pleine séparation, se fait soigner pour des troubles mentaux très graves par le docteur Hal Raglan, inventeur gourou de la psychoprotoplasmie. Ce dernier parvient à guérir de leurs émotions ses patients mais les effets secondaires se révèlent assez désastreux. En effet, les malades extériorisent leurs souffrances mentales par des manifestations organiques telles que plaies, pustules ou excroissances dermiques. Frank, le mari de Nola, n'est pas autorisé à voir sa femme, en raison de l'importance de son état, excepté les week-ends où il laisse leur fille à la maman. Il remarque bientôt que leur enfant présente des ecchymoses dont il impute l'origine à Nola. Quelques temps plus tard, certains proches de Franck sont sauvagement assassinés.

Les critiques à propos de ce film

Chromosome 3 - L’entrée de Cronenberg
Par : Damien Taymans

Premier métrage personnel de David Cronenberg, Chromosome 3 intervient à une période importante de la carrière du réalisateur puisque c’est cette œuvre qui va lui valoir une solide réputation et le propulser dans le cercle fermé des maîtres du fantastique. Jusque-là, l’auteur avait déjà œuvré pour quelques courts et moyens métrages, des téléfilms davantage alimentaires que passionnés ainsi que deux films originaux qui donnaient déjà un avant-goût des thèmes choisis par le réalisateur : Shivers en 1974 et Rage en 1976. Cependant, Chromosome 3 tient une place particulière dans la filmographie de Cronenberg puisqu’il s’agit de sa première réelle expérience professionnelle digne de ce nom. Doté d’un budget relativement confortable et d’une équipe technique plus spécialisée, Cronenberg eut même la grande chance d’engager des acteurs talentueux aux noms ronflants (Samantha Eggar et Oliver Reed).

Mêlant une quantité de genres différents, Cronenberg crée de toutes pièces le prologue idéal à l’ensemble de son œuvre. Un sujet somme toute banal (un divorce) est diffusé à travers les filtres de la critique sociale, de l’enquête policière, du drame et du fantastique. Si le traitement original est à imputer directement à la créativité sans faille de son auteur, le scénario prend ses sources dans l’histoire personnelle de Cronenberg. En pleine séparation et miné par les fréquentations de sa future ex-femme, David ressent une incompréhension et une rage qu’il va extérioriser par le biais de la pellicule. Pour incarner le héros cronenbergien, le réalisateur choisit Art Hindle qui stupéfie par son interprétation tempérée et neutre du personnage central. C’est que le héros est quasiment dénué de toute psychologie puisque lui-même plongé dans un univers délirant. Il acquiert dès lors le statut de héros pur, luttant contre les frasques de son ex-femme et entrant de plein pied dans sa nature conceptuelle créée au sein de l’œuvre.

Les effets utilisés par Cronenberg dans le reste de sa filmo sont déjà bien présents dans ce métrage. Avant d’intégrer la dimension fantastique, l’auteur installe patiemment une tension palpable qui n’ira que s’épaississant au fil de l’œuvre. Dès les premières scènes, une tension extrême s’installe dans l’échange qui s’instaure entre le Professeur Raglan et Michel, patient extériorisant physiquement ses douleurs. Cette atmosphère anxiogène ira croissant jusqu’au premier meurtre (le dos meurtri de Candice, la visite chez Raglan, la rencontre avec l’avocat), qui finira d’asseoir définitivement l’angoisse. Un montage habile nous plonge dans l’effroi pour cette première scène-choc. L’auteur sait jouer des éléments constitutifs de l’action pour provoquer en nous une peur irréversible. Quelques objets éjectés des placards de la cuisine, une main qui saisit un objet familier mais réputé dangereux, une forme jaillissant sur le corps de la pauvre vieille pour se terminer par la découverte de Candice et les traces des mains de la créature sur les barreaux du palier. En usant de cette astuce qui consiste à garder tapie la nature du criminel, le réalisateur ajoute une seconde strate à la peur qui nous assaille : celle de l’inconnu, de l’invisible et de l’inexplicable.

Gardant son affreux secret pour la deuxième scène de crime, Cronenberg décide de frapper un nouveau grand coup afin de susciter incompréhension et terreur chez son spectateur. La pierre de sulfure se substitue au marteau de la cuisine et la violence se renforce par la découverte de l’individu criminel. Une découverte qui, loin de rassurer, anéantit encore un peu plus les espérances du spectateur qui croyait trouver une raison logique à ces actes répugnants (puisque dans l’œuvre de Cronenberg, les meurtres demeurent abjects et jamais la cible d’une quelconque beauté artistique). Une angoisse supplémentaire vient se greffer à celle existante car l’individu mis en lumière est terrorisant d’étrangeté. Un visage angelot, une taille enfantine mais une force et une rapidité effroyables. Le profil de la bête tracé par le légiste continue d’instaurer ce climat d’incompréhension amenant la peur puisqu’il ne peut donner aucune raison logique à l’existence d’une telle créature.

Désormais, l’œuvre a basculé du côté obscur et nul ne peut s’y retrouver. Une enquête s’ensuit pour expliquer tous ces faits étranges et leur donner une explication logique. Le héros cronenbergien, à l’instar du spectateur, oscille entre une explication logique ou fantastique de ces meurtres et des expériences du professeur Raglan. Les deux vont devenir étroitement liés dès l’instant où Candice sera enlevée à l’école par ces êtres abjects. Jusqu’à nous amener lentement mais sûrement vers cette scène finale, summum de l’horreur où l’incompréhension sera quelque peu atténuée par des explications abracadabrantesques sur la nature organique des événements (qui a sa place dans l’ensemble de l’œuvre fantastique du réalisateur, préférant les mutations organiques aux apparitions fantomatiques ou aux bêtes féroces résidant dans les forêts obscures). Le savoureux mélange offert par le réal lors de cette dernière scène entre horreur et psychologie prouve à la fois la complexité et le génie de l’œuvre. Nous nous garderons bien entendu d’en révéler ici tous les tenants et aboutissants, ayant déjà brisé nombre d’attentes chez les néophytes.

Le film marque la première collaboration entre Cronenberg et son compositeur attitré Howard Shore qui ne le quittera plus de toute sa carrière, agrémentant de ses précieuses compositions, l’ensemble des créations de l’auteur. Le tandem sévira ainsi de fort belle manière, mettant au grand jour une complicité étonnante à l’heure où nombre de réalisateurs préfèrent aux compositeurs les nouveautés assourdissantes des pétards de MTV…

En conclusion, Chromosome 3 est la digne œuvre de son créateur. Emanant de son cerveau génial, l’œuvre sera façonnée par les mains de son auteur et révèlera les multiples talents de ce dernier au public. En cela, Chromosome 3 est un préambule intéressant aux thématiques futures de Cronenberg et, même si le tout n’est pas d’une perfection sans faille, le film constitue une vraie réussite qui ravira le cœur des cinéphiles…

Commentaires sur le film

chromosome 3
5 etoiles

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OUI BEN J AIMERAIS LE TELECHARGER MAIS VOILA JE N Y ARRIVE PAS ET C EST TRES DOMAGE CAR JE L AI VUE AU CIN EMA QUAND IL EST SORTIS DANS LES ANNEE 70 donc je me disait pourquoi ont ne sais pas le telecharger pouvez vous le mettre sur le site megafilms pour nous le voir y a beaucoups de personne qui aimerais le voirs c etais un supoer films a l epoque c est vrais que ca m avait un peut choquer mais je n avais que 18 ans maintenant je suis agee de 49 ans et je veut absolument le revoir merci de me tenir au courrant pour me dire si c est possible j espere que oui merci de votre comprehention et que vous pourrez m aider a se sujet

6 avril 2010 à 14:04 | Par womenlove

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