Le Cinéma Fantastique au bout des doigts. Cinéma Fantastique vous propose une critique jeune des films les plus vieux au plus récents traitant du fantastique dans sa globalité. Horreur, gore, fantômes ...
Kim et ses amis partent en week-end au bord d'un lac pour se ressourcer. Mais lorsqu'ils décident de jouer à "Dead Mary", ils réveillent un esprit mauvais, qui prend possession d'eux un par un, les forçant à se tourner les uns contre les autres...
Déjà producteur de Living death et de nombreuses autres œuvres de série B assez limites, Robert Wilson se lance ici dans la réalisation de Dead Mary, un film d’horreur destiné au direct-to-video qui est passé complètement inaperçu chez nous. Il faut dire que le film manque cruellement d’arguments : une histoire très convenue et une affiche peu alléchante font de ce film un rebus du genre.
Pourtant, pour peu qu’on s’y intéresse un peu et qu’on ne s’endorme pas au bout de quelques minutes, on pourrait même être charmés par quelques atouts bien cachés. Mettant un temps de dingue à commencer, le métrage y va mollo et s’amuse en placer des jalons invisibles ici et là. Malgré des personnages très caricaturaux, ceux-ci tirent leur épingle du jeu grâce aux relations alambiquées qu’ils entretiennent les uns avec les autres. Sorte de Petits meurtres entre amis horrifique, Dead Mary utilise ce biais du « personne n’est innocent » pour créer un climat d’angoisse bien senti.
Fort éloigné des slashers à la mode, le film repose sur une paranoïa constante entretenue dans des lieux devenus claustrophobiques tant tout devient basé sur la peur des autres qui ne sont pas loin. Des gens apparaissent, disparaissent, on s’accuse, on se fait confiance, on se tue… Au fil du film et des confidences qui éclatent, plus personne n’a confiance en personne et le jeu devient une véritable tuerie où l’objectif est d’être le dernier survivant.
Malheureusement, ce climat s’étiole au fil du métrage et le scénario cousu de fil blanc évente rapidement les éléments qui auraient pu transformer Dead Mary en classique du genre. L’ambiance imposée est alors vite oubliée au profit d’une fin hasardeuse et peu jouissive. Une expédition qui ternit considérablement la qualité d’un métrage dont la première partie est d’une qualité nettement supérieure à la seconde.
Bien loin d’être un modèle comme Candyman (malgré des appels dans le miroir significatifs), le film se pète la gueule avec bruits et fracas et ne se relèvera plus. L’inexpérience de Wilson l’a contraint à en finir avec un rôle qui lui colle mal à la peau. La production restera certainement un choix plus approprié pour lui…
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