Le Cinéma Fantastique au bout des doigts. Cinéma Fantastique vous propose une critique jeune des films les plus vieux au plus récents traitant du fantastique dans sa globalité. Horreur, gore, fantômes ...
Il y a bien longtemps, la Terre traversa un nuage stellaire de poussière radioactive qui sema le chaos sur notre planète en déclenchant un effroyable appétit de chair humaine. La terreur dura jusqu'à ce que la toute-puissante compagnie ZomCon mette au point un collier qui domestique littéralement les zombies. Devenues jardiniers, livreurs de lait ou même véritables animaux de compagnie, ces créatures sont désormais partout, sous le parfait contrôle de leur collier, dans un monde réglé comme du papier à musique. Pour le jeune Timmy, tout cela est aussi stupide qu'illusoire et lorsque sa mère achète l'un de ces zombies, Fido, pour l'aider dans les tâches ménagères, il va avoir l'occasion de mesurer à quel point. Parce que Fido va le sauver, une belle amitié va naître entre le jeune garçon et la créature, mais lorsque son collier tombe en panne, les voisins ne tardent pas à en faire les frais...
Fido est la deuxième réalisation de l’Anglais Andrew Currie. La volonté du réalisateur était de détourner tous les codes préétablis de films de genre comme y avaient si bien réussi des films comme Kill Bill de Quentin Tarantino ou encore Edward aux mains d’argent. Currie s’attaque aux genres fixes que constituent la satire sociale, le mélodrame, la comédie franche et le film de zombies. Parvenant à mixer tous ces genres et à les entremêler adroitement, le réal effectue un véritable tour de force et égale presque la qualité de Shaun of the dead.
L’idée de base à la genèse du film vient de l’esprit de Dennis Heaton, co-scénariste avec Andrew Currie et Robert Chomiak. A propos de cette naissance, Heaton explique : « Andrew, Robert et moi avons fréquenté la même école de cinéma. En 1992, j’ai écrit une première version de Fido et nous avons décidé d’en faire notre film de fin d’études. On pensait réussir à le réaliser avec un budget de 10 $ et un paquet de cigarettes ! Cela n’a pas pu se faire, mais nous avons continué à travailler dessus pendant treize ans. Nous en avons rédigé de nombreuses versions avant qu’Andrew n’adapte la meilleure d’entre elles. ». Une histoire qui a fortement évolué depuis et qui a même vu son script réécrit lorsque Carrie-Anne Moss, emballée par le projet, a annoncé au réalisateur qu’elle était enceinte. Transformant cette « faiblesse » en force, Currie a changé quelques éléments du personnage central pour le rendre encore plus attachant qu’au départ…
De nombreuses réussites sont à souligner. L’utilisation d’une teinte particulière, version Technicolor des années 50, a été appliquée à l’ensemble du métrage pour le transformer en véritable hommage de cette tradition ancestrale du film d’après-guerre, avec ses lumières sobres et ses teintes feutrées. Sous ses airs de comédie kitch, Fido cache un hymne élogieux à ce cinéma populaire diffusé dans les 50’s dont tant de personnes sont nostalgiques. Ce travail en appelle un autre, celui du génie du maquillage Todd Masters qui a travaillé à donner une apparence réaliste aux différents morts-vivants. Il a pour cela différencié trois types de zombies : « les récemment décédés, qui étaient simplement grisâtres, avec quelques veines apparentes, les ouvriers zombies, morts depuis plus longtemps mais pas totalement corrompus physiquement et les zombies sauvages, absolument déchaînés, couverts de terre et crasseux. » Un travail d’une précision parfaite et d’un professionnalisme que peu égalent.

Mais, au-delà de ce style de comédie légère et envolée se tapit une dimension plus intense, plus profonde. Currie transforme son film en armée prête à guerroyer jusqu’à la mort en en faisant une arme virulente à l’égard de nombreux faits de société. Critique de la peur de la mort, de la peur de l’étranger (à l’égard du père de Timmy si haineux vis-à-vis des zombies), du communautarisme extrapolé, des jalousies entre voisins (sorte de Desperate Housewives à la sauce canadienne), de l’obsession du paraître (dont paraît souffrir la douce Helen Robinson dès le début du métrage).
Une critique acerbe qui renferme tout de même ses mauvais côtés. On sent à de nombreux moments que Currie ne va pas au bout des choses et, qu’à force d’employer un ton léger, le film ne parvient jamais à rentrer au fond des choses. En bref, les critiques, malgré leur omniprésence, manquent de mordant et semblent habitées d’un style trop envolé qu’elles ont du mal à quitter.
Fido reste une bonne comédie horrifique dans la veine de celles sorties précédemment comme Shaun of the Dead ou Bubba Ho-Tep avec ce qu’il faut d’horreur pour lui donner du crédit. A voir !
Quoi ?! Vous n’avez pas encore votre propre zombie domestiqué ?! Mais comment ça se fait ? C’est bien pratique d’avoir un p’tit zombie chez soi ! Ca vous tond la pelouse, ça vous sert le repas à table, ça sort promener le chien…et si il y a un voisin qui vous emmerde, ça peut vous le dévorer tout cru ! Alors, convaincu ? Allez, moi j’en commande un second dès demain !
Qui se serait douté qu’un jour tous les foyers seraient équipés d’un zombie ? Pourtant, George Romero nous le démontrait déjà dans Le Jour des morts-vivants : un revenant, ça peut être sympa (remember Bub) ! Attention toutefois, il ne faut pas trop le titiller sinon le naturel revient vite au galop : il vous mordille l’avant-bras, ça pisse le sang partout sur la moquette et après on devient comme lui. On connaît la chanson. Dans Fido, non seulement ils peuvent encore avoir du mordant mais en plus, ils auraient aussi tendance à piquer votre femme. C’est qu’il est difficile de succomber au regard vitreux de ce charmant Fido. L’acteur Billy Connoly (vu récemment dans Les Désastreuses aventures des orphelins Baudelaire) compose là un personnage absolument attendrissant, même si mort. On comprend pourquoi la belle Helen Robinson (Carrie-Anne « Trinity » Moss) a un petit faible pour lui. Le ton est donc bien à la comédie satirique dans ce second film réalisé par Andrew Currie. Trouvant habilement l’équilibre entre la drôlerie des situations et les petits débordements sanglants, le metteur en
scène transcende quelques tabous et profite de son sujet pour mordre un peu plus. Ainsi, les personnes âgées y sont potentiellement dangereuses (« On ne peut pas faire confiance aux personnes âgées »), les armes à feu y sont indispensables (« garde-le dans ton cartable ») et on exhibe naturellement ses penchants nécrophiles (M. Theopolis et sa fiancée zombifiée Tammy).
Mais tout cela reste plutôt sage, les belles images stylée 50’s et les attitudes des protagonistes nous ramenant ainsi aux gentilles comédies de l’époque. Un peu plus de consistance, de jusqu’au-boutisme et davantage de folie n’auraient pas été de refus mais en l’état, Fido comblera de façon bien agréable votre soirée. C’est déjà pas mal et c’est bien mieux que la « Nouvelle star » !
Meilleur score et Prix Spécial du Jury au Festival de Gerarmer en 2007, Fido fait partie de ces véritables ovnis du genre qui ne peuvent que germer dans l’esprit de réalisateurs atypiques. Andrew Currie fait sans aucun doute partie de ceux-là. L’homme, qui réalisa quelques téléfilms pour la télévision canadienne, se fit une première fois remarquer avec son court Night of the Living, qui traitait déjà du phénomène zombiesque et qui remporta un franc succès dans quelques festivals outre-Atlantique. Après avoir bouclé un drame inattendu, Mile Zero, le cinéaste retourna à ses premières amours à l’annonce de Fido, dont le titre, à l’instar du pitch, ne pouvait que susciter la curiosité et engendrer une loufoquerie à la Shaun of the Dead. Il y a bien longtemps, la Terre traversa un nuage stellaire de poussière radioactive qui sema le chaos sur notre planète en déclenchant un effroyable appétit de chair humaine. La terreur dura jusqu’à ce que la toute-puissante compagnie ZomCon mette au point un collier qui domestique littéralement les zombies. Devenues jardiniers, livreurs de lait ou même véritables animaux de
compagnie, ces créatures sont désormais partout, sous le parfait contrôle de leur collier, dans un monde réglé comme du papier à musique. Pour le jeune Timmy, tout cela est aussi stupide qu’illusoire et lorsque sa mère achète l’un de ces zombies, Fido, pour l’aider dans les tâches ménagères, il va avoir l’occasion de mesurer à quel point. Parce que Fido va le sauver, une belle amitié va naître entre le jeune garçon et la créature, mais lorsque son collier tombe en panne, les voisins ne tardent pas à en faire les frais...
La mission d’Andrew Currie était de détourner le mythe zombiesque en le mixant avec différents genres, la comédie, la satire sociale et le film de costumes en premier lieu. Dès l’entame de Fido, le cinéaste use à ce titre d’une certaine maestria au niveau de la fable sociale qu’il instaure petit à petit. Décors, costumes et score s’accordent en effet à rendre l’image d’une société parfaite, dépeignant de manière on ne peut plus satirique une classe moyenne américaine vivant enfermée dans ses convenances et coincée par une forme de jalousie des autres. Rappelant forcément l’univers créé par le génial Peter Weir dans The Truman Show, le quartier où se déroule l’action de Fido offre toutes les garanties d’un film intelligent et réglé comme du papier à musique.
Dès lors, la première partie du film
se déroule de manière logique et profite de toutes les opportunités pour faire sourire ou même émouvoir, tant la finesse du propos abordé par Currie se développe à merveille. Allant même jusqu’à tenter un parallélisme avec le cinéma de Spielberg en mettant en scène l’amitié improbable entre un petit garçon et un zombie, Fido vise de plus en plus haut… pour hélas chuter dans sa seconde partie ! En effet, si la mise en valeur des éléments scénaristiques fut une pure réussite, le manque de liant entre ceux-ci engendre un manque de rythme évident. A ce titre, l’aventure à proprement parler est pour ainsi dire inexistante, Currie se bornant à mettre en scène une action assez plate et convenue. Dès lors, sans que l’on ait du mal à s’identifier à des héros toujours aussi attendrissants, la suite d’événements, relevant fortement du grand-guignol, ne peut que paraître sans saveur. Malgré un final plutôt attractif qui frôle une nouvelle fois l’intelligence, Fido se termine donc en provoquant un goût de trop peu.
Auteur d’une première partie exceptionnelle, on ne peut que regretter le fait qu’Andrew Currie se soit par la suite reposé sur ses lauriers. Le cinéaste aurait pu créer une œuvre légendaire à l’instar de Shaun of the Dead, mais s’est simplement contenté de proposer un film agréable et délassant. La déception est d’autant plus grande qu’une telle qualité au niveau des décors et du score aurait mérité un tout autre traitement scénaristique…
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Currie nous offre un film très intéressant et original. Certains considèrent ce film comme une comédie à la Shaun of the Dead mais Fido est beaucoup plus profond et dérangeant. Nous avons à faire à un film d’horreur, qui comme c’était le cas dans les années 1930 et 1940, joue sur l’horreur des situations et de la manipulation. Il ne nous montre pas énormément de sang ou d’effets de choc mais la profondeur de son message dépasse le gore.