Le Cinéma Fantastique au bout des doigts. Cinéma Fantastique vous propose une critique jeune des films les plus vieux au plus récents traitant du fantastique dans sa globalité. Horreur, gore, fantômes ...
Un jeune couple avec un nouveau-né arrive dans leur nouvelle maison. C'est une vieille bâtisse complètement rénovée, lieu idéal pour commencer une véritable vie de famille. Avant de se coucher, l'homme vérifie le moniteur dans la chambre de leur bébé, un modèle dernier cri qui permet d'écouter quand le bébé dort, mais aussi de le voir... Ce couple va alors découvrir qu'il n'est pas seul dans la maison, quelqu'un est assis tous les soirs près du berceau du bébé...
Cette série voit donc le grand retour de de la Iglesia dans le cinéma horrifique, lui qui l’avait quitté il y a de nombreuses années. Depuis Action mutante, le réalisateur s’était surtout essayé à des comédies satiriques (Le crime farpait, Mes chers voisins) empreintes d’une toute petite dose de fantastique parfois (Le Jour de la bête). Quoiqu’il en soit, ce qui
caractérise sans conteste l’auteur est sa propension à verser dans le ridicule exacerbé et dans l’humour noir maîtrisé.
Bien qu’il s’agisse ici d’une histoire de maison hantée, de la Iglesia ne néglige pas sa marque de fabrique et prend le temps qu’il faut pour planter le décor en n’omettant pas d’y injecter certains personnages hors du commun (la sœur et le beau-frère du père, la vieille folle de l’asile, le collègue de bureau méga lourd) pour détendre une atmosphère qui va peu à peu s’alourdir. En réalité, au fur et à mesure que l’ambiance fantastique s’installe, ces personnages vont devenir plus pesants, plus consistants et vont parvenir à mettre à mal les spectateurs s’interrogeant sur l’éternelle dualité réalité-fiction.
Parvenant à osciller constamment entre des genres différents, le réalisateur crée une ambiance malsaine et on sent peu à peu la terreur s’immiscer en nous. Dès lors qu’on est plongés dans le même état de folie que le héros, on est empreints d’une empathie totale faite de douceur mais aussi de frayeur.

Arborant une thématique très convenue (la maison hantée et la déconstruction familiale), utilisant un élément niais (le moniteur permet de voir les apparitions), recourant à des explications absconses (la physique quantique explique le phénomène), La chambre du fils parvient finalement à toucher à son but ultime : provoquer des frissons qui parcourent l’échine et redressent les poils…
Malgré une dernière partie un peu décevante (comme c’est le cas dans de nombreux films du réalisateur), le réalisateur nous a séduits par sa maîtrise scénaristique et filmique ainsi que par l’entremise de sa fin sciante.
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Paternité mise à mal, angoisses profondes qui rejaillissent, huis clos infernal... Un film efficace, autant dans le fond que dans la forme...