Le Cinéma Fantastique au bout des doigts. Cinéma Fantastique vous propose une critique jeune des films les plus vieux au plus récents traitant du fantastique dans sa globalité. Horreur, gore, fantômes ...
Edgar Allan Poe ne sait plus que faire. Ses histoires ne se vendent plus et l'inspiration est absente, sa femme a contracté la tuberculose et se meurt à petit feu. En outre, il ne peut plus subvenir à ses besoins car il dépense tout son argent à ses beuveries. Il commence tout doucement à soupçonner son chat d'être le responsable de ses malheurs...
Dans la permière saison des Masters of Horror, Stuart Gordon (Re-Animator, Dagon) avait réalisé l’épisode Le cauchemar de la sorcière, qui était un des meilleurs épisodes de la saison. C’est pour cette raison que Garris et ses sbires ont décidé de renouveler son contrat pour la deuxième saison.
Pour cet épisode, Gordon a décidé d’abandonner les oeuvres de H. P. Lovecraft (dont il
est pourtant très friand) pour s’intéresser à une nouvelle d’Edgar Allan Poe. La nouvelle en question, intitulée "The black cat" (titre original de l’épisode), est l’une de celles de Poe qui a été le plus adaptée à l’écran. Adaptée par Edgar G. Ulmer notamment (The black cat, 1934) ou encore dans l’anthologie Deux yeux maléfiques de George A. Romero et Dario Argento. Mais le moyen-métrage de Stuart Gordon est de loin celui qui s’éloigne le moins de la nouvelle originelle.
A l’aide d’une photographie assez sombre, le réalisateur nous plonge dans une époque lointaine (à savoir le 19ème) pour nous conter les mésaventures du pauvre Edgar Allan Poe, cherchant l’inspiration. Poe est confronté à toute une série de malheurs (sa femme a contracté la tuberculose, ses nouvelles ne se vendent plus) et est complètement perturbé par des visions qui l’assaillent. Ces phénomènes étranges (un piano qu’il vient de briser en mille morceaux est de nouveau entier l’instant d’après) s’accompagnent d’une tendance à la violence. Poe, ruiné et effondré, ne sait plus réprimer ces pulsions qui le prennent à la gorge et le rendent violent.
Comme dans son précédent épisode, Gordon retrouve le savant mélange de fiction-réalité. Semblable au héros du Cauchemar de la sorcière, l’écrivain de nouvelles fantastiques ne sait plus où se situe la vérité, la réalité. Et ce sentiment va s’amplifiant au fil de l’épisode puisque des événements de plus en plus étranges se produisent.
L’état d’ébriété dans lequel se trouve constamment Poe sème le doute et brouille nos pistes, si bien qu’on ne distingue plus non plus où se situe le mensonge, la supercherie. Cette folie évolutive va trouver un souffre-douleur : Pluton, son chat (Pluto dans l’original) qu’il tient pour responsable de tous ses malheurs. Un chat dont les comportements ne laissent pas insensible...
Nous gratifiant de quelques (rares) scènes gores au passage, Gordon signe ici un très bon métrage avec une pellicule parfaite. Le rythme de l’épisode pourra sembler un peu lent pour certains mais chaque étape de l’histoire est importante pour comprendre le tout et on ne voit pas très bien comme Gordon aurait pu éradiquer l’un ou l’autre de ces passages.
A signaler également : l’extraordinaire performance de Jeffrey Combs (Re-Animator) qui est plus que crédible dans son rôle de Poe alcoolique. Tout simplement grandiose !
Une petite remarque négative pour terminer : alors que la scène finale du Cauchemar de la sorcière était éblouissante, la fin du Chat noir ne vaut pas le détour du tout. Et c’est le genre de chute qu’on est dégoûté de voir dans le cinéma contemporain...
Excellente ambiance, réalisation parfaite : bref, regardez-le !
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