Critique de film

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Zombies of Mass Destruction

"Zombies of Mass Destruction"
affiche du film

La vie s'écoule paisiblement sur la petite île de Port Gamble... Jusqu'à une attaque de zombies. Un petit groupe de rebelles se forme pour tenter de les repousser et de survivre. Et cette fois-ci les stéréotypes sont à l'honneur (et à la parodie).

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Trailer - Zombies of Mass Destruction (2009)
Par : Damien Taymans

Les critiques à propos de ce film

Critique de Zombies of Mass Destruction - Arme de distraction massive
Par : Damien Taymans

Trou du cul du monde, Port Gamble est une sorte de pendant cinématographique au Capeside de Dawson : un lieu duquel il est quasiment impossible de partir. Une église déserte, un snack tenu par un patron iranien, une unique pompe à essence, ce lieu de villégiature pour bledards sans pognon n’a en apparence rien de très bandant. D’autant que son maire profite de ses continuelles réélections pour remplir son compte en banque, promettant monts et merveilles aux citoyens crédules, élevés dans l’amour du Christ et la crainte de l’étranger. Cette péninsule peuplée de congénitaux doit faire aujourd’hui face à une nouvelle menace : une infection, transmise par un zombie échoué sur le rivage, qui transforme les habitants en morts-vivants affamés...

S’il est un sous-genre qui montre ses limites depuis quelques années, c’est incontestablement celui des films de zombies. La recette, à de rares exceptions, n’a pas évolué d’un iota depuis la tétralogie de papy Romero. Un casting rempli d’anonymes, quelques effets bien sanglants, des scènes d’attaque avec éviscérations et étalages de tripes et, cerise sur le gâteau, un petit coup de pompe dans la fourmilière politique, histoire de réveiller les consciences en manipulant des hordes d’inconscients. Kevin Hamedani, pour son coup d’essai, s’illustre dans le registre parodique, à la manière de Shaun of the Dead ou Dance of the Dead, la subtilité en moins. Sous couvert de son intitulé créé pour duper les amateurs du comic book de Kevin Grevioux, Hamedani délivre des messages pas subliminaux pour un sou à l’encontre de la société américaine post-11 septembre qui stigmatise tout repli national (l’hermétisme arabe en prend un coup, les barbus enrubannés devenant des boucs-émissaires en tout état de crise). Ben Laden remplace Clinton, les Amerloques retrouvent leurs repères, confondant même sans vergogne Iraniens, Syriens et Irakiens en désignant vaguement l’Afrique sur la carte pour discourir sur la situation du Proche-Orient.

En marge se dessine une autre attaque, plus diffuse mais tout aussi pataude, à l’égard de l’hypocrisie catholique : le révérend de l’église de Port Gamble crache sur le consumérisme américain avant de passer, sans transition, à la quête sous la forme à peine déguisée d’un loto destiné à remplir les fouilles du prêcheur du dimanche. Refroidis par une cocasserie quasi permanente, les boulets que balance le réal d’origine iranienne possèdent la tiédeur appétissante des "lady fingers" que prépare la mère de Tom avant de virer sa cuti pour le mode zombiesque.

Arme de distraction massive, ZMD n’a d’autre prétention que celle d’amuser son public en épousant à la lettre un carcan désormais connu. Pas forcément novateur, le film s’en sort tout de même avec les honneurs et se pose comme un bon film de festival. "Don’t shoot, I’m gay", nouvelle réplique des biffeurs ?


Critique de Zombies of Mass Destruction - Déception massive
Par : Fred Pizzoferrato

Depuis le milieu des années 2000, la comédie horrifique, délaissée depuis une vingtaine d’années, amorce un retour en force, probablement suite aux excès du « torture porn ». Lassé des mutilations sanglantes et des carnages malsains, le public accueille donc le renouveau de l’humour gore, symbolisé par le succès de Shaun of the dead et ses succédanés plus ou moins convaincants comme Doghouse, Bienvenue à Zombieland ou Lesbian vampire killers. Production à petit budget politiquement incorrecte, Zombies of mass destruction s’inscrit dans cette lignée mais n’aboutit, au final, qu’à un métrage imparfait et décevant suscitant, néanmoins, un petit capital de sympathie.

L’histoire, située en 2003 durant la Guerre contre l’Irak, suit trois personnages hauts en couleur : Frida, Tom et Lance. La première est une américaine d’origine iranienne, fille d’un restaurateur musulman. Chacun pense que Frida est forcément irakienne et terroriste. Tom est un natif du coin, ayant réussi financièrement à New York. Il décide d’annoncer à sa mère son homosexualité en lui présentant son copain, Lance. Mais, soudain, la situation échappe à tout contrôle alors qu’un virus transforme quelques personnes en zombies affamés. L’épidémie se répand et des boucs-émissaires doivent être trouvés pour apaiser la colère divine. Frida, Tom et Lance paraissent tout désigné…

Débutant comme une comédie irrévérencieuse rappelant les meilleurs moments de la Troma, Zombies of mass destruction s’embourbe cependant dans un humour trop répétitif pour convaincre sur le long terme. Le passage où Frida, attachée à une chaise, subit un interrogatoire stupide pour déterminer si elle est une véritable patriote américaine, se montre toutefois très acide et tranche avec le reste du métrage. La charge humoristique, caustique mais assez inoffensive du reste du film, verse alors dans un véritable malaise en dépit du manque de maîtrise évident du cinéaste. Celui-ci, en effet, ne semble pas savoir sur quel pied danser, partagé entre la pure comédie, la cruauté barbare ou la satire féroce. Les tentatives d’un curé intégriste de guérir les deux homosexuels à coup de vidéos censément « érotiques » sont, par contre, nettement plus drôles et fonctionnent efficacement même si elles ont un petit côté déjà vus vaguement agaçant.

Un des grands problèmes de Zombies of mass destruction réside probablement dans son nombre trop important de personnages, lesquels sont souvent à peine esquissés. D’où une caractérisation sommaire aboutissant à une charge maladroite, voulue anti raciste et anti-homophobie mais, au final, plutôt lourde et pas toujours passionnante. Les scènes dialoguées sont surement trop nombreuses pour ne pas ennuyer l’amateur de pur film gore et la satire politique, un peu bateau, s’essouffle trop vite pour maintenir l’intérêt. Le cinéaste parait en outre tourner en rond en enfonçant le même clou encore et encore, au risque de provoquer l’un ou l’autre soupir d’ennui.

Heureusement, si l’humour se montre laborieux et si les commentaires sociopolitiques fatiguent, Zombies of mass destruction n’en oublie pas pour autant de donner dans le véritable film d’horreur. Les scènes gore tardent un peu (il faut attendre près d’une demi heure pour voir les morts vivants entamer leurs premiers carnages) mais elles sont heureusement excessives, saignantes et relativement inventives. Le faible budget parait d’ailleurs utilisé à bon escient tant les maquillages se montrent réussis et les scènes d’attaques bien torchées.
Au niveau du casting, Janette Armand, dans le rôle de Frida, se défend avec un certain brio mais les autres interprètes, pour la plupart des débutants, témoignent d’un amateurisme un peu crispant. On a toutefois vu pire dans ce genre de série B.

La plupart des films de zombies utilisent la satire sociopolitique comme base de leur scénario et ce depuis, au moins, La nuit des morts-vivants mais cet argument est, ici, l’élément principal de l’intrigue, aboutissant à un métrage au rythme défaillant. Des personnages plus travaillés, un peu plus de subtilité dans l’humour et un scénario plus inventif (le métrage s’avère très prévisible) auraient sans doute élevé Zombies of mass destruction un peu au-dessus de la masse (hum !) des productions similaires mais il faudra se contenter d’une comédie horrifique finalement peu imaginative quoique plutôt sympathique.

En dépit de ses faiblesses, Zombies of mass destruction se laisse cependant regarder sans déplaisir, l’abondance de séquences gore et l’un ou l’autre traits d’humour aidant à digérer une pilule sans saveur particulière mais consommable pour les inconditionnels. On en attendait pourtant bien davantage…


Critique de Zombies of mass destruction - Zombie shit
Par : Maureen Lepers

Après Edgar Wright (Shaun of the dead) et Ruben Fleischer (Zombieland), c’est au tour de Kevin Hamedani de signer sa zombie comédie, Zombies of mass destruction, l’histoire classique d’une petite île carte postale dont l’équilibre et les stéréotypes sont soudainement ébranlés par un mystérieux virus qui transforment les malades en morts vivants.

Sous-catégorie reine du film de zomblards, la zombie comedy repose, en termes de cinéma, sur des bases d’une grande solidité. Point de rencontre entre deux genres ultra codifiés, elle suppose pour fonctionner une maitrise totale de ces codes et de ce qu’ils supputent en termes de mise en scène. Si Edgar Wright l’avait bien compris dans Shaun of the dead ou Rodriguez dans Une Nuit en Enfer, Hamedani lui se fout de ce principe comme de sa première branlette. Il s’agit, au départ, et comme presque toujours, de réaliser une satire sociale, de prendre position à grands renforts de gags graisseux et de dialogues débiles contre les idées reçues et les clichés que véhiculent la glorieuse WASP society. Soit. Que le scénario manque cruellement d’originalité, passe encore. Ce qui, en définitive, condamne Zombies of mass destruction, c’est le refus que le réalisateur s’octroie (sous prétexte sûrement de réaliser un film « cool », « pas prise de tête », « fendard ») de réfléchir aux principes de cinéma qui fondent le succès de films tels que celui qu’il dirige. Une bonne comédie ainsi, se conçoit (entre autres) en termes de rythme, de dialogues, et surtout d’interprétations. Les trois font malheureusement défaut à ZMD, qui oscille sans cesse entre parodie de genre, satire de mœurs ou comédie burlesque. Dans cette absence de ligne de conduite, les personnages peinent à trouver leur équilibre et, servis par des comédiens tous plus mauvais les uns que les autres, ne trouvent jamais dans l’image de véritable place, de véritable souffle. Empêtrés dans des monologues ringards sur la tolérance (le personnage de Frida en tête) et leurs statuts d’outcasts survivors (l’arabe/les homos) en lutte contre une société zombifiée par la connerie (les rednecks), ils s’étiolent et empêche dès lors le films décoller. La première partie qui entend le plus sérieusement du monde poser ces enjeux, étonne par l’arrogance de sa bêtise.

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, vider des personnages de leur substance pour en faire des archétypes faciles à dézinguer n’est pas une bonne stratégie et de fait, la deuxième partie du film ne fonctionne pas plus que la première. Elle n’est cependant pas dénuée d’idées intéressantes, quoique classiques. Faire par exemple de la sacro-sainte église du village le lieu ultime de refuge pour les habitants offrait en théorie de nombreuses occasions de vriller de l’intérieur les codes à la fois de la société américaine et des deux genres sur lesquels le film se construit. De ces portes ouvertes pourtant, Kevin Hamedani ne fait rien, rien que du vent, et préfère multiplier les scènes stupides (la mort d’une petite fille brutalement écrasée par un camion ou une scène de torture absolument grotesque au cours de laquelle la jeune iranienne doit changer l’hymne américain) comme gages de cool attitude, de part belle faite au divertissement.

Ajoutez à cela des effets spéciaux le plus souvent ratés, du gore moche à la pelle et des maquillages hideux, et vous obtenez un nanard cosmique ni fait ni à faire et qui, soyons fous, porte presque en son sein un syndrome très contemporain selon lequel une comédie franchouillarde est forcément débile. Luttons donc contre la zombification. Faire du gras ne dispense pas de réfléchir, faire du lourd ne dispense pas d’être pertinent et surtout, faire du cinéma de masse ne veut pas dire prendre les gens pour des cons.


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