Critique de film

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Zombies anonymous

"Last Rites of the Dead"
affiche du film

Depuis peu, les morts reviennent à la vie, en pleine possession de leurs capacités. Angela tuée par son petit ami, devient zombie, elle fréquente une communauté chaque jour plus persécutée par les vivants. Son ex-petit ami rejoint un groupe extrémiste qui projette leur extermination. La résistance sâ

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Trailer - Zombies anonymous (2006)
Par : Damien Taymans

Les critiques à propos de ce film

Critique de Zombies anonymous - Chronique des morts-vivants
Par : Damien Taymans
Tags : Zombies

La peau trouée par son ex cinq mois auparavant, Angela, revenue d’entre les morts, tente de retrouver une place parmi les vivants. Mais ses amis ne la rappellent plus et elle peine à camoufler sa condition à ses employeurs. Pour seul exutoire, un groupe de Zombies anonymes qui s’est constitué l’aide à partager son expérience et à mettre au jour ses démons. En parallèle, Josh, son assassin, monte un petit groupe qui, batte de base-ball à la main, corrigent les morts-vivants du quartier…

Deuxième long-métrage de Marc Fratto, Zombies anonymous est une œuvre indépendante – tournée en vidéo pour un budget dérisoire et dotée d’une image dégueu - qui offre une vision particulière de l’univers des morts-vivants. A la frontière entre la vision intimiste des films d’Andrew Parkinson et la dynamique sociologique des Revenants de Campillo, l’œuvre opte pour un ton proche du drame et s’échine, dans un premier temps du moins, à décrire le quotidien de ses deux personnages principaux. D’un côté, Angela qui balbutie dans sa nouvelle condition et aspire à trouver des repères stables. Enrôlée dans son club de zombies anonymes, elle dessert trois fois par semaine à ses congénères les délicates relations qu’elle continue d’entretenir avec le monde des vivants. A l’autre extrême, Josh, son ex-boyfriend, tente de récupérer un semblant de virilité en réunissant quelques potes et en terrassant avec eux les morts-vivants qui osent s’aventurer sur leur route.

En marge, un groupuscule aux démarches néonazies émerge. Dominé par le commandant, une mégère ultra-musclée et dominatrice jusqu’au bout des ongles, cette petite armée passe à la vitesse supérieur et vise à éradiquer complètement ces créatures revenues de l’au-delà pour piquer leur job aux vivants. Arguments qui déteignent des pratiques hitlériennes, tout comme en découle l’ostracisme asséné aux sémites zombiards (le panneau « No zombies allowed » en vitrine de quelques supérettes). Considérés comme des parias porteurs d’une maladie contagieuse, les undeads se rassemblent, jusqu’à sombrer eux-mêmes dans l’extrémisme. Ainsi, une confédération de morts-vivants se crée sous l’égide de Bonne-mère Solstice, grande prêtresse qui préconise à ses groupies de se libérer totalement en acceptant leur condition et en cédant à leurs pulsions alimentaires. Entre les trois clans (l’armée du commandant, les zombies pacifiques et ceux qui se repaissent de viande humaine), l’affrontement devient inévitable surtout depuis que Josh, hanté par le souvenir de celle qu’il assassina jadis, a intégré les rangs du groupe armé et qu’il ne songe plus qu’à se venger de l’indifférence de son ex-conjointe.

Quelque peu alambiqué, le récit épouse la réalité post-11 septembre où se déversaient les réactions les plus extrêmes : un camp souhaitait atomiser le Moyen-Orient tandis que l’autre condamnait chaque représentation du Stars and Stripes, considéré comme un acte de patriotisme gratuit visant à exclure les étrangers. En guise de parallèle, les Arabes se voient substitués par les zombies, autant dans leur majorité pacifique que dans les délires extrémistes qui naissent chez quelques représentants épars. Le contexte politico-social échafaudé, Fratto y injecte une série de situations qui font écho à la société actuelle : le racisme, la discrimination, les dérives de la société de consommation (les fameuses crèmes de jour Look Alive censées faire disparaître les traces de putréfaction) et le terrorisme (les décapitations évoquent des cas comme ceux de Nick Berg).

A l’instar de l’œuvre de Romero, le cinéaste - pour le coup scénariste, producteur, metteur en scène et même monteur - profite du contexte apocalyptique pour stigmatiser quelques dérèglements sociaux et fustiger une humanité proprement inhumaine qui se plaît à exclure les marginaux pour tendre à une société plus pure et aseptisée. Cinglant dans sa première moitié, Zombie anonymous tourne pourtant rapidement en rond et s’automutile en effectuant un virage des plus audacieux. Etrangement, la dramaturgie s’étiole peu à peu pour obliquer vers l’explosion gore aux relents grand-guignolesques déclinée en autant de fusillades et de carnages outranciers. En résulte un métrage inégal et éclopé, sorte de fourre-tout symbolique et référentiel de son auteur.

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