Critique de film

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Le Zombie venu d'ailleurs

"Prey"
affiche du film

Un couple de lesbiennes, Jessica et Joséphine, s'installe dans une maison isolée à la campagne. Après avoir aperçu des lumières venant du ciel, elles recueillent un homme blessé et mystérieux qui trouve que "les humains sont des proies faciles et riches en protéines".

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Les critiques à propos de ce film

Critique de Le zombie venu d’ailleurs - Un film qui vient d’ailleurs...
Par : Damien Taymans
Tags : Zombies, Extra-terrestres

Dans le paysage horrifique, Norman J. Warren est un cas à part. Réalisateur d’une petite dizaine de films, le bougre anglais a plongé à plein nez dans le genre dès le départ et ne l’a plus lâché. Décrié par tous, hué par ses pairs, méprisé par le public, le réalisateur est parvenu au fil du temps à trouver des admirateurs qui se réunissent tard le soir dans des endroits lugubres pour mater en cachette ce que les autres considèrent comme de pures daubes. En amateurs de nanars, préférant les gros sabots à la dentelle raffinée, ces fans commencent même depuis quelques années à ne plus avoir peur de penser que le sieur Warren est bon et envahissent peu à peu le monde des personnes bien-pensantes avec leurs idées révolutionnaires.

Soyons réalistes et objectifs et comparons ce qui est comparable. Norman J. Warren est un peu à l’Angleterre ce que Jess Franco est à la France, autrement dit, un honnête artisan qui réalise des productions fauchées en y mettant toute son âme. Et rien que pour ça, on doit applaudir avec tous les membres du corps possibles et imaginables. Ces hommes ont passé leur temps à réaliser des projets davantage alimentaires que personnels, mais d’une manière que seuls les stakhanovistes peuvent comprendre, se jetant corps et âme dans leur tâche, y mettant tout leur cœur et toute leur force. Dès lors, au lieu de railler ces artisans aux moyens handicapés, il convient de les féliciter pour leur courage et leur entêtement à alimenter notre soif de frissons.

Ceci étant dit, il faut aussi rentrer à un moment dans le vif du sujet et mettre de côté ces considérations liminaires bien utiles pour atténuer la suite de mes propos. L’artisanat local pratiqué par Warren n’excuse que moyennement la qualité finale de l’œuvre que nous nous chargeons de décrypter. Nous vous avons déjà proposé les critiques du très mauvais Terreur des morts-vivants ainsi que celle du bon Réveillon sanglant. Disons-le tout net, Le zombie venu d’ailleurs oscille entre les deux réalisations tant au niveau temporel que qualitatif.

Petite précision : il ne s’agit pas réellement d’un zombie movie puisque le monstre Anders est en réalité un alien fraîchement débarqué sur notre belle planète à la recherche de protéines et en vue d’une invasion future. Le titre français se révèle complètement erroné et mensonger alors que celui original n’induisait en rien en erreur (Prey). Revenons à l’histoire qui compose cette œuvre ovniesque. Notre bon Anders arrive un peu par hasard chez un couple de lesbiennes étranges qui vivent à l’écart de toute civilisation. Quand on dit que l’alien arrive, disons plutôt qu’on le sent arriver puisque, faute de moyen, Warren use de ficelles afin de provoquer dans notre esprit l’idée d’un atterrissage extraterrestre sans jamais nous le montrer (utilisation de flashs lumineux, appels d’Anders vers un lieu étranger, …). Les maquillages qui composent le film témoignent d’ailleurs grandement du budget dérisoire qui entoure ce huis clos centré autour de trois personnages seulement.

Et oui. A nouveau, Warren doit centrer son intrigue autour de ces trois personnalités, faute de pouvoir étendre ses propos à d’autres personnages (bien qu’il recoure assez fréquemment à d’autres absents). Dans le même ordre d’idée, une concentration géographique était obligatoire pour le pauvre réalisateur qui n’avait pas les moyens de s’offrir les cocotiers des Antilles. Malgré toutes ses restrictions, Warren use de nombreux artifices assez efficaces pour colmater les brèches. Malgré le peu de personnages, il parvient à réaliser un film qui multiplie les situations et détourne le spectateur de l’ennui. De même, ne pouvant se reposer uniquement sur un climat propre aux films d’horreur, l’auteur décide de s’évader quelque peu sur le terrain du drame psychologique en mettant aux prises ces trois personnages tourmentés et peu habitués aux coutumes sociales, chacun pour des raisons différentes. Anders est un animal qui ne connaît rien aux coutumes humaines, Jessica est éloignée du vrai monde par Joséphine qui compte ne plus jamais y retourner. Cet isolement catégorique de toute société emmène une contigüité malsaine pour ces trois personnages maladroits en termes de relations affectives. De plus, l’opposition sexuelle qui existe entre eux crée des tensions omniprésentes renforcées par les comportements étranges d’Anders).

Bien entendu, comme je l’avais dit précédemment, le film est loin du niveau de Réveillon sanglant puisqu’il cultive nombre d’erreurs gravissimes. Les stratégies de Warren ont beau avoir du mérite, elles ne parviennent pas toujours à calfeutrer des vides béants dans le scénario. Un petit exemple est cette capacité qu’a l’extraterrestre à comprendre et à parler anglais mais qu’il est incapable de distinguer un oiseau d’autre chose (il nomme le volatile par son nom et attribuera ce nom aux autres oiseaux). Dès lors, il a développé une extraordinaire connaissance langagière mais ne parvient pas à les exploiter et paraît être resté au stade d’Adam au niveau du langage (références bibliques obligent puisque c’est Adam qui donna le nom aux animaux qu’il rencontra, sources philologiques). L’autre défaut repose sur la gageure énorme que propose le métrage qui se veut à certains moments horrifique sans jamais traiter à fond cette donnée et laissant même de côté cette dimension durant une très longue partie du métrage. Soulignons enfin la piètre qualité des acteurs qui ne réussissent que très peu à adopter un ton juste et font sombrer les propos du réalisateur à l’aide de leurs grimaces timorées.

En conclusion, Le zombie venu d’ailleurs se révèle être une arnaque très bien montée par le réalisateur Warren qui, en bon artisan qu’il est, a tout de même relevé le pari difficile de donner de l’attrait à cette idée peu convenue.

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