Critique de film

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Zombie 2: L'enfer des Zombies

"Zombi 2: Gli ultimi zombi "
affiche du film

Suite à la découverte d'un bateau abandonné naviguant, des policiers montent à bord, mais se font agresser par une créature sanguinaire qui résiste aux balles, puis plonge dans l'eau. La fille du propriétaire du bateau enquête donc avec un journaliste sur une piste qui les mène sur une île tropicale infestée de morts-vivants.

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Trailer - Zombie 2 : L’enfer des Zombies (1979)
Par : Damien Taymans


Zombi 2 Lucio Fulci 1979 TRAILER par soulpatrol

Les critiques à propos de ce film

Critique de L’enfer des zombies - Le paradis des zombies
Par : Gore Sliclez

Un bateau surgi de nulle part et semblant abandonné, tel le navire du Nosferatu de Murnau, dérive dangereusement dans les eaux calmes et brumeuses du port de New-York. Accosté par deux policiers, un mort-vivant, sorti des cales, agresse les deux garde-côtes avant de tomber à l’eau. Intriguée par cette histoire, Anne Bowles, la fille du propriétaire du bateau qui n’est autre qu’un scientifique de renom, décide d’enquêter et de se rendre sur l’île d’où provient le navire et où travaillait son père. En compagnie du journaliste Peter West, elle rencontre le docteur David Menard qui lui confie travailler sur un virus semblant tuer et rendre à la vie des habitants de l’île ceux-ci préférant, quant à eux, parler de Vaudou Antillais.

En 1980, sort Zombi 2 (L’Enfer des Zombies), le premier film de zombies de Lucio Fulci. Remarqué par ses giallo controversés en Italie, les Etats-Unis lui offrent la possibilité d’acquérir la reconnaissance mondiale avec ce film annoncé à tort comme la suite du cultissime Zombie (Dawn of the Dead, 1978) de George A. Romero avec le titre Zombi 2. En fait de suite il faudrait plutôt parler de préquelle puisque la fin de Zombi 2 se termine par l’invasion des morts-vivants traversant le pont de Brooklyn et débarquant dans un New-York apocalyptique sujet au film de Romero.

Fulci dans son Enfer des Zombies ne soucie pas à la différence de Dawn of the dead de véhiculer un message à caractère social ou toute autre satire de notre société de consommation. Ici l’histoire est un paradoxe car d’une froideur sans pareille sur une île exotique et superbe, un scénario d’un fatalisme sobre et sans concessions.
Très vite, nos héros sont assiégés par une horde de zombies ressemblant parfois à des momies au stade très avancé de putréfaction. Le mérite de ces portraits dantesques revenant au multi awardisés Giannetto De Rossi ayant notamment travaillé sur le récent Haute Tension d’Alexandre Aja.

Baignant dans une musique de Fabio Frizzi, compositeur attitré du maître Italien, Fulci nous offre des scènes d’anthologie comme notamment ce combat aquatique d’une toute grande beauté entre un zombie et un requin. Que dire aussi de cette scène, interdite pendant de nombreuses années dans certains pays, où l’on voit la superbe Olga Karlatos (star de Gloria Mundi, 1976) entraînée inexorablement par la main d’un mort-vivant vers une écharde lui crevant l’œil.

Cette maîtrise du tempo génère une œuvre dense à la photographie soignée par des jeux de lumière très caractéristiques du cinéma underground italien. Les moments de répit sont rares permettant rarement de souffler un peu si ce n’est pendant les quelques scènes d’un érotisme soft (Olga sous la douche par exemple).

Du côté des acteurs on ne peut pas dire que le casting soit alléchant. On notera néanmoins les participations très convaincantes de Tisa Farrow (sœur de Mia) dont la carrière fut courte et qui se termina par le controversé Antropophagus (1980) de Joe D’Amato ainsi que de Ian McCulloch aperçu dans le nanar Contamination (1980) de Luigi Cozzi ou encore Zombie Holocaust (1982) de Marino Girolami.
Zombi 2 est, à l’instar de City of the living dead (Frayeurs, 1980), The Beyond (L’Au-delà, 1981), ou encore The House by the Cemetary (La maison près du cimetière, 1981) l’une des œuvres majeures et intemporelles de Lucio Fulci mais aussi et surtout de l’histoire du genre Zombie. Ne pas voir un jour un Fulci revient à passer à côté des racines mêmes de ce genre très prolifique dans les années septante et qui revient au goût du jour grâce à des réalisateurs comme Danny Boyle ou Zack Snyder.


Critique de L’enfer des zombies - Zombies exotiques
Par : Samuel Tubez

Après le succès remporté par Zombie, un producteur commandite Lucio Fulci pour réaliser cette fausse suite au titre plus qu’opportuniste. Mais le réalisateur de L’emmurée vivante et des 4 de l’apocalypse tient à se détacher du chef-d’œuvre de Romero et délaisse quelque peu les supermarchés pour visiter les Caraïbes, revenant ainsi vers une approche plus originelle du mythe (voir des films comme Vaudou réalisé par Jacques Tourneur en 1943 ou, bien plus tard, L’emprise des ténèbres de Wes Craven en 1988).

L’enfer des zombies a véritablement boosté la carrière et surtout la réputation de Lucio Fulci. Mais si à la base il s’agit d’un film de commande, au final Fulci et son équipe ont réussi à en faire une œuvre unique et tout aussi culte que le film de Romero. Alors que chez ce dernier le mort-vivant, fraîchement décédé, sert la métaphore sociale, le zombie chez Fulci est ancestral et n’exprime rien. Terreux, bouffé par les asticots, errant dans le seul but de mâcher quelque chair, il est un corps réanimé, maudit et affamé, il est simplement et effroyablement un mort qui marche. L’approche diffère et en aucun cas ne copie vulgairement le travail de Romero et son équipe. Mieux encore, le film définit le style Fulci avec tous les excès gore que cela comporte ainsi que l’ambiance poisseuse et morbide qui s’en dégage.

Le film n’est pas exempt de défauts : le scénario a été écrit à la va-vite et l’interprétation est relativement mauvaise. Mais ce fou de Fulci transgresse tout cela avec des plans tour à tour effroyablement admirables et complètement dingues. Un zombie qui s’attaque à un requin, une scène d’énucléation saisissante devenue ultra culte, l’horrible réveil des morts dans le cimetière espagnol,… L’enfer des zombies est un festival de scènes gore et d’idées folles magnifiquement photographiées et surtout relevées par des maquillages incroyables.

Pas d’utilisation de stock shots dans L’enfer des zombies, le film comprend son lot de plans osés mais surtout authentiques filmés pour les besoins du film. Alors que la majorité des films d’exploitation italiens de l’époque auraient piqué des plans sous-marins à gauche et à droite (voir par exemple et au hasard La mort au large d’Enzo G. Castellari), Fulci et son équipe ont tourné des scènes incroyables où on peut notamment voir un zombie s’attaquer à un requin. Il est assez ahurissant de voir ce cascadeur (probablement un peu inconscient sur les bords) jouer à frotti-frotta avec un gentil petit squale ! Un peu dans le même ordre d’idée, les séquences se déroulant à New-York furent tournées sans aucune autorisation. Pour jouer la scène finale, les comédiens furent maquillés dans un van puis « jetés » sur le pont pour vite shooter les plans. Du pur système D et un travail d’équipe solide au service de ce qui deviendra une perle culte du cinéma bis italien.

L’enfer des zombies se détache nettement des autres productions de l’époque grâce à ses idées folles, sa mise en scène personnelle et ses effusions sanglantes absolument tétanisantes. Le film lança définitivement Lucio Fulci dans les eaux gore et morbides du cinéma horrifique et l’homme enchaîna, presque coup sur coup Frayeurs, L’au-delà, La maison près du cimetière et L’éventreur de New-York. Une glorieuse et fastueuse époque pour le metteur en scène !


Critique de L’enfer des zombies - Vaudou aux Caraïbes
Par : Chroniqueurs

Par Bruno Dussart

Un an après le succès planétaire de Zombie de Romero, Lucio Fulci est assigné pour rivaliser avec les Américains en proposant une autre version du mythe ici teinté d’exotisme. C’est le producteur Fabrizio De Angelis qui le contacte sous les recommandations de Enzo G. Castellari, pressenti à l’origine pour mettre en scène cette production potentiellement lucrative. D’après un scénario de Dardano Saccheti, l’intrigue va être légèrement rafistolée afin de suggérer un lien commercial avec le chef-d’œuvre de Romero. En dépit d’une sortie en salles expurgée de ses effets chocs les plus sanglants, le film rencontre un énorme succès à travers le monde, tandis que la notoriété de Fulci va venir s’imposer en France. En Italie, l’Enfer des zombies sortira sous le titre ironique de Zombie 2 alors qu’il s’agit en fait d’une fausse préquelle de l’original.

Un bateau sans passager échoue sur le port de New-York. Deux inspecteurs de police sont convoqués pour inspecter les lieux. A l’intérieur du yacht, l’un d’eux se fait sauvagement agripper par un colosse difforme au visage monstrueux s’empressant de lui arracher la jugulaire. Au même moment, après avoir été interrogé par la police, la fille du propriétaire du bateau décide de partir à la recherche de son père pour tenter de retrouver ses traces sur l’île de Matoul.

Premier volet d’une quadrilogie putride axée sur la mythologie du Mort-vivant, l’Enfer des Zombies attise immédiatement l’anxiété et l’angoisse sous-jacente dans un prologue surprenant resté dans les mémoires. Deux flics à l’intérieur d’un yacht vont découvrir avec horreur l’apparition insensée d’un zombie rondouillard plutôt robuste, dévoreur de chair humaine. Dans cet effet-choc sanguinolent illustrant avec un soin artisanal un arrachage de gorge concocté par Gianetto De Rossi, Lucio Fulci soigne la physionomie de son monstre moribond dans un amas terreux de chair décomposée. La touche fulcienne scandée parmi ses fidèles collaborateurs (Frizzi, De Rossi, Saccheti) est instaurée avec une personnalité typiquement latine !

A travers un scénario simpliste et sans surprise, l’originalité du metteur en scène est d’avoir su ré-exploiter le thème morbide du cadavre récalcitrant en le faisant revenir à ses origines antiques, le Vaudou. En prime, il place l’intrigue au beau milieu d’un décor idyllique une petite île exotique, permettant ainsi de façonner une étrange atmosphère poético-macabre naissant du contraste de la beauté d’une nature solaire souillée par l’odeur putride de la mort surnaturelle. A l’exemple de ce crustacé à pinces se faufilant sur la terre poussiéreuse d’un village décampé par ses habitants, alors qu’en arrière fond on peut apercevoir la silhouette d’un cadavre errant s’approchant vers nous.

Avec beaucoup d’efficacité, Lucio Fulci va donc admirablement transcender sa trame futile dans la création d’un environnement fantasmagorique et baroque auquel vont lentement déambuler des zombies apathiques physiquement lépreux.

Dans l’Enfer des Zombies, la peur anxiogène sous-jacente savamment distillée dans une mise en scène adroite s’approprie instinctivement de chaque décor minimaliste investi dans l’île de Matalou (une salle de bain, un cimetière de conquistador, une chapelle abandonnée, une baraque en bois transformée en chambres d’hospice). La touche personnelle du maître du putride est de faire évoluer assidûment dans ses décors photogéniques la posture de zombies lymphatiques avides de sang qui déploient une incroyable sauvagerie primitive lors de leurs estocades assénées aux victimes pétrifiées. A contrario des films de Romero, les monstres de Fulci se révèlent être des êtres fatigués à la carcasse flétrie, suintant la puanteur fétide, les larves vermiformes et l’écume blafarde. Dans le dortoir où sont stockés les malades moribonds recouverts d’un drap blanc maculé de sang et de transpiration, la mort semble inévitable pour ces contaminés précaires engourdis par une chaleur estivale morose alors que des mouches virevoltent dans l’air infecté.

Par intermittence, le cinéaste fait intervenir des péripéties odieusement tragiques au cours desquelles certains personnages vont être pris à parti avec les attaques cinglantes des morts-vivants dotés d’une brutalité animale. Parmi ces faits outrageusement démontrastifs, impossible d’oublier la mort de Paola Ménard (endossée par la beauté méditerranéenne d’Olga Karlatos), séquestrée dans sa salle de bain par un zombie voyeuriste qui est ensuite sauvagement agressée avec une écharde qui la pénètre dans l’œil droit. Un effet-choc anthologique réalisé en plan zoomé et sans effet de coupe, renforçant ainsi son impact émotionnel sidérant de bestialité et de réalisme acéré. On peut aussi citer l’incroyable scène aquatique où Susan, partie plonger dans les profondeurs va être menacée par un requin, alors qu’un zombie spectral surveille également sa proie aux alentours. L’ironie du sort est qu’un combat homérique s’entame entre ce zombie pugnace et le squale inopinément offensé. Enfin, la séquence cauchemardesque dans le cimetière des conquistadors est également à souligner avec intérêt quand une poignée de déterrés décident de s’exhumer lentement de leur tombe alors que l’un d’eux va s’empresser de déchirer la gorge de Susan, pétrifiée de stupeur face à la vision maladive de son agresseur à la mâchoire carnassière.

Le final explosif laisse place à d’autres évènements plus risqués dans une action précipitée avec cette invasion soudaine de zombies en nombre grandissant alors que le jour a laissé place à l’opacité d’une nuit terriblement hostile. Il ne faut pas manquer de rappeler que toute cette mise en scène érigée par une équipe talentueuse ne serait pleinement aboutie sans le talent singulier d’un musicien de génie, Mr Fabio Frizzi. Un artiste inspiré qui réussit une fois de plus à composer un tempo musical funèbre transcendant, avec une grave sonorité lugubre, l’ambiance macabre si probante du réalisateur.

33 ans après sa sortie, ce chef-d’œuvre hypnotique typiquement transalpin n’a rien perdu de son pouvoir de fascination morbide, retranscrite avec un souffle macabre toujours inégalé. On sera par contre indulgent sur la direction d’acteurs hésitante (le point le plus répréhensible de toute la carrière de Fulci) bien que réconfortée par d’aimables trognes charismatiques de seconde zone (Richard Johnson en tête de peloton). Reste en tous cas à savourer l’essentiel, l’alchimie ambitieuse d’un authentique cauchemar irréfutable dans sa capacité chevronnée à provoquer une peur susceptible à travers son climat insulaire licencieux. Juste avant que la dernière image iconique, annonciatrice d’une apocalypse planétaire, nous renvoie inconsciemment à l’ascension des Zombies politicards de Romero.


Commentaires sur le film

5 etoiles

coups de coeurCoup de coeur !

13 avril 2009 à 16:04
Infernal c’est zombies antillais

4 etoiles

Film d’horreur que je pensais pas aussi bien. L’histoire est excellente dommage qu’il y ai quelques facilités dans le scénario et des détails qui clochent dans la seconde moitié. Les effets spéciaux assez impressionnants et en plus il faut avoué que c’est bien réalisé. Loin d’un navet, c’est quasi un chef-d’oeuvre du genre. http://a-travers-le-7e-art.skyrock.com

1er octobre 2013 à 12:10 | Par Anarchygor

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