Critique de film

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Zodiac

"Zodiac"
affiche du film

Zodiac, l'insaisissable tueur en série qui sévit à la fin des années 60 et répandit la terreur dans la région de San Francisco, fut le Jack l'Eventreur de l'Amérique. Prodigue en messages cryptés, il semait les indices comme autant de cailloux blancs, et prenait un malin plaisir à narguer la presse et la police. Il s'attribua une trentaine d'assassinats, mais fit bien d'autres dégâts collatéraux parmi ceux qui le traquèrent en vain. Robert Graysmith, jeune et timide dessinateur de presse, n'avait ni l'expérience ni les relations de son brillant collègue Paul Avery, spécialiste des affaires criminelles au San Francisco Chronicle. Extérieur à l'enquête, il n'avait pas accès aux données et témoignages dont disposait le charismatique Inspecteur David Toschi et son méticuleux partenaire, l'Inspecteur William Armstrong. Le Zodiac n'en deviendrait pas moins l'affaire de sa vie, à laquelle il consacrerait dix ans d'efforts et deux ouvrages d'une vertigineuse précision...

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Trailer - Zodiac (2007)
Par : Damien Taymans


david fincher's zodiac-the trailer par gourbyland

Les critiques à propos de ce film

Critique de Zodiac - Horoscope sanglant
Par : Damien Taymans
Tags : Serial killer

L’histoire du Zodiaque est l’une de celles qui a fait trembler le plus les Américains tant son ombre a plané longtemps et continue encore de le faire actuellement. Beaucoup de films ont mis en lumière les agissements de ce serial killer toujours en liberté. L’inspecteur Harry affronte un tueur semblable nommé Scorpio et on ne peut pas éviter le fameux tueur Gémaux du troisième volet de la saga de L’Exorciste. Bien plus près de nous, une adaptation plus fidèle à l’histoire du tueur a été créée par Alexander Bulkley (The Zodiac) dans laquelle on mentionne cette fameuse dernière lettre du tueur réclamant qu’on réalise un bon film sur lui. Ce n’est certainement pas le métrage de Bulkley qui l’aura contenté. Mais le film de Fincher l’aura sans aucun doute séduit.

Réalisateur de renom et de génie (The Game, Se7en, Panic room), Fincher est l’un des auteurs en vogue de ces dernières années. Il a réussi à imposer un style tout à fait nouveau aux Etats-Unis. Des films à chaque fois bouleversants et originaux. En réalisant ce film, Fincher va à l’encontre du cinéma qui a fait sa gloire. Dans Zodiac, point de suite ininterrompue d’actions, point de final renversant. C’est que le réalisateur n’a pas le choix : ne connaissant toujours pas l’identité de l’assassin, il a adopté un style particulier, très proche de celui d’Oliver Stone pour JFK. Au lieu de se tourner du côté d’un assassin invisible, Fincher a choisi la même route que Bulkley et a opté pour une explication du déroulement de l’enquête.

Autrement dit, l’histoire est vue par une pléiade de personnages dont la vie va être bouleversée par les crimes du Zodiaque. Fincher se penche aussi bien sur les policiers chargés d’enquêter que sur les journalistes du San Francisco Chronicle, notamment Robert Graysmith (Jake Gyllenhaal). Le réalisateur de Fight club brosse ici le portrait de ces personnalités obsédées par ce tueur impossible à attraper.

La différence avec le film de Bulkley et celui-ci tient à la qualité du réalisateur. Fincher a passé énormément de temps à se documenter. Epluchant les archives, consultant les dossiers tel un des enquêteurs du film, il a réussi à amasser une telle somme d’informations sur le tueur que même certains policiers alors en charge de l’enquête prétendent n’avoir pas disposé d’autant de pièces. Comme pour ces précédents films, Fincher a effectué un travail méticuleux et extrêmement précis.

Si cette donnée est réelle pour ce qui est du fond du film, ça n’en est pas moins vrai pour la forme. Car, comme pour chaque métrage, il exige le meilleur travail possible des comédiens. Faisant rejouer la même séquence un nombre incalculable de fois, Fincher épuise ses acteurs et parviendrait même à les dégoûter du cinéma. Pour le premier plan du premier jour, il y a eu 67 prises, de quoi rendre cinglé bon nombre de débutants. C’est ce que souligne Robert Downey Jr. lorsqu’il déclare : "Si vous êtes un acteur expert, vous survivrez. Dans le cas contraire, vous détesterez David Fincher." Ces prises innombrables permettent au réalisateur de choisir les meilleures scènes lors du montage, si bien qu’il se retrouve à la fin du film avec des milliers de plans différents.

La photographie du film est réussie. Fincher avait la volonté de tourner en HD car cela donne une image sublime et réaliste, ce qui convient parfaitement pour le film. Outre cette beauté picturale, on se doit de souligner la bonne performance d’acteurs tels que Gyllenhaal ou encore Downey Jr...

Deux réserves sont à apporter toutefois : le métrage est très long (2h38 en tout) et peut rebuter nombre de spectateurs. De plus, les scènes d’action étant très rares voire inexistantes, il arrive parfois que l’on s’ennuie un peu. Malgré ces zones d’ombre, le film reste très bon et mérite notre approbation. Si vous aimez Fincher, vous pouvez aller le voir et passerez un bon moment. Si vous adorez les films comme The game ou Se7en, ne bougez pas de chez vous, ça ne vaut pas la peine car vous ressortirez déçus.


Critique de Zodiac - Documentaire made in Fincher
Par : Quentin Meignant

De L’Inspecteur Harry à The Zodiac en passant par le troisième opus de la saga L’Exorciste, le Tueur du Zodiaque a toujours été fort présent dans l’imaginaire des scénaristes et cinéastes hollywoodiens. Il faut dire que ce mystérieux tueur en série a, à lui seul, un parcours naviguant entre horreur et mystère. Si très peu de meurtres lui sont attribués de manière certaine, les analystes affirment que son « palmarès » fluctuerait de 37 à environ… 200 morts. Une approximation qui prouve à elle seule le génie d’un tueur jamais totalement cerné par les enquêteurs et qui développa une véritable psychose outre-Atlantique. Doté d’une véritable mythologie, le Zodiaque frappa à de nombreuses reprises, jouissant d’une publicité sollicitée par lui-même. Le Vallejo Times-Herald, le San Francisco Chronicle et le San Francisco Examiner, journaux californiens, publièrent à ce titre des lettres envoyées par le tueur, sortes de cryptogrammes dévoilant ses projets et sa pseudo-identité. Cette dernière, jamais révélée, fit fantasmer l’Amérique entière au point que, à l’heure actuelle, le Zodiaque est l’un des tueurs dont l’histoire a le plus été portée à l’écran. Dès 1971, Tom Hansen livra un low budget intitulé sobrement The Zodiac Killer, titre repris en 2005 par Ulli Lommel pour son métrage, en 2005. Mais alors qu’en 2006, Alexandre Bukley livrait un piètre spectacle avec son The Zodiac, David Fincher s’attela, à la demande de Paramount et Warner, à la réalisation de la première œuvre biographique fidèle concernant le tueur. De quoi faire fantasmer les fans du réalisateur puisque celui-ci avait livré quelques années plus tôt Seven, film de serial-killer particulièrement viscéral.

Mais des œuvres passées de Fincher, il n’est nullement question dans ce Zodiac, ce que le réal lui-même se plaît à rappeler dès les premiers plans. Si, bien entendu, il se livre d’emblée à un petit massacre esthétiquement irréprochable, le cinéaste place en effet son action dans le caractère froid d’un biographie dont les éléments sont analysés avec le recul nécessaire. Dès lors, malgré sa réputation de « réal engagé », Fincher se borne à poser, éléments après éléments, les ingrédients d’une intrigue policière jamais résolue. Hors de question donc pour lui de se livrer à un quelconque film à grand spectacle et, à l’inverse de l’adrénaline présente dans The Game ou Fight Club, Zodiac demeure posé et ne voit jamais son rythme décoller.

Enorme tare selon certains, ce manque de rythme sert néanmoins au cinéaste à souligner toute la froideur d’un assassin hors norme. Tourné en HD, le film offre dès lors une photographie irréprochable et une mise en forme portant clairement la patte de Fincher. Si l’intrigue paraît longue (2h38 tout de même), le style employé et des dialogues de grande qualité viennent sauver l’ensemble. Celui-ci fait d’ailleurs preuve d’un sens incroyable du détail et fait de Zodiac une œuvre profonde, fouillée de bout en bout, comme seul un documentariste aurait pu le faire.

Sans être troublant ou faire preuve d’une quelconque hausse de tension, le Zodiac de Fincher s’avère être une œuvre suffisamment puissante que pour captiver les puristes. Si le réal a sans doute laissé bon nombre de spectateurs sur le carreau, il est une nouvelle fois parvenu à surprendre grâce à l’aspect documentaire d’un ensemble esthétiquement parfait. Avec de telles qualités, même la longueur même de l’œuvre devient excusable.

Commentaires sur le film

4 etoiles

Nous avons à faire à un Fincher typique, thriller qui joue sur la psychologie de ses personnages plutôt que sur un suspense maintenu par l’action. Le seul défaut qu’on pourrait lui trouver, c’est dans sa longueur, 158 min, à la fin ça devient quelque peu long. Néanmoins, il s’agit d’une oeuvre de grande qualité retraçant parfaitement des évènements macabres des années 1970.

22 septembre 2008 à 16:09 | Par Haddonfield

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