Critique de film

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Les Yeux sans visage

"Les Yeux sans visage "
affiche du film

Le chirurgien Genessier souhaite remodeler le visage de sa fille Christiane, rendue méconnaissable suite à un accident de voiture, mais pour cela il doit effectuer des greffes de peau qu'il aura prélevée sur des jeunes filles.

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Les critiques à propos de ce film

Critique de Les Yeux sans visage - A ne pas en croire ses yeux
Par : Quentin Meignant
Tags : Psychologique, Monstres

Alors que beaucoup considèrent le début du 21ème siècle comme l’amorce d’une véritable culture du cinéma de genre en France, certains précurseurs viennent réduire à néant ce constat erroné. Certes, les rares efforts hexagonaux dans le domaine sont à compter sur les doigts d’une main, mais un film comme Les Yeux sans visage de George Franju mérite aisément une place parmi les plus grands films français. A une époque où l’Angleterre et sa mythique Hammer (voir dossier) et l’Italie et son légendaire Mario Bava multiplient les chefs-d’œuvres gothique, le peuple français tarde à s’ouvrir au cinéma d’horreur et les producteurs demeurent incapables de s’atteler à une tâche qui paraît fort compliquée. Néanmoins, en 1958, l’un d’entre eux, Jules Borkon, décide de tenter l’aventure en finançant une adaptation d’un roman de Jean Redon. Pour ce faire, il confie la réécriture complexe du scénario, qui doit éviter toute effusion de sang et toute torture, au tandem Boileau-Narcejac, tandis que la réalisation de l’œuvre échoit à Georges Franju. Le trio doit retranscrire au mieux l’œuvre de Redon qui met en scène le chirurgien Genessier qui, à force d’expérimentations, tente de remodeler le visage de sa fille, défigurée dans un accident de voiture dont il est le responsable. Pour ce faire, il se voit obligé d’enlever des jeunes filles afin de prélever leur peau pour procéder à l’impossible greffe.

Profitant du générique comme d’un outil supplémentaire à la concrétisation de ses desseins, Franju place d’emblée le spectateur au sein de l’action. Filmant avec une certaine maestria une route et des arbres à l’aide d’une caméra embarquée, le cinéaste procède, sans explication aucune, à une scène d’un macabre mystérieux. Les questions fusent en tous sens alors qu’une chape bien silencieuse plonge directement l’œuvre dans une froideur descriptive incroyable. Lourd de sens, chaque acte posé par les protagonistes rivalise avec l’aspect contemplatif de l’ensemble. Ne répugnant pas à filmer une nature morte par de longs plans fixes, Franju propose une ambiance un brin dépressive (qui n’est pas sans rappeler à certains moment le cinéma de Rollin).

Cette froideur acquise comme véritable ligne conductrice, Les Yeux sans visage se décline alors, agité par un score cauchemardesque frisant la folie, comme une plongée dans les vicissitudes d’un scientifique qui a tout perdu. S’éloignant cependant des œuvres mettant en scène un simple savant fou, l’œuvre emprunte tout de même les éléments de quelques classiques, dont Frankenstein, Franju proposant « sas » créature en la personne de Louise, assistante totalement asservie du Docteur Genessier. Mais, alors que la mythologie de l’œuvre paraît déjà irréprochable, c’est au niveau technique que le cinéaste excelle littéralement. Dans un style des plus épuré, Franju offre, à force d’effets de style soignés allant du flou artistique aux gros plans inouïs, une forme tout autre à son métrage. A tel point que les sentiments de ses personnages, incarnés avec brio par Pierre Brasseur, Alida Valli et Juliette Maynel, et ceux développés par l’œuvre en elle-même en sont décuplés. A ce titre, la seconde partie de l’œuvre acquiert un caractère fétichiste hors du commun (Christiane qui caresse une peau qui sera bientôt sienne) jusqu’à une séquence final, véritable plongée dans la folie la plus totale, tout simplement magnifique.

Tantôt froid, tantôt pervers, Les Yeux sans visages est une œuvre dérangeante en bien des points qui, à elle seule, suffit à affirmer que le cinéma de genre en France mérite plus d’attention. George Franju signant là sa meilleure œuvre, on ne peut que regretter qu’il ne se soit pas plus impliqué dans le domaine.

Commentaires sur le film

0 etoiles

le plus beau film du monde....

20 juin 2009 à 12:06 | Par F d W

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