Critique de film

Wind chill

"Wind chill"
affiche du film
  • Genre : Fantastique - Spectre et esprits
  • Année de production : 2007
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : Gregory Jacobs
  • Pays d'origine : USA
  • Durée : 1h31
  • Scénariste : Joe Gangemi, Steven Katz
  • Musique : Clint Mansell
  • [
  • Bande annonce
  • ]
  • Casting : Emily Blunt, Ashton Holmes, Chelan Simmons
  • Récompenses : aucune

Deux étudiants en vacances sont confrontés à des fantômes d'accidentés de la route.

Les critiques à propos de ce film

Wind chill - Un film glacial
Par : Damien Taymans


Après avoir étonné dans Le Diable s’habille en Prada de David Frankel, l’actrice britannique Emily Blunt revête ici une veste étoffée et son accent américain pour incarner une jeune femme en proie au grand froid et à un partenaire inquiétant. Partie pour rejoindre sa famille dans le Delaware pour passer un Noël comme tant d’autres, voilà la belle coincée dans une voiture au beau milieu de nulle part avec son compagnon de covoiturage, étudiant qui prétend être en cours avec elle et habiter également le Delaware.

Basé sur un scénario signé Joe Gangemi et Steve Katz, le film nous entraîne dans un malaise totale grâce à un traitement double de sa tension. Un huis-clos claustrophobique d’abord puisque l’essentiel de l’action se déroule dans la voiture (la plupart des plans sont figurés en inside) et le malaise d’être perdu en plein milieu de nulle part ensuite avec, pour tout horizon, des étendues de neige à perte de vue. La photographie de Dan Lautsen (Mimic, Silent hill), teintée d’un bleu glacial tranche avec les ténèbres qui ornent l’arrière-plan et parvient à donner un véritable coup de froid à tous les spectateurs.

Dès le départ, le réalisateur Grégory Jacobs (qui a travaillé comme assistant à la réalisation sur de nombreux films comme Traffic, The Good German, Ocean’s Eleven) aiguise soigneusement les rapports psychologiques qui se tissent entre les deux protagonistes. Holmes parvient encore une fois à bluffer dans la peau du jeune homme dans un registre plus sombre que dans A History of violence de Cronenberg. Emily Blunt est tout à fait crédible dans son rôle de jeune femme émoussée, méfiante et autoritaire et donne parfaitement le change à son compagnon. Bien plus qu’un film d’épouvante, Wind chill est une histoire profonde qui n’hésite pas à entrer dans le côté relationnel des personnages et à les mettre dans des situations délicates pour les pousser dans leurs derniers retranchements.

C’est essentiellement le grand apport de ce métrage qui ne fait pas réellement peur et ne joue d’ailleurs que peu de cette prétention. Le film se limite très souvent à décrire la psychologie des personnages plutôt d’à exposer des apparitions fantomatiques censées effrayer. Ceci dit, lorsque les spectres apparaissent, on ne peut que se réjouir de ces fantômes éloignés des fantômes asiatiques dénaturés qui parviennent tout de même à ajouter quelque angoisse à un métrage qui en était déjà fortement empli. Vu l’état des spectres qui hantent le paysage, on se dégoûte instinctivement de la théorie de l’éternel retour de Nietzsche pour préférer naturellement notre bonne vieille existence si dramatique.

Sans être une réussite totale, Wind chill parvient tout de même à surprendre par sa maîtrise filmique et scénaristique et refroidira (dans le bon sens du terme) une majorité de spectateurs…

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