Critique de film

Willard

"Willard"
affiche du film
  • Genre : Horreur – Animaux tueurs
  • Année de production : 2002
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : Glen Morgan
  • Pays d'origine : USA
  • Durée : 1h40
  • Budget : 6 millions de dollars
  • Scénariste : Gilbert Ralston, Glen Morgan
  • Musique : Shirley Walker
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  • Bande annonce
  • ]
  • Casting : Crispin Glover, R. Lee Ermey, Laura Harring, Jackie Burroughs
  • Récompenses : Nominé aux Saturn Awards catégorie meilleur acteur pour Crispin Glover (2004)

Solitaire, timoré, timide, mal dans sa peau, Willard mène une vie misérable entre la maison familiale et un travail inintéressant. Il se découvre un jour un étrange don de séduction auprès des rongeurs qui habitent les fondations de sa demeure. Willard a enfin des amis. Des centaines d'amis. Des compagnons qui lui obéissent au doigt et à l'Å

Les critiques à propos de ce film

Willard - A bon chat bon rat
Par : Damien Taymans




Inspiré du roman Ratman’s notebooks de Stephen Gilbert, Willard a déjà eu droit à un métrage réalisé en 1971 par Daniel Mann. Dès lors, le premier métrage de Glen Morgan (producteur de la série X-files) a dû s’aventurer dans la délicate réalisation d’un remake. D’une part, cette tâche permet de reprendre une œuvre existante en la renouvelant, ce qui semble moins complexe que de créer de ses petites menottes une œuvre nouvelle. D’autre part, il reste le piège de la comparaison à éviter, comparaison qui crée une publicité influente en général. D’autant plus que dans la grande tradition des remakes, on dénombre de nombreux échecs pour peu de réussites.

Et puis, il y a des perles, supérieures en tous points à l’œuvre originale et qui ne souffrent même pas de la comparaison tant leur style est particulier et leur mise en scène parfaite. Willard est de ceux-là. Glen Morgan, empreint du style hitchcockien (la relation difficile avec la mère de Psychose ou la présence d’animaux tueurs des Oiseaux), parvient à créer de toute pièce une atmosphère pesante et ténébreuse. Fort de son expérience de X-files pour créer des ambiances noires et horrifiques, le réalisateur nous livre une œuvre noire, sordide et fantasmatique. En témoigne l’extraordinaire performance de Crispin Glover, terrifiant à souhait et, en même temps, tellement émouvant.

D’autant qu’à l’instar des Oiseaux de Hitchcock, Glen Glover a été confronté aux mêmes difficultés animalières. Ainsi, des milliers de rats ont été présentés à un casting et 800 ont servi à créer le film. Boone Narr a passé plus de cinq mois à apprivoiser ces bêtes féroces pour les rendre dociles et les dresser comme il le fallait. La difficulté majeure résidait dans le rôle de Big Ben car les rats de cette taille sont assez rares et les 8 rats sélectionnés pour le rôle présentaient tous des aptitudes différentes. Ainsi, chacun a réalisé une partie du rôle pour atteindre la perfection des exécutions du héros des rats.

Creusant profondément son personnage central, Crispin Glover nous livre un Willard extrêmement noir et touchant. Sans amis, avec pour seule famille une mère castratrice et acariâtre, le jeune homme part mal dans la vie sociale, d’autant que cette dernière ne veut pas de lui. Société représentée par le patron de Willard, M. Martin (l’excellent R. Lee Ermey qui excelle dans le rôle du shérif Hoyt dans Massacre à la tronçonneuse et sa préquelle) qui n’a de cesse d’enfoncer encore un peu plus cet individu chétif qui n’a d’autre recours que Socrate, son seul ami, pour s’en sortir. Peu à peu, la société fait de Willard un monstre vengeur, aussi abject que sa multitude de rongeurs.

Un conte noir au possible, critique acerbe de la société dite des « normaux », Willard a tout d’un grand film et mérite un statut de chef-d’œuvre…

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