Critique de film

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Wilderness

"Wilderness"
affiche du film

Après avoir poussé au suicide un de leurs compagnons de cellule, une bande de jeunes délinquants est envoyée sur une île pour un stage de réinsertion et d'apprentissage de la survie en groupe. Ils se croyaient seuls mais leur séjour va tourner au carnage.

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Trailer - Wilderness (2006)
Par : Damien Taymans


WILDERNESS - Bande-annonce VO par CoteCine

Les critiques à propos de ce film

Critique de Wilderness - Y a pas plus sauvage ?
Par : Damien Taymans
Tags : Animaux-tueurs, Survival

Relancée par le fameux Battle royale de Kinji Fukasaku, la grande tradition du survival draine un public largement acquis à sa cause depuis quelques années. Public impudiquement assoiffé de tripes et d’effusions sanguines qui devinrent les ingrédients sine qua non de ce type d’œuvre. Néanmoins, si la recette est connue de tous, il en est tout de même qui parviennent à faire tourner maladroitement la sauce au point de livrer un mets âpre au goût et dénué de toute consistance. Mais il existe également des exceptions tout à fait charmantes comme en témoigne le récent Détour mortel de Rob Schmidt.

Film de clôture du festival de Gérardmer, Wilderness tente de faire croire naïvement en sa bonne facture dès le début (à l’instar de son réalisateur, maître en illusion péremptoire, affirmant que son métrage va en répugner plus d’un). Prenant ses racines dans des exemples classiques comme Délivrance, Wilderness ne parvient jamais vraiment à se hisser au niveau de son modèle et n’a pour ainsi dire de sauvage que le titre qu’il arbore.

Pourtant, le film démarre sur les chapeaux de roue avec vingt premières minutes d’une intensité déconcertante. Action centrée sur un quartier pénitentiaire où s’exerce la loi du plus fort. Loi que subissent deux pensionnaires martyrisées physiquement et psychologiquement par certains de leurs congénères qui se plaisent à leur asséner maints coups agrémentés d’une sauce urologique. Cette cérémonie d’humiliation est à la limite du supportable (rappelant l’intimidation de L’expérience) et laisse présager de très bonnes choses. Mais, au fil du film, on se rend compte que cette entrée en matière n’était que gageure et que les promesses faites sont loin d’être tenues.

Envoyés sur une île déserte pour les punir de leur comportement suite au suicide d’un des deux souffre-douleurs, les prisonniers vadrouillent comme ils le souhaitent sur cette île aux atours plus paradisiaques que terrifiants. Difficile de croire une seule seconde en cette punition grotesque puisque les seules épreuves imposées aux vilains assassins sont de l’ordre des corvées quotidiennes de la ménagère de moins de cinquante ans. Uniquement obligés d’aller quérir de l’eau à la rivière ou d’allumer le feu de camp providentiel, les détenus ont tout le loisir de vagabonder à leur aise dans ce camp de vacances gigantesque qui ravirait le cœur des scouts les plus amoureux de Dame Nature. Le comble du ridicule est atteint lorsque le groupe en question en rencontre un autre (composé d’éléments exclusivement féminins, tiens donc !) en mission sur l’île pour la même raison obscure.

Garder son sérieux devant tant d’absurdités devient mission impossible. Les propos tenus sont tellement irréalistes qu’on se laisse surprendre lorsque le genre survival se rappelle à nos bons souvenirs. Les troupes sont alors (enfin !) attaquées par un personnage mystérieux (bien qu’on ait déjà une petite idée de son identité, faut pas nous prendre pour des cons non plus) et sa horde de chiens avides de chair fraîche. Mis à part quelques rares scènes de bon acabit (l’attaque de Jed par les chiens ou le piège à loup qui se referme sur la gueule d’un détenu), le métrage ne se cantonne qu’à entasser maladresses sur maladresses et provoque bien plus de rictus dus aux zygomatiques rudement mis à contribution qu’à une quelconque expression de peur. On passera volontairement sous silence la présence de ce tueur très convenu, dénué de personnalité qui ne parviendrait même pas à surprendre des bambins atteints de cécité précoce.

A l’autre extrême de Délivrance, à des années-lumière de Détour mortel, Wilderness accuse de lourds défauts et ne se détache des autres films du genre que par la nature sèche de ses victimes (plus de bimbos mais des skinheads à même de se défendre)… A ne voir qu’une fois, juste par curiosité ou pour s’accorder à mon point de vue…


Critique de Wilderness - Attention aux fesses !
Par : Gore Sliclez

Qui de Neil Marshall avec son Dog Soldiers (2002) ou de Danny Boyle avec son 28 Days Later (2002) relança le cinéma d’horreur britannique ? Difficile à dire et de toute façon, peu importe la paternité du revival tant qu’on a l’ivresse ! A l’instar d’autres pays européens, comme l’Espagne par exemple, les Britanniques nous offrent chaque année depuis cinq ans un survival puissant et remarquable en tout point. C’est dire comme l’attente était grande et la pression importante sur les épaules du jeune réalisateur Michael J. Bassett pourtant nanti d’une bonne impression laissée depuis son Deathwatch (2002).

Dans une atmosphère tendue et froide exprimée par des couleurs froides, bleutées, Wilderness commence par une longue présentation des protagonistes enfermés dans un camp de redressement pour jeunes délinquants. Victime de harcèlement et d’humiliations en tout genre, un des jeunes se suicide et rend responsables ses compagnons de chambrée envoyés pour la cause sur une île déserte d’Ecosse. C’est là qu’ils vont devoir apprendre le respect d’autrui dans un programme d’insertion sociale des plus radicaux et des plus militaires. Sous le commandement de Jed, le chef mitard, la petite troupe se trouve soudainement la proie d’un tueur redoutable et sans pitié.
Comme on le voit, le scénario suit les codes du revival classique et lorgne allègrement du côté de The Battle Royal (2000) de Fukasaku, de Severance (2006) de Christopher Smith ou encore d’un Deliverance (1972) de John Boorman. Bassett préférera quant à lui parler du Predator (1987) de McTiernan sans doute en raison de l’isolement en forêt et de ce prédateur puissamment armé tapi dans l’ombre décimant un à un les membres de l’expédition. Le réalisateur anglais connaît ses classiques et certainement Sa Majesté des Mouches de William Golding, référence littéraire principale de Wilderness.

Car la force du film réside incontestablement dans la personnalité des délinquants. De véritables bombes en puissance qui ne demandent qu’à exploser, déverser leur haine du système sur une société qui s’en protège en les enfermant. De leur passé, on ne connaît rien ou presque mais on devine dans le regard de ces gueules marquées par la vie des pulsions destructrices qu’il est illusoire de vouloir canaliser dans ces circonstances dramatiques. Pour cela Bassett a fait appel à Toby Kebbell (Dead Man’s Shoes, 2004) ou encore Stephen Wight pour jouer ces petites frappes au crâne de skinhead et au regard de tueur.
Et pour diriger tout ça, cerises sur le gâteau, les présences de Sean Pertwee (Dog Soldiers, 2002) décidément malheureux en p’tit chef et Alex Reid (The Descent, 2005) qui réunit toujours autant la beauté et la rage guerrière.
Vous ajoutez quelques autres jeunes acteurs britanniques aux gueules de l’emploi et vous avez un cocktail explosif qui offre au réalisateur britannique la possibilité de faire apparaître le danger sous n’importe quels traits et à tout moment.

Wilderness est une œuvre à petit budget filmée en super 16 donnant ainsi une vision documentaire plus réaliste que nos voisins d’outre Manche apprécient particulièrement. On sent Bassett avoir l’envie de rivaliser avec ses illustres compatriotes en empruntant souvent les mêmes procédés mais malheureusement plus limité dans le budget à l’instar de ces scènes d’attaque filmées caméra à l’épaule voire carrément « à la main » aux résultats plus que douteux. Malgré également quelques invraisemblances (l’instructrice tombant d’une falaise et parvenant néanmoins à s’en sortir moi je dis respect !!) l’ensemble du film reste cohérent et distille quelques bon moments d’angoisse et des effets choc du plus bel effet.

Et même si l’humour anglais qui ponctue si souvent les dialogues savoureux des films de Christopher Smith ou d’un Edgard Wright est plutôt rare ici, il n’empêche qu’on ne peut parfois pas s’empêcher de sourire aux quelques twists du scénario dont notamment l’apparition d’une autre troupe de délinquants sur cette île déserte mais avec cette fois… des nanas ! Connaissant le casier judiciaire de certains des jeunes gars condamnés pour agressions sexuelles on lit sur le visage de l’instructeur Jed la prise de conscience du merdier dans lequel il se retrouve confronté.

Wilderness est un survival sympa qui n’atteint pas la même réussite visuelle et spectaculaire d’un The Descent ou d’un Severance mais n’en reste pas moins un de ces films britanniques réalistes, spectaculaires et par moment bien gores peaufinés d’humour noir. Un achat DVD à conseiller mais pas forcément de toute urgence…

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