Critique de film

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Whispering corridors

"Yeogo goedam"
affiche du film

Dans un collège privé de confession catholique, quatre amies font un pacte du sang, en se promettant qu'elles mourront ensemble. La même nuit, une jeune fille se suicide en sautant du haut d'un toit...

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Trailer - Whispering corridors (1998)
Par : Damien Taymans

Les critiques à propos de ce film

Critique de Whispering corridors - Film de corridor
Par : Fred Pizzoferrato

Réalisé en 1998, Whispering corridors constitue le premier d’une longue saga coréenne dont chaque volet, quoiqu’indépendants les uns des autres, prend place dans des écoles de jeunes filles perturbées par les apparitions d’un fantôme. Le chapitre le plus connu de cette série reste probablement le second, Memento mori, qui a bénéficié d’une sortie officielle dans nos contrées et abordait de manière franche le thème des amours féminines, sujet particulièrement tabou en Corée. Ce premier volet, pour sa part, se veut surtout une critique sociale virulente des écoles du Pays du Matin calme camouflée en film d’épouvante…à moins que ce ne soit l’inverse ?

L’action de Whispering corridors prend place en Corée, dans une école de jeunes filles. Une nouvelle année va débuter et une enseignante, Madame Park (surnommée Vieille Renarde) découvre d’étranges informations sur une ancienne élève de l’école nommée Jin-ju. Neuf ans plus tôt, Jin-ju s’est en effet suicidée dans l’atelier de l’école et depuis, selon la rumeur, son esprit hante les lieux. Madame Park tente de prévenir sa jeune collègue Hur Eun-young, qui fut la meilleure amie de Jin-ju à l’époque mais elle est mystérieusement agressée et meurt, pendue dans la cour de l’école.
Le lendemain, trois jeunes filles découvrent le corps de leur professeur décédée. L’une des trois, Ji-oh, décide de peindre un portrait de Madame Park, ce qui entraine une réaction très violente de la part de leur professeur remplaçant, Mr Oh, dit Chien Fou, tandis que les rumeurs se répandent dans l’école : le fantôme de Jin-ju serait revenu pour se venger de Madame Park. Une étudiante solitaire et mal dans sa peau est ainsi soupçonnée d’abriter en elle l’esprit vengeur de la jeune suicidée tandis que Ji-oh, dotée de pouvoirs psychiques médiumniques, se voit elle aussi accusée d’avoir invoqué les esprits. La terreur s’installe dans le lycée…

Whispering corridors joue énormément de l’atmosphère et se montre avare en scènes chocs et en passages gore. Pas nécessairement une mauvaise chose, entendons-nous bien, sauf que le métrage peine malheureusement à se montrer réellement effrayant. L’aspect « ghost story » s’avère très classique mais le cinéaste use cependant d’une narration non linéaire, avec de nombreux flashbacks, qui rend parfois la compréhension du film difficile, d’autant que les personnages ont des patronymes assez complexes. S’il n’est pas toujours aisé de suivre Whispering corridors, la trame générale, pour sa part, reste assez simple et la caractérisation des protagonistes souvent rudimentaire. Heureusement, l’interprétation se montre à la hauteur et parvient par moment à se montrer réellement touchante, en particulier de la part de Mi-yeon Lee.

L’aspect le plus réussi de Whispering corridors réside toutefois dans sa peinture du système éducatif coréen, même si le métrage ne cherche pas uniquement à dénoncer les pratiques éducatives régnant dans ses écoles. Châtiments corporels, humiliations diverses pour des « fautes » plus que mineures, harcèlement sexuel, esprit d’émulation exacerbé et de compétition rageuse sont, apparemment, normal en Corée au point que nul n’y trouve à redire. Le personnage le plus immonde reste ce professeur surnommé Chien Fou qui n’hésite pas à encourager les élèves à se considérer comme des ennemies avant d’insulter l’une et de caresser de manière très équivoque le visage d’une autre. Une charge sans nuance mais peut-être moins outrancière qu’on ne le croit en Occident puisque certaines institutions tentèrent, sans succès, de faire interdire le métrage, n’aboutissant qu’à le transformer en un des plus grands succès coréens des années 90.

Si cet aspect « social » s’avère intéressant, au niveau du fantastique pur, Whispering corridors se révèle malheureusement moins inspiré. Toutefois le jeu sur les éclairages très contrasté rappelle les grandes heures de l’épouvante européenne des seventies, le film évoquant parfois Suspiria par exemple. En dépit de ses qualités (mélange de critique sociale et d’horreur, bonne interprétation, mise en scène parfois efficace et visuel attrayant), Whispering corridors reste globalement décevant, handicapé par de trop nombreuses longueurs et un rythme languissant. Le frisson authentique est rare et les quelques scènes d’horreur pures semblent en deçà des possibilités du sujet même si elles sont assez adroitement filmées et rappellent parfois, une fois de plus, le giallo à la Bava / Argento.

Précédé d’une flatteuse réputation, Whispering corridors constitue donc une curiosité exotique qui nous apprend quelques vérités peu reluisantes sur le système éducatif oppressant coréen de manière ludique. En tant que pur film de terreur, l’œuvre ne s’élève, hélas, pas vraiment au-dessus de la masse des trop nombreuses productions asiatiques similaires mais se laisse voir sans déplaisir ni passion.

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