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Voleur de cadavres (Le)

"The Corpse Vanishes"
affiche du film

Un mal étrange hante les rues dâ

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Critique de Le voleur de cadavres - Necrologie fleurie
Par : Damien Taymans
Tags : Savant fou

Des océans se sont déversés sous les ponts depuis que l’émigré hongrois Bela Lugosi a envoûté sous les traits du mystérieux comte Dracula dans l’œuvre éponyme de 1931. Les accouplements avec Boris Karloff ne freinent que relativement la chute sensationnelle de l’artiste relégué depuis au statut de second couteau honorifique qui le contraignent à camper des apparitions tantôt convaincantes (Igor dans les séquelles frankensteiniennes) tantôt plutôt édulcorées (le majordome invisible dans Le Gorille). La Monogram incorpore dans ses rangs le comédien vampirique afin de donner un certain lustre à ces productions bisseuses horrifiques, lui attribuant généralement une place de choix au générique (The invisible ghost, Spooks run wild, Black dragons).

Le voleur de cadavres (The corpses vanishes) échoit dans l’escarcelle de Wallace Fox, metteur en scène spécialisé dans les westerns avec Johnny Mack Brown en figure de proue. Reprenant le sempiternel thème du savant fou dont il réinvestit tous les poncifs (médecin démiurge accompagné d’étranges assistants, extraction de substance vitale pour accéder à la jeunesse éternelle) remis au goût du jour par les récents Before I hang et The Ape Man, le métrage se plaît surtout à mâtiner d’éléments horrifiques une intrigue davantage portée vers l’énigme policière. En guise de viatique, Lugosi incarne un terrifiant docteur, autant biologiste que botaniste, flanqué d’un trio de freaks manchots (un nain, un débile léger et une grand-mère Materne), qui échafaude un plan aussi complexe que ridicule : parer de jeunes femmes non encore déflorées à la boutonnière d’orchidées empoisonnées afin de provoquer un évanouissement devant l’autel. Ne reste plus au machiavélique professeur qu’à enfourner le corps dans son corbillard avant de rejoindre son laboratoire aux ustensiles surannés et d’injecter le sérum guérisseur à sa comtesse. Comtesse, titre honorifique évoquant par extension le blase dont jouit Dracula, sorte de référence tacite au chef-d’œuvre qui consacra Lugosi. Une référence qui s’accompagne d’autres, nettement plus patentes, à l’instar du cercueil que le couple use en guise de literie ou du sérum extrait de la gorge des pucelles renvoyant à l’hémoglobine dont se repaît le vampire.

Des détails qui parsèment l’œuvre sans jamais en exhausser le niveau très faible aussi bien scénaristique que filmique. La compilation naïve de manipulations échevelées ajoutée à une mise en scène empreinte d’inertie entraînent une répétition arythmique de séquences amputées de toute dynamique qui se traînent lamentablement et louvoient en digressions lourdingues (les preuves s’amoncellent et personne n’en prend ombrage) et en logorrhées absconses.

Œuvre de son temps, Le voleur de cadavres pâtit de son scénar simpliste et souffre du manque d’ambitions de la Monogram qui n’utilise de nouveau Lugosi qu’en tant que faire-valoir, lui offrant tout de même l’occasion de se rappeler aux fans nostalgiques de son épopée vampirique.

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