Critique de film

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Le Village

"The Village"
affiche du film
  • Année de production : 2004
  • Réalisateurs : M. Night Shyamalan
  • Scénaristes : M. Night Shyamalan
  • Acteurs : Joaquin Phoenix, William Hurt, Sigourney Weaver, Bryce Dallas Howard, Adrien Brody, Fran Kranz
  • Musique : James Newton Howard
  • Genre : Thriller - Thriller psychologique
  • Pays d'origine : USA
  • Durée : 1h48
  • Budget : 72 millions de dollars
  • [
  • Bande annonce
  • ]
  • Récompenses : Nominé à l'Oscar de la Meilleure musique (2005) Nominé à l'Empire Award pour la Meilleure actrice (Bryce Dallas Howard), Meilleur réalisateur et Meilleure 1ère apparition (Bryce Dallas Howard) en 2005 Nominé au Golden Trailer du Meilleur thriller (2005) Nominé au Golden Reel Award de la Meilleure musique de film (2005)

Une petite communauté isolée vit dans la terrifiante certitude qu'une race de créatures mythiques peuple les bois entourant le village. Cette force maléfique est si menaçante que personne n'ose s'aventurer au-delà des dernières maisons, et encore moins pénétrer dans les bois... Le jeune Lucius Hunt, un garçon entêté, est cependant bien décidé à aller voir ce qui se cache par-delà des limites du village, et son audace menace de changer à jamais l'avenir de tous...

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Les critiques à propos de ce film

Critique de Le village - Village joie !
Par : Chroniqueurs

Par Frank Black

Dans le village qui borde la forêt de Covington, le quotidien est troublé par la peur. Les habitants doivent apprendre à vivre avec des créatures fantastiques cachées dans les bois qui, attirées par les couleurs vives ou échaudées par les visiteurs, n’hésitent pas à rendre visite aux humains effrayés.

Instinct de conservation, préservation du groupe, croyance et mensonge, tels sont les thèmes de prédilection de Night Shyamalan, concentrés dans Le Village, fable moderne, à la croisée des mythes fondateurs américains. Shyamalan s’est imposé en quelques films comme un cinéaste sur lequel l’industrie hollywoodienne compte. Jouissant d’une liberté rare par rapport à ses productions, le jeune réalisateur rivalise d’idées de mise en scène et scénaristiques faisant sa marque de fabrique indéniable. Passé maître dans l’installation d’une menace diffuse, reposant sur une accumulation d’éléments ténus, Shyamalan recourt à une " méthode " infaillible pour toucher une large audience, tout en se forgeant peu à peu une solide réputation d’auteur.

D’emblée, le film oppose deux espaces distincts : la forêt comme lieu de perdition et le village, refuge caractérisé par le repli communautaire et l’obscurantisme. Night Shyamalan explore, dans Le Village, les peurs primales du spectateur : celles du grand méchant loup et du petit chaperon rouge, perdu au milieu de la forêt menaçante. Mythe et conte s’entrechoquent dans un récit porté par un vrai plaisir de la narration. Car Shyamalan est un conteur hors pair, doté de vraies idées de cinéma. Les notions de " territoire " mais surtout de " frontière " tendent de bout en bout la trajectoire mystérieuse du film. En germe, se réécrit symboliquement une histoire de l’Amérique, celle de pionniers. Le conseil des anciens se présente comme une réminiscence de l’histoire d’un pays ultra protectionniste. Le village devient la métaphore d’une société repliée sur elle-même qui stigmatise les problématiques politiques d’un pays soucieux, jusqu’à l’obsession, de sa sécurité.

D’ailleurs, dans un final que je ne dévoilerai pas, l’Amérique primitive rencontre l’époque contemporaine, avec laquelle elle dialogue. Chez Shyamalan, l’idéal, le paradis parfait, est toujours ambigu. Près de la forêt de Covington, le temps semble suspendu au rythme des alertes, des rituels et des superstitions, entre quelques bals aux pieds flottants, courtes récréations dans cette atmosphère aux inquiétudes permanentes. D’un film de peur, Shyamalan parvient à signer un film sur la peur et sur son pouvoir. Sur le repli et l’enfermement, sur la peur de vivre, et ses échos par delà les temps. Pour ne pas ressentir cette crainte dans la communauté, il faut être rebelle à l’élocution mal assurée, gagné par la folie ou atteint de cécité. Comme d’autres déplacent les montagnes grâce à leur foi retrouvée, un amour aveugle peut éclairer les sombres sentiers des bois étranges. Et Shyamalan, sur la sublime partition de James Newton Howard, de sonder les soubresauts de l’intime au cœur même de la communauté.

La croyance, au cœur de tous les films de Shyamalan, trouve son pendant dans le mensonge. Dans Le Village, il y a ceux qui détiennent la connaissance et les autres, maintenus dans un état salvateur d’ignorance. La transmission est avant tout ici celle du savoir. William Hurt révèle le secret du village à sa fille, une aveugle " voyante " qui brave, telle une héroïne de contes, tous les dangers pour sauver l’homme qu’elle aime, dont le patronyme (Lucius) signifie " lumière " en latin. La gracile et touchante Bryce Dallas Howard prête sa moue enfantine et son innocence au personnage d’Ivy. Croire que les films de Shyamalan ne valent que pour leur twist final est réducteur. S’il n’a pas choisi cette option dans "le village" (il l’évacue à la moitié du film), c’est pour se focaliser sur l’aventure humaine dans laquelle se lance cette jeune aveugle par amour. Peu importe qu’on sache ou non ce qu’est réellement le village avant la fin, ce qui compte c’est ce qu’elle fait et surtout pourquoi. Tout dépend comment on perçoit le film. Soit comme un énième film au suspense époustouflant, mais c’est faire fausse route à mon avis, soit comme une belle histoire d’amour qui pousse une jeune femme à surmonter son handicap et braver le danger pour sauver l’homme qu’elle aime (et là le film est touchant). En fait, c’est comme ça que je pense qu’il doit être perçu, surtout pour la deuxième partie du film, ce qui, je pense m’a permis de suivre Shyamalan là où il voulait aller in fine.

Je respecte ainsi l’opinion des détracteurs, qui à mon avis, ont dû s’attendre à ce que Shyamalan refasse du Shyamalan avec twist final. Et en ce sens, je comprends tout à fait leur point de vue, car "le village" n’est pas un film qui mystifie les spectateurs au dénouement (l’intrigue ne s’y prête pas, vu le traitement qu’il a choisi), au contraire de ses films précédents.

Parce qu’un village entouré de bois dans lesquels il est interdit de s’aventurer, délimité par des tours de guet, n’offre que deux possibilités : soit il ne faut pas y rentrer (les créatures, élément fantastique) soit il ne faut pas en sortir (la réalité d’un monde autre que dans ce vase clos). Il ne faut pas sortir de Saint Cyr pour comprendre qu’il n’y a que ces deux options. Donc à partir du moment où Shyamalan opère un tournant (la scène du couteau, excellente dans sa mise en scène et son montage), introduisant la notion de soins et de médecine (société contemporaine, le progrès), la deuxième option est évidente : il faut sortir. De la part de Shyamalan, auteur de scénarii que je ne re-citerai pas, ce n’est pas une erreur. C’est une volonté d’entraîner le spectateur sur un chemin angoissant et fantastique dans la première partie du film, pour l’amener sur un autre plus sentimental et réel, dans sa deuxième partie. ET c’est là tout l’intérêt (et le risque) du film.

Le village a déconcerté certains par son sujet, le protectionnisme, et par son traitement.
En effet, pour ce qui est du twist final, il n’y en a pas vraiment et tant mieux, je dirais : ça change. Shyamalan joue la carte du fantastique pendant 30 minutes pour changer de direction. Pendant cette introduction, force est de constater qu’il maîtrise la peur, l’angoisse comme personne au cinéma aujourd’hui (la main de l’aveugle dans l’encadrure de la porte, la scène du crime). Il y explore les dangers de l’isolationnisme (même si lui même y a succombé), mais avant toute chose il filme une belle histoire d’amour selon moi. Tous les actes de Bryce Dallas Howard sont guidés par ses sentiments : quel courage de braver le danger par amour, qui plus est avec son handicap !
L’interprétation est comme d’habitude excellente chez Shyamalan.

Pour moi, le film est réussi parce qu’ancré pleinement dans la réalité, mais cette fois sans élément fantastique. Il a pris un risque en changement totalement de direction par rapport à ses films précédents avec "le village". Cette volonté de renouvellement et de recherche permanente font partie des fondements de l’art moderne. Et Shyamalan est un artiste.

Commentaires sur le film

Witness au pays des Frères Grimm

3 etoiles

Un Shyamalan au pays des Mormons, des Amishs, et des Frères Grimm. Si la fable microcosmique est remarquable, on rappellera à notre souvenir que la plupart des thèmes abordés ici, et qui cristallisent les contradictions du rêve américain (et peut-être les failles de toute forme de civilisation), ont déjà été abordés de façon bien plus percutantes dans Witness de Peter Weir. On indiquera aussi en substance que si l’homme est des plus doué pour élaborer des allégories cinématographiques, il se prend terriblement au sérieux, et a un goût un peu trop prononcé pour les violons et les longueurs. Quoi qu’il en soit, tout ce qui est dit ici a déjà été dit par Kubrick et Carpenter. Reste donc une maîtrise formelle indéniable. A saluer, la performance quasi mutique d’Adrien Brody, qui s’envole au dessus de tout le casting.

19 septembre 2011 à 15:09 | Par Fred Bau

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