Critique de film

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Vierge de Nuremberg (La)

"La Vergine di Norimberga"
affiche du film

Mary et Max Hunter passe leur première nuit ensemble dans le chateau familial. Mary se lève car elle entend une femme crier. Elle la retrouve morte dans un sarcophage et perd alors connaissance. Le lendemain, tout le monde agit comme si rien ne s'était passé...

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Les critiques à propos de ce film

Critique de La vierge de Nüremberg - Du bon gothique !
Par : Quentin Meignant
Tags : Tortures

La vierge de Nüremberg fait partie de la légende du cinéma gothique italien. Il en est un des fleurons indémodables malgré les ravages du temps. Antonio Margheriti en était pourtant presque à son coup d’essai quand il sortit ce petit bijou de style. En effet, en 1963, le réalisateur transalpin, alors âgé de 33 ans, n’avait réalisé que 5 petits films qui ne feront pas date dans l’histoire.

Rien ne laissait donc augurer une telle réussite pour un film au titre accrocheur. A la lecture de celui-ci, on s’attend clairement à de l’érotico-horreur, genre dans lequel des gens comme Jess Franco, Cesare Canevari et Jean Rollin étaient dors et déjà passés maîtres.

Que les gens qui détestent les oeuvres de ces trois réalisateurs assez spéciaux se rassurent : La vierge de Nüremberg n’a rien à voir avec l’érotisme loin s’en faut ! Elle en est même diamétrialement opposée ! Dans ce métrage, pas de gore, pas de sexe bourrin, pas de femelles dénudées : tout est fait dans une finesse rare.

Le titre vient en fait d’une machine de torture particulièrement vicieuse employée par nos ancêtres. Les bourreaux enfermaient les condamnés dans un sarcophage rempli de lames acérées. Cet objet est une des pierres angulaires d’un film qui, jusque dans les dernières minutes, n’en finit pas d’étonner. Au-delà de différentes scènes de torture parfaitement réussies auxquelles nous reviendrons plus tard, nous avons affaire à un sujet beaucoup plus grave et profond : le régime hitlérien ! C’est d’ailleurs au moment oùnous est révélé ce sens beaucoup plus profond que le métrage prend toute sa dimension dramatique.

Mieux qu’une simple dénonciation, Margheriti nous montre les abominations réalisées par les savants nazis durant le IIIème Reich. Un flash-back impressionnant, construit en partie par de vraies images d’archives, nous est proposé pour nous montrer l’atrocité des faits. Pour ce faire, l’alternance couleur - noir et blanc, selon que l’on est dans le présent ou le passé, est parfaitement réussie.

D’atrocité, il est aussi question au vu des machines employées par le bourreau de Nüremberg. Après une petite visite incomplète du musée, on a pourtant de quoi se sentir floué. Ce sentiment ne dure heureusement pas et laisse place à une jouissance que les amateurs du genre n’ont connu que dans Hostel et Hostel 2, véritables apologies du sadisme humain !

L’instrument qui nous est exhibé dans La vierge de Nüremberg n’a en effet rien à envier à ceux mis en image par Eli Roth 40 ans plus tard. Imaginez un peu les ravages que peut faire un objet interdit au quinzième siècle pour sa cruauté. Un peu de sang nous est même montré même si ce n’est pas du tout l’objectif de départ. Cela sert juste à rendre la scène plus réelle mais aucunement à dégoûter quelque spectateur que ce soit.

Mais le vraie point fort du film réside dans les décors somptueux montés par Albert Griffiths, dont il s’agit pourtant du seul film. Le gothique italien, à l’image du décevant Le corps et le fouet de Mario Bava, a toujours été bien inférieur au gothique proposé par les anglais. La vierge de Nüremberg ne vient certes pas révolutionner cette loi mais perturbe néanmoins les schémas établis ! Nous ne sommes pas loin du chef-d’oeuvre décoratif et, tout ce que nous pouvons reprocher au film est, parmoments seulement, une trop grand clarté.

Alors que Le corps et le fouet avait clairement voulu jouer sur le terrain de la Hammer en donnant lieu à un métrage beaucoup trop sombre où on distinguait à peine les acteurs (moyens), l’oeuvre de Margheriti fait l’inverse et est parfois à la limite du kitsch. C’est loin d’être mauvais et le gothique y est représenté de manière très poétique mais on ne peut que regretter que le cinéma italien n’ait jamais égalé le cinéma anglais sur ce point.

Par contre, là où le film a de gros problèmes, c’est au niveau d’un scénario sans doute un peu trop basique qui, certes nous livre d’agréables et déroutantes surprises, mais qui nous laisse très froids à cause d’un très faible nombre de scènes halentantes. C’est bien joli de nous donner un beau cadre mais encore faut-il le remplir de choses intéressantes ! Ce n’est pas vraiment ce que Margheriti a cherché à faire et c’est très dommageable à un film que beaucoup jetteront aux oubliettes à cause de cela.

Hormis ce défaut de taille, reconnaissons de suite que les acteurs mettent tout leur talent pour donner du rythme au métrage. Et du talent, c’est clair qu’ils en ont ! Il suffit de citer le nom de Christopher Lee, que l’on peut tout de même voir dans 260 oeuvres toutes plus appréciées les unes que les autres, et vous aurez compris ! Le casting est d’une rare qualité ! Lee enchante véritablement la pélicule dans ce rôle d’homme défiguré, taciturne et témoin de faits traumatisants qui lui font garder un bien lourd secret !

Au final, un film à recommander et qui fait date dans l’histoire du cinéma italien ! C’est loin d’être le meilleur mais c’est vraiment loin d’être le moins bon ! Amateur de gothique et fans de Christopher Lee, foncez !

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