Vidéotopsie et Médusa attaquent !

9 mars 2014 | Par : Darkness Fanzine | Des mags

Le 14ème numéro de Vidéotopsie est à la hauteur de sa réputation. Exhaustif, éclectique et concis. Sa couverture annonce d’emblée la couleur et, dès l’ouverture du fanzine, un dossier édifiant d’une vingtaine de pages retrace habilement le parcours de Jack Starrett, acteur et cinéaste qui a traversé le cinéma américain des années soixante-dix avec des œuvres aussi différentes que Course contre l’enfer (Race with the Devil, 1975) ou Les Machines du diable (The Losers, 1970). Si le grand public le découvre en tant que second rôle dans des films de bikers à la fin des années soixante (Run Angel Run, 1969), c’est sans aucun doute l’impitoyable shérif Galt harcelant John Rambo (Sylvester Stallone) dans Rambo (1982), de Ted Kotcheff, qui révèle son talent de comédien à des millions de spectateurs qui l’ont détesté tout autant qu’ils ont apprécié son interprétation. Cependant, Alexandre Jousse s’attache délibérément à décrire le travail de réalisateur de Jack Starrett pour expliquer la complexité de son œuvre. Et il y parvient, avec justesse, nous donnant envie de (re)voir les œuvres maîtresses qui ont jalonné sa carrière. Après cet uppercut envoyé dès les premières pages, Jocelyn Manchec, Claude Gaillard (Ecran Bis) ou encore Christophe Gaquière passent en revue certains des films qui ont contribué à façonner la légende du Bis, de Phantasm II (1988) à Blood Diner (1987), même si la critique de Stéphane Prieur sur le film Réincarnations (Dead and Buried, 1981) a retenu toute notre attention pour avoir été inscrit sur la liste des Video Nasties regroupant et stigmatisant des films jugés indécents et bannis des vidéo-clubs du Royaume-Uni par des ligues puritaines et les autorités britanniques qui allaient parfois jusqu’à poursuivre les exploitants devant les tribunaux. Vidéotopsie n°14 c’est tout ça, et plus encore, David Didelot – son rédacteur en chef – se chargeant de nous livrer quelques entretiens (dont celui de Lone Fleming, par David Garcia) mais surtout un dossier complet sur la plongée de Linda Blair dans l’enfer du Bis – notons au passage la sortie du 5ème numéro de Toutes les couleurs du bis dans lequel Stéphane Erbisti consacre toute son énergie à étudier la carrière de la célèbre possédée du film L’Exorciste (1973) – et un second sur la collection Gore (Fleuve Noir) dirigée par François Darnaudet à la fin des années quatre-vingt. Vous l’avez compris, le dernier Vidéotopsie est un cru exceptionnel, un objet qui doit être proposé aux amateurs de Bis ou, plus largement, aux esprits cinéphiles, curieux et avides de découvrir cet autre cinéma défendu avec passion, mais sans concession, par des auteurs soucieux de faire vivre et connaître un des genres les plus inventifs du cinéma mondial. Une démarche similaire entreprise par Didier Lefevre depuis 1989 – l’illustre fondateur et rédacteur en chef de Médusa – qui livre, pour l’occasion, un numéro anniversaire rassemblant les plumes affûtées de cinéphages affamés. Parmi elles, Nunzio Cusmano dissèque Maniac (1980) et son remake (2012), Alan Deprez (Cinémag) nous rapporte les confidences de John Landis et Lionel Grenier (Manivelle) nous subjugue avec une analyse fouillée du Maître des Illusions (Lord of Illusions, 1995) qui s’apparente plus aux premières pages d’un traité sur l’oeuvre de Clive Barker qu’à une simple critique. C’est dire le niveau de ce 25ème numéro. Le temps de reprendre notre souffle en picorant les chroniques habituelles du cinéma italien disséqué avec délice, du film de guerre au film de boules, avec une fenêtre ouverte sur le cinéma Bis grec et allemand. Plus de 200 pages de lecture, en couleurs pour l’édition de luxe, à savourer seul ou entre amis. Enfin, parmi les belles surprises et les entretiens offerts aux lecteurs, une mention toute particulière pour l’entrevue avec Aurélia Mengin, une jeune réalisatrice – co-fondatrice du Festival du film de genre Même pas peur organisé chaque année à La Réunion – dont l’enthousiasme, la justesse et les mots impressionnent, nous donnant très envie d’assister à la projection de ses œuvres – Plan à trois, Karma Koma et Autopsy des délices – que l’on imagine habitées des influences de Bunuel, Carax ou Lynch. Une fois encore, le dernier numéro de Médusa est incontournable, un monument qui doit figurer, avec Vidéotopsie, dans la bibliothèque des réussites de ce début d’année. Quand les fanzines attaquent, la presse professionnelle n’a qu’à bien se tenir !

Vidéotopsie n°14

février 2014, 7 euros.

videotopsie@gmail.com

Médusa Fanzine n°25

janvier 2014, 15 euros.

evildeadrat@gmail.com

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