Critique de film

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Vibroboy

"Vibroboy"
affiche du film

Une ancienne statue azteque transforme un macho-facho en un maniaque sexuel techno-primitif.

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Les critiques à propos de ce film

Critique de Vibroboy - Viva El Vibro !
Par : Quentin Meignant
Tags : Diable et démons, Possession

Jan Kounen est un cinéaste qui proposa ce que le cinéma d’action français a de meilleur : Dobermann. Totalement déjanté, bénéficiant de personnages et de dialogues hauts en couleurs, et faisant preuve d’une mise en scène exceptionnelle, Dobermann restera à jamais un film culte et totalement original. Mais ce petit bijou aurait-il existé si Vibroboy n’avait jamais vu le jour ? On en doute… En effet, Vibroboy est LE court-métrage qui révéla Jan Kounen aux connaisseurs même si l’homme, alors âgé de 30 ans, avait déjà fait parler de lui avec les courts Gisele Kerozene et Capitaine X. Génie fou, Kounen se base en général sur un pitch et des personnages bien trempés, chose que ne vient pas démentir ceux de Vibroboy. Dans un terrain vague de St Ouen, en banlieue parisienne, Francis, un travesti qui revient du Mexique, offre à son amie Brigitte une statuette aztèque qu’il a trouvée dans un temple. Mais Léon, le mari de Brigitte, est un homme ultra-violent et paranoïaque et ne tarde pas à mettre son grain de sel. Détestant Francis, il brise la statuette. Celle-ci libère alors le pouvoir qui était en elle : El Vibro !

Doté de pareil pitch, Vibroboy se préfigurait déjà soit comme LE délire exceptionnel, soit comme un petit Z fauché et rigolard. Mais le fait est que Kounen, en plus d’être un metteur en scène et un scénariste d’exception, sait s’entourer de technicien hors pair. Ainsi, dès les premiers plans, la patte de Marc Caro (Dante 01, Delicatessen) en tant que directeur artistique est fortement visible. Le style assez léché d’un ensemble délirant saute aux yeux et, mieux encore va de pair avec des dialogues particulièrement percutants. Encore une fois, Carlo de Boutiny, fidèle à Kounen depuis ses débuts, fait office de choix gagnant pour le cinéaste, qui joue véritablement de ces dialogues pour instiller un caractère supplémentaire à l’œuvre.

Ce caractère très spécifique est d’ailleurs présent dans chacun des plans offerts par le réal. Bien au-delà de la formidable assistance dont il a joui, Kounen parvient à transcender la pellicule et à mettre en œuvre une véritable bombe filmique, constituée de mouvements de caméra de génie. Ainsi, si l’esprit Evil Dead est indéniablement présent tout au long de l’œuvre de par le sujet délirant qui est traité, certains autres éléments du cinéma de Raimi se font jour quant à la manière dont Kounen capture l’image. De plus, le Français parvient à ajouter à cela les codes inhérents au western, ce qui lui vaut l’occasion de régaler son public par quelques gros plans des « gueules » de son film. Par ailleurs autre élément importance, l’emploi d’un acteur tel de Dominique Bettenfeld (Pars vite et reviens tard), dans le rôle de Léon, revêt une importance toute particulière dans un final qui le met particulièrement en valeur.

Bien plus qu’un simple court-métrage, Vibroboy est une œuvre d’art délirante et surréaliste dont s’extrait toute la folie d’un réal hors du commun. Ce court, qui pourrait faire office de lancement pour un long-métrage totalement dingue (on se prend à rêver !), lance de fort belle manière la carrière d’un Grand Monsieur. Trash et totalement survolté, Vibroboy fait partie de ces indispensables à tous les cinéphiles francophones…


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