Critique de film

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Vaudou

"I walked with a zombie"
affiche du film

Betsy a été engagée par un planteur comme infirmière dans les Antilles afin de s'occuper de sa femme Jessica. Une nuit, Betsy se rend compte que Jessica est en fait un zombie prisonnier de l'emprise d'un voudou.

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Les critiques à propos de ce film

Critique de Vaudou - Sea, stress and fun
Par : Damien Taymans
Tags : Zombies

Betsy est engagée en tant qu’infirmière aux Antilles par Paul Holland, séduisant et richissime (ben, ça aide dans la vie) planteur, afin de s’occuper de sa femme atteinte d’une maladie inexplicable. Muette comme une carpe (ça aussi ça aide), livide comme un linge lavé avec Dash, Jessica semble à demi-vivante ou à demi-morte, c’est selon. Face aux carences explicatives de la science, Betsy se tourne provisoirement vers les croyances vaudous, ultime tentative de redonner du peps à cette charmante zombie…

Les studios RKO chancèlent péniblement en ce début d’années 40. Fondée à la fin des années folles, la boîte de production souffre d’un mal égal à celui de ses concurrents et se voit également obligée de s’investir dans les B movies, passés en prime time de superproductions, afin de rentabiliser au maximum chaque investissement. A moins qu’un messie ne reprenne les choses en main. Ce sauveur providentiel, Charles Koerner le déniche (ou le débauche, c’est selon) en 1942. Val Lewton, peu intéressé par une reproduction aseptisée des films de genre façon Universal que la MGM lui propose au départ, prend à la RKO sous son aile un certain Jacques Tourneur, immigré comme lui, avec qui il a œuvré sur A tale of two Cities, superproduction historique inspirée d’un écrit de Charles Dickens pour laquelle les deux hommes ont réalisé la séquence de la prise de la Bastille (tout un symbole pour Tourneur). Un choix qui s’avère payant puisque la paire Lewton-Tourneur produira trois œuvres qui reçurent rapidement l’accessit au titre de « classiques ». La Féline suffit à renflouer les caisses de la RKO et à sacrer Tourneur au rang de cinéaste émérite.

Deuxième volet de leur triptyque, Vaudou (I walked with a zombie en anglais) constitue incontestablement la meilleure réalisation du tandem. A l’instar des deux autres opus (La Féline et L’homme-léopard, deux intitulés imposés par la production comme ce I walked with a zombie tiré d’un article de presse d’Inez Wallace), le métrage délivre les clés d’un univers crépusculaire, rendu volontairement ambigu afin d’émailler sans cesse le mince limes qui existe entre réalité fantasmée et cauchemar tangible. Les apparitions ombrageuses d’Irena métamorphosée en panthère se substituent à des déambulations oniriques dans un paysage inquiétant. Le mot exotisme révèle ici la totalité des acceptions du terme, symbolisant autant les rêveries paysagères promises dès l’entame par l’embaucheur de Betsy que la crainte amenée par une société traditionaliste aux croyances vaudou prégnantes déversées en autant de rites incompréhensibles pour une Occidentale chrétienne de surcroit. Tourneur confronte à nouveau deux cultures antinomiques (dans La féline, les légendes slaves d’Irena se heurtaient à l’occidentalisme primaire de ses proches), incompatibles même en regard de l’appartenance de l’héroïne à une corporation dominée par un cartésianisme quasiment sacerdotal. Cependant, le glissement n’est pas loin et, une fois amorcé, les discours scientifiques lacunaires, aussi abscons soient-ils, ne parviennent plus à convaincre face à la magie du vaudou devenu omniprésent et omnipotent. Des croyances qui entraînent Betsy et sa protégée à parcourir un champ de canne à sucres de nuit, formidable séquence qui résume à elle seule la capacité de Tourneur à instiller à sa mise en scène une ambiance anxiogène limite délétère en misant sur un silence assourdissant entrecoupé des ronflements lancinants d’un tam tam annonciateur de quelque péril.

Une séquence magnifique qui suffit à résumer l’intégralité du métrage. Usant d’une photographie somptueuse, jouant sur les contrastes picturaux, filmant au plus près ses personnages, Tourneur plonge le spectateur dans l’intimité de ses protagonistes et le contraint à se poser comme témoin privilégié de ce qui lui est donné à voir. Pas à pas, l’œuvre déroule alors son intrigue qui suit progressivement l’évolution des personnages en présence vers un dénouement sublime tout aussi équivoque que l’ensemble du métrage. Dans ces conditions, tout fantasme devient une gageure puisque la perfection se trouve sous nos yeux.


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