Critique de film

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Vampires (Les)

"I Vampiri"
affiche du film

Paris, 1956. Le cadavre dâ

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Les critiques à propos de ce film

Critique de Les vampires - La renaissance du fantastique italien
Par : Fred Pizzoferrato

Réalisé en 1956, Les vampires marque le retour de l’Italie sur le devant de la scène horrifique, un genre banni sous le gouvernement de Mussolini. Ce n’est qu’au milieu des années 50 que l’interdit fut levé, permettant une résurgence du fantastique, laquelle aboutira à la domination de la Péninsule durant de nombreuses années. Le tournage des Vampires débute donc sous l’égide du vétéran Ricardo Freda, lequel compte déjà une quinzaine de mises en scène sous le coude. Mais, après dix jours de tournage, Freda claque la porte, laissant la production dans l’expectative. Ce sera Mario Bava, officiellement crédité comme directeur photo, qui terminera le film en un peu plus de deux jours de labeur. Bava a déjà sauvé Freda précédemment (sur Caltiki le monstre immortel) et terminé le Ulysses avec Kirk Douglas (débuté par Mario Camerini), ainsi que La bataille de Marathon de Jacques Tourneur. Mario Bava va donc, une fois de plus, boucler un métrage en un temps record et s’effacer modestement au générique, une dernière fois, puisqu’il ira ensuite réaliser Le masque du démon, son premier long-métrage officiel.

Les vampires marque donc la véritable renaissance du cinéma d’épouvante, non seulement en Italie mais plus généralement dans le reste du monde puisque le titre précède de peu les classiques Le cauchemar de Dracula et Rendez-vous avec la peur (Grande-Bretagne), Les yeux sans visage (France) et Les proies du vampire (Mexique). Etonnamment le métrage de Freda et Bava fut pour sa part un échec sévère au box-office italien, ce qui n’empêcha pas l’éclosion d’une descendance nombreuse. L’intrigue présente un vampire moderne et réaliste, une aristocrate nommée Gisèle du Grant drainant le sang de ses victimes avec l’aide d’un scientifique complice. Un journaliste enquête sur les nombreux crimes ensanglantant Paris et attribués à un criminel inconnu évidemment surnommé le Vampire. Notre apprenti détective découvre finalement l’horrible vérité, ainsi que la véritable nature de la comtesse, laquelle n’est autre que sa tante, maintenue artificiellement jeune et belle par le sang des demoiselles sacrifiées.

Fort novatrice à l’époque, cette intrigue sera ensuite régulièrement reprise dans le cinéma d’épouvante européen avec diverses variantes (citons par exemple Les yeux sans visage ou bien plus tard Les prédateurs de la nuit) et a aujourd’hui perdu une partie de son potentiel angoissant. Cependant, la beauté de la diva du cinéma italien Gianna Maria Canale offre au métrage une plus-value non négligeable. Mariée à Freda et alors âgée d’à peine 30 ans, la superbe actrice allait illuminer de son éclat nombre de productions bis avant de se retirer mystérieusement des plateaux au milieu des années 60, ne faisant plus la moindre apparition jusqu’à son décès en 2009. Gianna Maria Canale s’impose donc dans ce rôle de comtesse Bathory moderne, ne retrouvant sa véritable apparence que lors d’un final impressionnant proposant une superbe transformation à vue. Un effet spécial saisissant imaginé par Mario Bava lui-même et effectué à l’aide de simples maquillages révélés par des jeux de lumières habiles. Dario Michaelis, par contre, ne paraît pas des plus convaincants en journaliste s’improvisant détective amateur. Au niveau des décors, notons la reconstitution un peu factice mais très signifiante d’un Paris fantasmé par le spécialiste Beni Montresor, lequel construit dans les studios Titanus une capitale pittoresque et un château monumental doté d’un passage secret aboutissant dans une crypte macabre à souhait.

Bava, pour sa part, filme d’ailleurs l’ensemble du métrage avec un talent rare, compensant les faiblesses du script, camouflant la pauvreté du budget et tirant le meilleur parti possible de splendides décors gothiques. Les éclairages contrastés, les ténèbres menaçantes et la magnificence du scope noir et blanc assurent la réussite d’un long métrage certes un peu vieillot mais toujours efficace. La durée extrêmement ramassée (une heure quinze !) permet par ailleurs un rythme enlevé mais pose l’un ou l’autre problème tant l’intrigue semble parfois évolué par à coup ou suite à des coïncidences un peu grosses. Le climax manque également d’une véritable puissance et semble même précipité (« oh un passage que nous n’avions pas vu » déclare un policier !) mais qu’importe ces broutilles, Les vampires constitue une œuvre charnière pour le cinéma fantastique et un classique incontournable pour les amateurs, annonçant les futurs chef-d’œuvres du cinéaste comme Le masque du démon ou Opération peur.

Partagé entre deux grands noms du cinéma fantastique (Freda et Bava), Les vampires cultive une ambiance assez prenante de mélodrame, de romance impossible, de science (fiction) démente, de fantastique gothique et d’épouvante avec un ton très serial laissant la part belle aux rebondissements survenant à intervalles réguliers. Bref, une œuvre à savourer tranquillement un bon verre à la main et entre connaisseurs nostalgiques d’une horreur surannée.

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