Critique de film

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Vallée de Gwangi (La)

"The Valley of Gwangi"
affiche du film

A la fin du XIXème siècle, aux Etats-Unis, un groupe de cow-boys découvre et part explorer une mystérieuse vallée peuplée de créatures préhistoriques (animées par Ray Harryhausen), notamment un styracosaure, un ptéranodon et un jeune iguanodon. Après de nombreuses péripéties, les aventuriers parviennent à capturer au lasso un tyrannosaure nommé Gwangi (lui aussi animé par Ray Harryhausen, le ramènent en ville dans une cage improvisée et l'exposent dans un cirque. Mais le dinosaure parvient à s'échapper, se bat contre un éléphant (également animé par Ray Harryhausen) et sème la panique jusqu'à ce que l'on parvienne à l'enfermer dans une cathédrale où il meurt au cours d'un incendie. (Wikipedia)

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Les critiques à propos de ce film

Critique de La vallée de Gwangi - Un dinosaure dans l’Ouest
Par : Fred Pizzoferrato

Willis O’Brien, spécialiste des effets spéciaux (King kong, Le monde perdu) caressa longuement l’idée d’un récit d’aventures confrontant des cow-boys à un monstre préhistorique mais ne parvint jamais à le concrétiser. Il faudra attendre 1968, soit six ans après le décès de « Obie » pour que son disciple le plus célèbre, Ray Harryhausen, porte à l’écran cette intrigue, réalisée par James O’Connolly. Après une longue bataille juridique pour récupérer les droits de l’histoire imaginée par Willis O’Brien, le scénario va être remanié par Harryhausen lui-même puis par William E. Blast dont ce sera un des rares travaux non destiné au petit écran. La production sera évidemment assurée par le complice d’Harryhausen, Charles H. Scheer, pour le compte de la Warner. La mise en scène échoit à James O’Connolly, un cinéaste peu connu, qui travailla essentiellement à la télévision mais livra également deux ou trois productions horrifiques dont la plus connues est sans doute Le cercle de sang. Il assure ici, avec beaucoup de professionnalisme et même parfois un certain panache, la réalisation de cette production très familiale intégrant des éléments western à un récit d’aventures fantastiques dans la tradition de King kong. Bref, du pur bonheur à savourer avec le sourire. Et puis qui n’a jamais rêvé de voir des cow-boys lutter contre un dinosaure, une idée aussi simple qu’excitante pour tout amateur de cinéma de divertissement ?

L’intrigue prend place au tout début du XXème siècle, dans une petite ville du Mexique, et concerne une artiste de rodéo, T.J., effectuant un numéro risqué : un saut à cheval dans un baquet d’eau situé une dizaine de mètres plus bas. L’ex copain de T.J., un certain Tuck Kirby, souhaite pour sa part acheter la monture de la demoiselle pour son propre compte mais essuie un refus radical. Dépité, notre Tuck croise alors le chemin du paléontologue Horace Bromley à la recherche de fossiles pour étayer une théorie assez fantaisistes. Les deux hommes, et un jeune orphelin, finissent par découvrir un petit cheval préhistorique d’environ soixante centimètres de haut appelé Eohippus et bien vivant des millions d’années après sa supposée disparition. Or, l’animal, capturé par des gitans, est destiné à devenir l’attraction principale du numéro de T.J. qui désire en faire le clou de son spectacle. Après de nombreuses péripéties, les gitans retrouvent l’animal et le volent pour le ramener dans la vallée de Gwangi le Maléfique, un lieu oublié du temps dans lequel vivent encore des créatures préhistoriques. Gwangi lui-même est en réalité un imposant allosaure que les cow-boys vont réussir à capturer par un sérieux coup de chance (un glissement de terrain providentiel) et ramener pour en faire une attraction de cirque. Mais l’animal s’échappe et sème la panique dans la ville.

La vallée de Gwangi n’est sans doute pas un chef-d’œuvre absolu de l’Histoire du cinéma mais, pour beaucoup, il représente une sorte d’aboutissement du cinéma de divertissement familial. On y trouve pas mal d’emprunts aux westerns, une intrigue riche en péripéties reprenant la structure des films type King kong, un brin de romance, de nombreuses touches d’humour et un final spectaculaire dans la droite ligne des films de science-fiction cataclysmiques des années 50 comme Le monstre des temps perdus, Le monstre vient de la mer ou A des millions de kilomètres de la Terre.

Au niveau des effets spéciaux, Ray Harryhausen accomplit quelques prouesses et ses animations images par images sont très réussies et convaincantes. La vedette, le dinosaure Gwangi (un allosaure à l’étrange couleur bleutée !) est très bien intégré à l’image et rarement aura-t-on assisté à des interactions aussi fluides entre les acteurs et l’animal. Un tricératops, un cheval miniature et même un éléphant (permettant un superbe combat) sont également de la partie pour le plus grand plaisir du spectateur. Seul le ptérodactyle s’avère décevant, ainsi qu’un saut à cheval lors d’un spectacle de rodéo que l’on peut qualifier de complètement raté. La couleur de la bête varie également d’un plan à un autre suite à des problèmes d’altération du négatif si on croit Gilles Penso (dans sa bible indispensable « Stop-Motion » publiée chez Dreamland). Mais ce sont des broutilles en comparaison des superbes scènes d’affrontement entre dinosaures, sans oublier la séquence mémorable de la capture au lasso de Gwangi et un extraordinaire final situé dans une église en flamme. Des trucages merveilleux et pleins de charme, certes aujourd’hui dépassés techniquement mais tellement plus envoûtants que de banales animations par ordinateur.

Si l’attraction principale de La vallée de Gwangi reste les effets spéciaux, le metteur en scène sait néanmoins s’entourer d’un casting efficace plaçant en vedette James Franciscus. A l’époque l’acteur n’est connu que pour ses prestations dans diverses séries télévisées mais par la suite il trouva quelques rôles intéressants dans Le secret de la planète des singes, Le chat à neuf queues, Les naufragés de l’espace ou les plus bis L’invasion des piranhas, Airport 80 Concorde et même La mort au large. A ses côtés, on remarque un Richard Carlson en fin de carrière, lui aussi ayant surtout œuvré à la télé mais dont les cinéphiles se souviennent pour son rôle dans L’étrange créature du lac noir. Dans un rôle secondaire (une « méchante  » gitane) on retrouve enfin Freda Jackson, vue dans quelques films fantastiques comme Les maitresses de Dracula ou Die, monster, die ! Bref, un casting solide permettant de nombreuses scènes d’action ou des passages humoristiques. On a souvent reproché aux films d’Harryhausen (spécialement les plus tardifs comme les deux derniers Sinbad) de n’exister que par leurs seuls effets spéciaux mais La vallée de Gwangi offre un cinglant démenti à cette affirmation et se suit avec un rare bonheur. Malheureusement sa sortie fut un désastre et le film fut à l’époque un terrible échec qui faillit mettre un terme à la carrière de Ray Harryhausen. Revu après quarante ans, La vallée de Gwangi ne méritait absolument pas ce triste sort et s’impose comme un classique indémodable à voir ou à revoir avec bonheur.

Superbe récit d’aventures mené tambour battant, La vallée de Gwangi reste un pu plaisir et un sommet du divertissement fantastique familial. Les effets spéciaux de grande qualité, l’originalité de l’environnement western pour une telle histoire de monstre préhistorique et le final inoubliable, associé à une belle musique, un casting sympathique et un humour bien présent en font un enchantement dont on ne se lasse pas.

Commentaires sur le film

3 etoiles

merveilleux souvenir de mes premières dépenses de cinéma.

3 novembre 2009 à 23:11

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