Critique de film

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V pour Vendetta

"V for Vendetta"
affiche du film
  • Année de production : 2005
  • Réalisateurs : James McTeigue
  • Scénaristes : Larry Wachowski, Andy Wachowski
  • Acteurs : John Hurt, Stephen Rea, Hugo Weaving, Natalie Portman, Stephen Fry, Eddie Marsan
  • Musique : Dario Marianelli
  • Genre : Fantastique
  • Pays d'origine : USA
  • Durée : 2h10
  • Budget : 50 millions de dollars
  • [
  • Bande annonce
  • ]
  • Récompenses : Saturn Award de la Meilleure actrice (Natalie Portman) en 2007 Nominé aux Saturn Awards des Meilleurs costumes, du Meilleur film de science-fiction et du Meilleur scénario (2007) Nominé � l'International Award du Meilleur acteur (Hugo Weaving) à l'Australian Film Institute (2006) Nominé au CFCA Award du Meilleur réalisateur (2006) Nominé au CDG Award des Meilleurs costumes (2007) Nominé au Golden Trailer Award du Meilleur film d'action (2007) Nominé aux Satellite Awards de la Meilleure production et des Meilleurs effets spéciaux (2006)

Londres, au 21ème siècle... Evey Hammond ne veut rien oublier de l'homme qui lui sauva la vie et lui permit de dominer ses peurs les plus lointaines. Mais il fut un temps où elle n'aspirait qu'à l'anonymat pour échapper à une police secrète omnipotente. Comme tous ses concitoyens, trop vite soumis, elle acceptait que son pays ait perdu son âme et se soit donné en masse au tyran Sutler et à ses partisans. Une nuit, alors que deux "gardiens de l'ordre" s'apprêtaient à la violer dans une rue déserte, Evey vit surgir son libérateur. Et rien ne fut plus comme avant. Son apprentissage commença quelques semaines plus tard sous la tutelle de "V". Evey ne connaîtrait jamais son nom et son passé, ne verrait jamais son visage atrocement brûlé et défiguré, mais elle deviendrait à la fois son unique disciple, sa seule amie et le seul amour d'une vie sans amour...

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Les critiques à propos de ce film

V pour Vendetta - "Remember, remember, the fifth of November..."
Par : Chroniqueurs

Angleterre.
La verte Albion est aux mains du fascisme. Le " Système ", appareil d’état omniprésent, surveille tout et tous. Dans cet enfer où la répression brutale et les humiliations individuelles sont monnaie courante, chacun s’est résigné à son sort. Personne n’ose plus se battre contre le Système. Personne... sauf V. Mais qui est V ? Un idéaliste qui veut allumer l’espoir au cœur d’un monde trop noir ? Un tragédien mégalomane emporté par sa passion pour Shakespeare ? Un bouffon qui souhaite rire aux dépens de l’ordre établi ? Un anarchiste aux idées révolutionnaires dépassées ? Un terroriste fanatique qui ne reculera devant lien pouf abattre le gouvernement ou simplement un fou ? El si V était simplement synonyme de vengeance ? V... pour Vendetta !

A l’annonce de l’adaptation de la fantastique BD de Alan Moore, V for Vendetta, dire que les attentes des fans étaient nombreuses est un euphémisme. Considéré comme le graphic novel le plus subversif qui ait été dessiné, nombreux sont ceux qui craignaient une édulcoration pure et simple du propos de Alan Moore.
Ce sont donc les créateurs de Matrix, apologie cinématographique de la culture underground, qui se sont lancés dans l’aventure. On retrouve ici certains des artifices des frères Wachowski, comme ce rapport conflictuel à l’autorité, déjà sousjacent dans leur trilogie précédente, ou dans la chorégraphie des scènes d’action. Le réalisateur James Mc Teigue devait ainsi être "épaulé" par ses désormais renommés producteurs ...
Mais là n’est pas l’intérêt premier de ce film. Pour une fois, dans un blockbuster, tout est dans le message. Et c’est là que V pour Vendetta fait fort : financé par une major, il relaye malgré tout les propos tenus dans son média d’origine.

Londres est soumis à la dictature. La liberté d’expression est inexistante, y compris au sein même de l’ordre établi. La manipulation de l’opinion publique s’effectue par le biais des médias, omniprésents dans la vie des citoyens, que ce soit pour promouvoir les actions du régime en place ou pour discréditer les (rares) opposants. L’étroitesse d’esprit est également caractérisée visuellement par le minimalisme architectural, et le refus du droit à la culture. Dans ce contexte social rappelant les pires heures de notre histoire, différents types de résistances se profilent.
Tout d’abord, la résistance intellectuelle, passive, qui consiste à accéder à ses droits à l’insu des autorités, comme ce professeur qui a aménagé dans son appartement une pièce cachée où il entrepose des objets d’arts et oeuvres littéraires. Entretenant un rêve de liberté, il refuse toute idée de violence : pour vivre libres, vivons cachés ...

Puis il y a l’action, la revendication à haute voix de sa liberté, la voie qu’a choisi V. Et c’est là que le film est intelligent. V est a priori l’exact opposé du système qu’il combat : véritable révolutionnaire, il agit pour le réveil des consciences, son intérieur est raffiné, presque gothique, sa culture semble immense et hétéroclite (son remember, remember, the fifth of November est directement tiré d’une chanson de John Lennon), sa liberté de penser anticonformiste captivante. Les actions qu’il entreprend sont mises en scène avec un goût prononcé pour le théâtral et la symbolique (la scène d’ouverture). Mais il choisit de combattre le Mal par le Mal, au risque de se perdre. Par là même, le personnage interprété par Natalie Portman est le révélateur de la condition de V. A l’instar du spectateur, elle est tout d’abord fasciné par ce héros sorti de nulle part, qui ose affronter seul un régime afin de provoquer les changements salutaires dont le monde à besoin. Mais elle en a peur également : elle est captive dans une prison dorée, assiste à la vendetta terroriste de son hôte, ce qui sème le trouble dans son esprit. Devenu lui même un extrême, V n’agirait-il pas par pure vengeance, où est-il totalement devenu esclave de ses idéaux ? Le film pose ainsi cette question : quel que soient les totalitarismes auquel nous sommes confrontés, jusqu’où peut-on aller pour retrouver la liberté ? Doit-on opposer aux extrémismes une autre sorte d’extrême ? L’ambiguité du personnage de V, incarnation de la volonté de changement et en même temps le symbole du terrorisme, démontre ainsi l’originalité du traitement de ce sujet difficile. Ce refus du manichéen est un des atouts majeurs du métrage.

Le casting, fort bien choisi, est à la hauteur du film. Hugo Weaving campe un V complexe, tour à tour fascinant et effrayant. Voir le film en V.O permet de prendre pleinement la mesure de sa prestation. Quant à Natalie Portman, elle tient là son rôle le pus difficile jusqu’à présent, et confirme ce qu’elle laisse penser depuis Léon : c’est une grande actrice, destinée à une grande carrière. Et c’est avec grand plaisir que l’on retrouve Stephen Rea, impeccable en inspecteur de police en proie au doute. La mise en scène est efficace, illustrant parfaitement le message porté par le film, que ce soit dans les décors ou dans les mouvements de caméra, sans exagérer par des artifices visuels qu’il aurait été facile de disséminer tout au long du film, ce qui en fait définitivement un blockbuster vraiment pas comme les autres !

Par son refus du compromis, V pour Vendetta est un pamphlet anti-totalitaire, subversif au discours contestataire et révolutionnaire comme on n’en avait pas vu depuis ... allez, Zombie de Romero ! Un chef d’oeuvre à voir et à revoir, à l’heure où les extrêmismes de toutes sortes émergent aux quatre coins du monde ....

Remember, remember, the fifth of November ....

Commentaires sur le film

5 etoiles

coups de coeurCoup de coeur !

La morale du film sont les évènements se déroulant le jour de la fête nationale Anglaise, jour qui représente la liberté et les sacrifices qu’il a fallu faire pour obtenir ces libertés, le film aurait bien pu être filmé en France le 14 juillet, l’effet aurait été le même. Nos sociétés ont combattu pour parvenir à obtenir nos libertés d’action, d’expression… et ce n’est pas à nous de condamner notre liberté mais aux pays en opposition à notre liberté de ce battre pour la leur.

22 septembre 2008 à 15:09 | Par Haddonfield

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