Critique de film

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Universal soldier: Day of reckoning

"Universal Soldier: Day of Reckoning"
affiche du film

Après avoir été plongé dans le coma, John se réveille et découvre que sa famille a été massacrée. Hanté par les images de ce meurtre, il va se lancer à la poursuite du bourreau, Luc Deveraux...

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Trailer - Universal Soldier 4 : Le Jour du Jugement (2012)
Par : Damien Taymans

Les critiques à propos de ce film

Critique de Universal Soldier : Le jour du jugement - Apocalypse now !
Par : Fred Pizzoferrato

Tourné en 1992 par un Roland Emmerich en pleine ascension vers le blockbuster sur-budgété, Universal Soldier marquait, également, le sommet commercial d’un Jean-Claude Van Damme devenu star international du film d’action. Malheureusement, cette réussite annonçait déjà le déclin inexorable de Monsieur « Muscles from Bruxelles » qui, en dépit de plaisants divertissements (ses collaborations avec Peter Hyams et Ringo Lam restent les meilleurs de sa carrière), sombra ensuite dans les sous-produits shootés en vidéo.

Décidé à remonter la pente, Van Damme accepte, en 1999, un Universal Soldier 2 : le combat absolu, lequel succède à deux suites produites pour la télévision et situées dans un « univers alternatif » (Universal Soldier 2 : frères d’arme et Universal Soldier 3 : ultime vengeance). Si Universal Soldier 2 : le combat absolu se révèle un échec au box-office, les ventes massives de K7 vidéo rendent néanmoins le produit rentable en dépit de sa médiocrité.

Il faut toutefois attendre dix ans pour que la franchise renaisse de ses cendres sous l’égide du talentueux John « fils de Peter » Hyams qui emballe le modeste mais très correct Universal Soldier : Régénération en 2009, lequel oublie totalement les événements survenus tant dans les téléfilms que dans la première séquelle cinématographique. Les bons scores sur le marché locatif entrainent la mise sur pied d’un nouveau chapitre, Universal Soldier : le jour du jugement qui se refuse pourtant à jouer la carte de la facilité pour, au contraire, explorer des territoires surprenants.

Dans un futur proche, deux UniSols dissidents, Luc Devereaux et Andrew Scott décident d’instaurer un nouvel ordre mondial totalitaire après s’être affranchis de leur conditionnement imposé par le gouvernement. Mais un amnésique, John, dont la femme et la fille ont été tuées par Devereaux s’interpose et met en échec leur plan de conquête planétaire…

Dès les premières minutes, John Hyams prend le contre-pied des attentes et présente, en guise d’introduction, une scène de « home invasion » brutale (et adroitement filmée !) au cours de laquelle la famille de Scott Adkins est assassinée par les sbires de Jean-Claude Van Damme. Pourquoi ce retournement de veste ? Le long-métrage ne le précisera jamais, laissant dans l’ombre le large laps de temps (environ 5 ans) écoulé entre le troisième film et ce nouvel épisode.

Car John Hyams démontre de l’ambition à revendre et se fiche de proposer un produit prémâché uniquement destiné aux fans des précédents volets. Au contraire, il est soucieux d’orienter la franchise dans une nouvelle direction, nettement plus intimiste et… intellectualisée. Le mot est lâché à dessein devant les tentatives du cinéaste de proposer une variation sur Apocalypse Now au tempo souvent contemplatif. John Hyams illustre ainsi, sans craindre les lenteurs, la quête existentielle de Scott Adkins pour retrouver sa mémoire et déterminer s’il est un être humain, un UniSol ou un clone. Des thématiques plus proches des romans de Philip K. Dick et de leurs adaptations à l’écran (Blade Runner en tête) que du blockbuster pétaradant attendu par le public. D’où la décision surprenante de reléguer au second plan Jean-Claude Van Damme et Dolph Lundgren, lesquels interviennent essentiellement durant les vingt dernières minutes pour affronter, tour à tour, Adkins.

Soucieux d’imposer sa patte « auteurisante », John Hyams développe par ailleurs une nouvelle mythologie tout en restant (volontairement ?) flou sur les implications de ce nouveau totalitarisme dont rêve les UniSol. La quête identitaire de son héros, malheureusement bien plus convaincant dans l’action que durant les scènes d’introspection, est d’ailleurs réalisée de manière appliquée, voire affrétée, le cinéaste souhaitant se démarquer du côté « direct to vidéo » du précédent épisode pour privilégier une ampleur surprenante. D’où un rythme étonnamment lent qui privilégie les moments d’attente et les temps morts au détriment des poursuites et combats, tout en se réservant des explosions de violences aussi surprenantes que sauvages.

Au rayon action, Universal Soldier : le jour du jugement délivre cependant quelques scènes explosives qui démontrent le talent de John Hyams pour emballer sans beaucoup d’argent des passages brutaux et furieusement gore. Les vingt dernières minutes, par exemple, jouent la surenchère barbare après un plan séquence incroyable au cours duquel l’iconique Scott Adkins avance dans un couloir obscur en dégommant des dizaines d’adversaires. Le climax, pour sa part, prouve que Lundgren, complètement déjanté, et Van Damme, maquillé de rouge et réellement effrayant, peuvent encore décocher quelques coups de pieds rageurs et efficaces.

Affichant une durée de presque deux heures, Universal Soldier : le jour du jugement est clairement trop long pour ne pas, à plusieurs reprises, ennuyer le spectateur, souvent perdu dans le trip identitaire d’un héros déboussolé. Cependant, difficile de blâmer John Hyams pour proposer un film qui ne respecte aucunement le cahier des charges attendues et fait preuve d’une liberté de ton surprenante. Inespéré pour la troisième séquelle d’un divertissement popcorn sans beaucoup de consistance.

Reste à savoir si cette approche plaira aux fans de la saga ou si le cinéaste parviendra à convaincre les réticents de donner une chance à ce produit bâtard et imparfait mais suffisamment couillu et osé pour mériter, à tout le moins, une vision curieuse.


Critique d’Universal Soldier 4 : Day of Reckoning
Par : Chroniqueurs

Par Nicolas Mouchel

Très fréquemment (pour ne pas dire continuellement), l’attente d’un film conditionne l’appréciation qui en découle. C’est comme ça. Agréables surprises et fortes déceptions participent de l’impatience ou de la totale découverte d’une oeuvre. Enterrer un film avant de l’avoir vu sur l’autel d’un jugement hâtif sous prétexte qu’il trimballe une ribambelle de casseroles au derrière ou, plus prosaïquement, qu’il n’a pas été réalisé avec les personnes adéquates, est monnaie courante.

C’est le sort que le plus grand nombre de spectateurs (et moi en premier) peut facilement attribuer, avant même de l’avoir vu, à un film comme Universal Soldier 4 : Day of Reckoning. Un titre qui, déjà, propose sa part de rêve... Car ce quatrième volet de la saga initiée par Roland Emmerich en 1992, bien que projeté hors-compétition au dernier PIFFF, apparaissait clairement comme l’un des films les moins attendus de la manifestation parisienne. Sauf que... Une vision sur l’écran du Gaumont Opéra Capucines plus tard, force est de constater que nous, fossoyeurs de péloches radioactives, nous sommes magistralement plantés dans les grandes largeurs.

Chair à canon et matière grise

Réalisé par John Hyams, fils de Peter (Outland, Capricorn One, 2010), déjà aux manettes du troisième épisode, ce Day of Reckoning n’a pas grand chose à voir avec le sous-produit “Direct-to-DVD” auquel on s’attendait. Après, film réussi ou pas, c’est une autre histoire, mais force est de reconnaître que ce quatrième opus prend une direction inattendue pour un objet filmique résolument... autre.

Dès l’entame, la première scène interpelle par son audace, sa réalisation, sa violence. Filmée entièrement en caméra subjective, elle place le spectateur dans la peau de John, père de famille, qui va voir femme et enfants se faire abattre sous ses yeux. Une entrée en matière qui n’est pas sans rappeler le travail effectué par Gaspar Noé sur la représentation à la première personne de son Enter the Void. La suite ne contredira pas cette mise en bouche pour le moins expérimentale. John Hyams a clairement décidé de s’approprier la franchise Universal Soldier, et d’en faire quelque chose de foncièrement autre. Il ajoute aux scènes de combats attendues des moments d’introspection, légitimés par un scénario qui tente d’explorer la question de l’identité et de l’endoctrinement. Pour cela, il prend le temps de filmer Scott Adkins dans de longs plans aux cadres travaillés. Hyams ne fait pas un film, il donne à voir du cinéma. Nuance. Son ambition est réelle et grande au sein de ce “vulgaire” épisode d’une saga molle du bulbe. Et pour arriver à ses fins, le cinéaste n’a pas peur de convoquer de grands noms, empruntant pêle-mêle à Coppola (Apocalypse Now), Cronenberg (Existenz), Noé, mais également, pour la forme, certaines séquences tout droit sorties d’un jeu vidéo.

JCVD Kurtz !

Car dans son entreprise de méta-film, Hyams n’oublie pas non plus le cahier des charges de la franchise ni le public venu voir de la tatane dans la gueule, du Van Damme ankylosé, et des empoignades homériques. Et là encore, le réalisateur bluffe son monde avec des scènes d’action lisibles et claires comme de l’eau de roche, au sein desquelles, jamais le spectateur n’est perdu. A ce titre, la scène du massacre dans le bordel et l’assaut final et sa succession de combats violents en faux plan-séquence, sont des modèles du genre. Le tout est évidemment porté par des brutes sans noms, un cast dominé par un Scott Adkins surprenant et charismatique, un Andrei Arlovski massif, un Dolph Lundgren qui joue les utilités mais qui le fait bien. Reste le cas Van Damme, sur lequel le film repose fort logiquement. Ses apparitions sont sporadiques, tout en crane rasé, mâchoires serrées et regard... bovin. Quant à l’affrontement final qui l’oppose à Adkins, il y arbore une magnifique tronche peinturlurée (le Colonel Kurtz d’Apocalypse Now est tout prêt), sans que cela soit justifié dans le scénario. Mince... Bah non, une astuce pour mieux camoufler la doublure qui effectue les scène de castagne à sa place... Triste... Une petite déception qui ne vient pourtant pas remettre en cause tout ce qui a précédé, au même titre qu’un scénario au final trop ambitieux et pas loin d’être incompréhensible, et qu’une durée un peu excessive de deux heures.

Car au final, Universal Soldier : Day of Reckoning balaye ses faiblesses génétiques d’un coup de pied retourné du plus bel effet, en offrant aux amateurs de film de castagne un peu ambitieux, un bien beau produit absolument jouissif. Et ça, pour une surprise...


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