Critique de film

pub

Trick'r Treat

"Trick'r Treat"
affiche du film

Le soir de Halloween, dans une ville, ceux qui ne suivent pas les règles de cette fête le font à leurs dépens...

pub

Les critiques à propos de ce film

Critique de Trick’r’Treat - Les bonbons ou la mort
Par : Metzgerin

Diffusé en clôture du FEFFS, Trick’r’Treat est le genre de bobine littéralement jouissive pour le spectateur féru de cinéma d’horreur, puisqu’elle se base sur un des mythes fondateurs de la culture bis : Halloween. Jouant les clichés pour mieux les détourner, le film de Michael Dougherty insuffle une énergie nouvelle à un pitch pourtant ultra-classique et repris des centaines de fois. Ici, pas de psycho-killer masqué à la Mike Myers, le boogeyman principal étant plutôt considérable comme un lointain cousin du Leprechaun, les trèfles en moins.

Si l’action se déroule dans les environs d’une même ville, celle-ci ne s’axe pas autour d’un unique personnage, mais d’une dizaine de personnes aux vies et aux attitudes totalement opposées, qui finiront cependant par se retrouver de manière fortuite dans des situations dignes des meilleures histoires des Contes de la Crypte. Le mot est donné dès le générique, qui rappelle celui du particulièrement original Repo ! The Genetic Opera pour son atmosphère très comic book : Trick’r’Treat est une véritable bande dessinée, ancrée dans le fantastique jusqu’à la moelle. S’il débute par la mise en scène d’une angoisse assez classique, à savoir celle du jeu du chat et de la souris, il se trouve que chaque histoire se voit dotée d’une fin plus ou moins barrée.

Dans cette ville paisible où tout le monde semble festoyer et s’amuser, il y a un bon nombre de personnes qui ne partagent pas cette bonne humeur. Il y a les vieux aigris, les jeunes blasés et ceux qui sont carrément lassés par le folklore, ne respectant aucun des rituels, soi-disant élaborés dans le but de protéger la populace des démons en liberté. Et si les générations précédentes étaient bien plus ouvertes à ces principes, les nouvelles s’en foutent carrément… et tout finit par leur tomber dessus. C’est l’enjeu même du film de Michael Dougherty. Sous des allures de teen-movie, la nuit d’Halloween devient l’occasion rêvée pour picoler, occuper sa nuit… sans compter les intentions moins innocentes !

Si, évidemment, un croque-mitaine se faufile dans la foule pour faire couler du sang de pseudo vierge, non factice cette fois-ci (petite pensée pour Thanksgiving, le trailer fake d’Eli Roth), les créatures qui profitent de l’occasion ne sont pas de simples métaphores, et, à la différence de leurs imitateurs, savent se montrer plus discrètes, mais non moins efficaces ! De cette idée résultera une scène surprenante et délurée, où loups-garous et vampires ôtent leurs « robes » de soirée pour se tailler un steak, dans une ambiance très proche du Une Nuit en Enfer de Robert Rodriguez. Et rien que pour ce putain de plan totalement décalé, le film mérite d’être vu !

Comment faire un film sur Halloween sans aborder les mythes urbains et autres racontars à narrer au coin du feu ? Michael Dougherty a revisité de fond en comble la fête de Jack’O’Lantern, nous servant également une histoire d’enfants attardés tués par le chauffeur d’un bus. Et ce ne sont pas les quelques ados avec leurs citrouilles qui réussiront à les apaiser… Bien au contraire, ce deviendra l’occasion rêvée pour orchestrer leur retour, épaulés par une bestiole farfadesque qui n’hésitera pas à sévir plusieurs fois…

Trick’r’treat est une sorte de film-labyrinthe, chaque cliché et chaque personnage ouvrant sur une nouvelle histoire, qui se recoupe dans une autre, et ce via un astucieux procédé de changement de point de vue. Le genre de série B qui permet de passer un bon moment, et qu’on regrette de ne pas voir en salle plus souvent, car étant certainement autant appréciable par un fana du genre qu’une personne moins excitée par le genre.


Critique de Trick’r’Treat - D’une corrosive douceur...
Par : Damien Taymans

Comme l’affirme l’adage, les traditions ont souvent la vie dure. Alors que les rues américaines sont inondées à la même période de citrouilles-lanternes et de décorations en tous genres, la fête d’Halloween ne bénéficie que d’une place très mineure au sein du cinéma de genre. Souvent, celui-ci a réduit l’événement à un contexte approprié pour faire naître la terreur, sans jamais chercher à exploiter complètement les potentialités offertes par cette étrange célébration. Conscients du potentiel inhérent à cette festivité d’origine païenne, Carpenter et Hill avaient ouvert la brèche trente ans plus tôt et avaient finalement dû se résigner à conserver le personnage de Michael Myers, initialement prévu pour n’être qu’un furtif boogeyman. Fidèle à ses aînés, Dougherty plante dès sa première séquence un joli clin d’œil malicieux au chef-d’œuvre de Big John via la vision subjective d’un tueur potentiel.

Trick’r treat s’extrait de suite de cet élan référentiel et séduit a contrario par un style propre et une dynamique narrative et formelle vachement originales. Anthologie à la sauce Creepshow (l’intro sous forme de comic n’est pas innocente), l’œuvre de Dougherty propose un spectacle réjouissant, où se côtoient fantômes, loups-garous, monstres, serial-killer qui tous croisent la route de Sam, croque-mitaine à la silhouette enfantine flanqué d’une terrifiante tête de citrouille. Un personnage repris par Dougherty de son court Season’s Greetings (sorte de prémisse au florilège trash qu’est Trick’r treat) qui relie entre elles les différentes saynètes de l’anthologie, en apparence indépendantes les unes des autres.

Pourtant, chacune de ces intrigues s’entremêle aux autres et partage avec elles personnages, plans et répliques qui se voient ré-insérés grâce aux nombreux points de vue que le cinéaste adopte. Une narration alambiquée, assez proche dans sa structure aérienne de celle du cinglant et poétique Elephant de Gus van Sant, un procédé qui constitue autant la force que la faiblesse du métrage : élimant ses ficelles à l’excès, la pellicule tombe dans un systématisme assez navrant et ne peut éluder l’effet « split plot » qu’elle cultive souvent avec maladresse. Dès lors, on se perd dans ce film labyrinthique, semé d’embuches et de trompe-l’oeil qui égare pour mieux surprendre. Et, en matière de surprises, l’oeuvre n’est pas en reste : casting impressionnant (Brian Cox, Anna Paquin et quelques nouveaux-venus très convaincants), mise en scène inventive (la sublime séquence de déshabillage lycanthropique ou la plongée au-dessus de la palissade) et astucieuse manipulation des conventions (des personnages clichés muent en d’improbables créatures, resservant efficacement des mythes urbains et autres histoires de feu de camp archi-traditionnels) font de ce premier essai en long format de Dougherty un véritable coup de maître.

Attendu depuis des plombes sur le vieux continent, Trick’r treat constitue l’une des bandes les plus réjouissantes de cette fin d’année. Démarrant assez timidement, la pellicule gagne en intensité et devient de plus en plus sanglante au fil des minutes, conviant le spectateur au gré d’une narration confuse à un déluge de terreur.


Critique de Trick’r Treat - Une citrouille peut en cacher une autre
Par : Geoffrey Marmonier

Il est étonnant de constater que mis à part la célèbre série initiée par John Carpenter, finalement peu de films d’horreur se sont intéressés aux mythes et légendes liés à la célèbre nuit d’Halloween. Resté dans les cartons de Warner pendant deux ans malgré le prestigieux parrainage de Bryan Singer et des échos plus que favorables des chanceux qui ont pu le voir, le premier film de Michael Dougherty (scénariste notamment de X-Men 2 et Superman Returns) entend bien combler ce vide. Et pour ce faire, Trick ‘r Treat utilise la formule du film à sketches. Un genre casse-gueule, donnant des œuvres souvent bancales à cause de la qualité variable des histoires compilées.

Conscient de cet écueil présent chez nombre de ces prédécesseurs, Michael Dougherty prend le parti de chambouler les codes de ce genre de films. Les quatre histoires composant le film ne seront donc pas racontées les unes après les autres mais en même temps, le scénario passant de l’une à l’autre de façon fluide, toutes étant de surcroit intimement liées entre elles. En effet, les histoires racontées dans Trick ‘r Treat se déroulent toutes au cours de la même nuit d’Halloween, dans la même petite ville, et certains des personnages apparaissent dans plusieurs d’entre elles. Une bonne idée, qui permet de donner au film une homogénéité qui fait très souvent défaut à ce genre de longs-métrages. De plus, le fait d’interrompre une histoire pour passer à une autre pour ensuite revenir à la première permet de faire monter le suspense, sans que le réalisateur n’abuse trop de cet artifice. Du coup, les quatre histoires racontées ont beau être des plus classiques (les déboires d’un serial killer avec les cadavres de ses victimes, une frêle jeune fille prise pour cible par un vampire, une blague d’Halloween qui tourne mal, un vieil acariâtre qui se retrouve confronté à une étrange créature), cette structure particulière permet de pleinement les apprécier et renforce leur impact (d’autant que Dougherty n’hésite pas à transgresser certains tabous, comme celui de tuer un certain nombre de gosses dans le film). Le film est aussi très ludique, d’une part parce qu’il est bourré d’humour noir, mais aussi grâce au sympathique jeu de piste consistant à repérer les liens entre les différentes histoires.

Le lien principal entre tous ces récits est d’ailleurs le fameux Sam, étrange petit bonhomme au centre des affiches du film, et présent furtivement à chaque histoire (le dernier sketch lui donnant la vedette). Sam est une sorte d’esprit d’Halloween veillant à ce que les anciennes traditions de cette fête soient respectées. Et malheur à qui enfreindra les règles car cet étrange personnage n’hésite pas à punir sévèrement les non croyants ! Une façon pour Dougherty de rappeler qu’avant d’être une inoffensive soirée d’amusement pour petits et grands, Halloween était une célébration païenne au cours de laquelle les morts revenaient parmi les vivants, et qu’il valait mieux respecter certaines règles pour se protéger de ceux-ci…

L’autre gros atout de Trick ‘r Treat, c’est le soin visuel évident apporté à tout le film. Que ce soit le magnifique générique sous forme de bande dessinée hommage à Creepshow et aux EC comics, ou encore l’extraordinaire photographie de Glen McPherson (John Rambo, One missed Call) créant de saisissante images (le porche de Mr Kreeg couvert de citrouilles, la carcasse fantomatique d’un bus à moitié enfoncé dans une carrière…), tout concourt à faire du film un régal pour les yeux. Les effets spéciaux ne sont pas en restes, et si le film est un peu avare en gore, il propose néanmoins de magnifiques loups-garous (et une métamorphose originale), ainsi qu’une nouvelle icône du film d’horreur dans le personnage de Sam. Enfin, cerise sur le gâteau, le film est doté d’un casting solide, sans têtes d’affiches hyper connues (mis à part Brian Cox et Anna Paquin, tous deux transfuges de l’univers X-Men), mais parfaitement choisies pour chaque rôle. Mention spéciale à Dylan Baker dans le rôle du principal serial killer, tout simplement jouissif.

Incompréhensible dès lors que le film ait mis autant de temps pour sortir, tant il regorge de qualités qui le rendront certainement très vite culte. Heureusement que Warner a mis les petits plats dans les grands avec la sortie en Blu Ray qui permet d’apprécier pleinement la magie de cet excellent train fantôme. On attend du coup avec intérêt le prochain essai du jeune réalisateur, qui plancherait entre autres actuellement sur une suite du film. Vivement !


Commentaires sur le film

euh...alors TRICK !

5 etoiles

coups de coeurCoup de coeur !

Les nombreuses et indéniables qualités du film ayant été largement décryptées, je me contenterai de dire que TRICK R TREAT m’a offert le plaisir rare de retrouver ce que j’aimais gamin en écumant les video clubs à me gaver d’images. Un vrai film fantastique, pas cynique mais ironique, pas second degré mais drôlement noir, ciselé dans son moindre détail, un bonheur de fétichiste du genre. C’est plutôt rare.

4 février 2010 à 17:02 | Par Lucio_lives
A voir et revoir !

5 etoiles

coups de coeurCoup de coeur !

Très bon film, si seulement ils en faisaient plus souvent !

18 février 2017 à 01:02 | Par Aze

Donnez votre avis sur le film !

En résumé
ecrire un commentaire sur le film
;



Récentes critiques

affiche du film
The Babysitter
2017
affiche du film
Ça
2017
affiche du film
The Black Room
2016
affiche du film
Spider-Man: Homecoming
2017
affiche du film
Okja
2017
affiche du film
Underworld: Blood Wars
2016
affiche du film
Wonder Woman
2017
affiche du film
Pirates des Caraïbes : La vengeance de Salazar
2017
affiche du film
The End
2016
affiche du film
Small Town Killers
2017

Cinemag

> Feuilleter

Concours

Sondage