Critique de film

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Trauma

"Trauma"
affiche du film

Aura Petruscu, une jeune fille anorexique de 16 ans, s'évade d'un hôpital psychiatrique et rencontre David. Elle est ramenée à ses parents, qui sont décapités le soir des retrouvailles. Aidée par David, la jeune fille va mener l'enquête pour arrêter l'assassin, mais celui-ci continue à tuer d'une façon effroyable...

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Les critiques à propos de ce film

Critique de Trauma - Les débuts de la belle Asia...
Par : Quentin Meignant
Tags : Giallo

L’heure du changement a sonné pour Argento en 1993 ! Alors que le génialissime réalisateur transalpin nous avait habitué à une horreur bien sanglante et décrivait acerbement le caractère humain, il nous offre, avec Trauma, une vision plus humaniste des choses. Il décide en effet de se pencher sur les aventures et surtout les déboires d’Aura, jeune anorexique dont les parents viennent d’être décapités.

Jusque là, rien de bien novateur ! Mais voilà, une fois n’est pas coutume, Argento décide de placer la vision qu’il nous donne de son scénario dans le camp des « gentils ». Nous pouvons dès lors assister aux souffrances des héros lors d’une enquête qui, grâce à des meurtres fort bien mis en scène, ne manque pas de piquant (ou plutôt de tranchant si l’on s’en réfère aux nombreuses décapitations).

C’est d’autant plus fort qu’une fois de plus, Argento, maître de l’angoisse par excellence, signe lui-même un scénario pas si évident que cela à boucler. Bien sûr, Il Maestro a bénéficié de relectures de gens de talent puisque Romoli et Ferrini, argentistes depuis des années, ont peaufiné l’ensemble.

Certes, le screenplay n’a peut-être pas non plus la consistance de ceux qui ont fait le succès de Ténèbres et des Frissons de l’angoisse, mais il est néanmoins fortement appréciable en comparaison des oeuvres dites « gentilles » d’Argento, comme The card player, Le sang des innocents ou encore Vous aimez Hitchcock ?.

Ce thriller mystérieux et envoûtant nous emmène, sous la forme d’une enquête peut-être parfois un peu trop conventionnelle, sur les traces d’un secret ancré dans la mémoire d’un meurtier totalement sadique. En fin de compte, on se rend compte que chaque acte posé par ce sinistre individu a une signification bien plus profonde qu’il n’y paraît.

Mieux, Argento arrive à montrer toute la souffrance que ressent ce serial-killer. Le flash-back qui explique le pourquoi des meurtres est parfaitement réussi et donne toute sa dimension psychologique tant à l’oeuvre et qu’à l’assasin. C’est avec une certaine empathie que l’on perçoit alors toutes les monstruosités commises par ce dernier, tant le destin (et les gens de son passé) paraît cruel avec lui.

Toutes les scènes de meurtre mènent bien sûr le spectateur à vouloir en savoir plus mais, surtout, donnent une bonne dose d’hémoglobine et de sadisme aux fans d’un Argento égal à lui-même sur ce point. L’inventivité des scènes de crime porte clairement sa griffe et cette « machine à décapitations » a de quoi rebuter plus d’une âme sensible. La puissance du dénouement et de son acteur principal (un petit garçon trop curieux) est tout à l’honneur d’une intrigue qui n’aura tout de même pas ménagé nos intestins !

Ainsi, lorsque le Dr. Lloyd perd la vie, décapité par un ascenseur, c’est clairement à un gore jubilatoire que nous avons à faire. Le cri de la tête (alors détachée du corps) renforce encore un petit peu ce côté délirant d’une scène, qui est la seule qui peut prêter à sourire.

Au-delà de l’oeuvre en elle-même, le film vit la véritable naissance artistique d’une étoile : Asia Argento. Pour la première fois de sa carrière, l’actrice-réalisatrice tient le premier rôle ! Cette grande dame du cinéma, aujourd’hui réalisatrice à succès (Le livre de Jérémie est une oeuvre tout simplement exceptionnelle !), avait déjà bien montré le bout de son nez dans Démoni 2 de Lamberto Bava et quelques autres oeuvres secondaire, mais c’est après avoir interprété ce personnage d’Aura qu’elle fut vraiment prise au sérieux dans la profession.

Elle donne réellement toute la dimension tragique à ce personnage pris en pleine tourmente. On reconnaît déjà en elle le grand talent et un côté on ne peut plus sexy, même si elle n’est pas encore « bien formée ». A elle seule, elle convaincrait certains des détracteurs (Si, je vous jure, ça existe !) de son père à encenser Trauma ! Une star est née et c’est sans doute là le plus grand mérite du film.

Par contre, là où la déception est grande, c’est au niveau de la bande originale, signée Pino Donaggio. Rarement le compositeur à succès (Carrie, Piranha, Hurlements, La secte,...) était apparu aussi peu à son aise. La musique ne sert clairement que de bruit de fond tant elle se fait discrète. C’est assez dommage pour un compositeur de talent comme Pino !

En fin de compte, même si Trauma est loin d’être le meilleur Argento, il s’agit tout de même d’un tournant de la carrière du réalisateur. C’est aussi l’occasion de découvrir les premiers vrais pas de sa fille dans une industrie cinématographique qu’elle domine désormais de la tête et des épaules !


Critique de Trauma - Quand les Américains dénaturent Argento...
Par : Damien Taymans

L’année 1993 et la réalisation de Trauma marque un virage important dans la carrière de Dario Argento. Le réalisateur de Suspiria a alors l’opportunité de séduire outre Atlantique après avoir réalisé un premier film aux States avec George Romero : Deux yeux maléfiques. Cependant, cette première expérience ne s’avère pas réellement fructueuse pour le réalisateur et ce, pour deux raisons flagrantes. La première est que le maestro n’écope que d’un segment d’une heure, de plus une adaptation d’une histoire d’Edgard Allan Poe qui ne lui permet pas de mettre réellement à l’avant son savoir-faire créatif. La seconde raison est que ce segment pour lequel Argento a pris d’énormes risques scénaristiques (modernisation de la nouvelle Le chat noir) n’est pas une réussite et n’a pas suffi à charmer le public américain.

Avec Trauma, Argento a la possibilité de laisser une empreinte indélébile dans l’esprit du public américain. En termes d’adaptation, Argento n’est pas en reste puisqu’il va lui-même s’adapter au milieu dans lequel il tourne. Délaissant pour un temps ses visions oniriques et cauchemardesques, le réalisateur adopte une vision plus réaliste, plus pragmatique, davantage prisée par les Américains. Trauma constitue sans aucun doute le thriller (en réalité giallo déguisé) le moins axé sur le domaine du rêve et de ses représentations. Plus encore, Argento y atténue sa vision horrifique des meurtres, les rendant plus sages, plus timorés. Un choix compréhensible à la lueur des paliers d’indulgence des critiques américains en regard de ceux italiens, plus permissifs.

En atténuant ses propos et en les mélangeant à la sauce américaine, Argento a malheureusement contribué à dénaturer sa conception artistique. Trauma se fait le porte-parole d’un Argento malade, rongé par le doute, à l’image de son héroïne Aura. Ne s’engageant jamais vraiment dans son sujet ni dans son ambiance, le réalisateur livre une œuvre se situant davantage du côté du policier que du thriller pur et simple. Portée par une musique étonnamment lourde, l’action a bien du mal à se démarquer et à livrer un tant soit peu de suspense. Au contraire, certaines scènes prêtent à sourire. Quand on contemple ces têtes détachées de leur corps qui se mettent à gigoter les lèvres et à balbutier quelques mots, on se dit que le réalisateur de Ténèbres n’est plus ce qu’il était et qu’il a forcément vendu son âme au diable en pactisant avec les Amerloques.

Fort heureusement, tout n’est pas à jeter dans Trauma. Au contraire, le film se repose sur un scénario solide dont tous les éléments sont cohérents et s’enchaînent les uns aux autres. La résolution de l’enquête arrive à point nommé et livre un dénouement assez bien foutu, nous faisant regretter de n’avoir pas vu ces éléments d’explication pourtant présents tout au long du film. De même, la prestation d’Asia Argento est incontestablement brillante et la jeune actrice porte à elle seule le film à bout de bars grâce à son interprétation très touchante et sans faux pas.

En conclusion, un reproche majeur est à formuler à l’encontre du film : il émane d’un Argento altéré, éloigné du maître du suspense des années 70 et 80. Ne se révélant plus que l’ombre de lui-même, le maestro parvient tout de même à charmer par la cohérence de son scénario et sa trame linéaire qui réussissent au détriment d’un véritable traitement formel de l’œuvre.


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