Critique de film

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Total Recall

"Total Recall"
affiche du film

2048. Hanté par un cauchemar qui l'entraîne chaque nuit sur Mars, Doug Quaid s'adresse à un laboratoire, Recall, qui lui offre de matérialiser son rêve grâce à un puissant hallucinogène. Mais l'expérience dérape : la drogue réveille en lui le souvenir d'un séjour bien réel sur Mars, à l'époque où il était l'agent le plus redouté du cruel Coohagen. Quaid décide de repartir sur Mars...

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Trailer - Total Recall (1990)
Par : Damien Taymans


Total Recall Bande Annonce par Sebiwan67

Les critiques à propos de ce film

Critique de Total Recall - Get your ass to Mars
Par : Samuel Tubez
Tags : Extra-terrestres, Action

Suite au succès de Robocop lors de sa sortie en 1987, Paul Verhoeven se retrouve sur le projet Total Recall, inspiré de la nouvelle "Souvenirs à vendre" (« We Can Remember it for you Wholesale ») écrite en 1966 par Philip K. Dick. Suite à une préproduction difficile qui dura une bonne vingtaine d’années, passant par diverses associations telles que David Cronenberg-Richard Dreyfuss ou Bruce Beresford-Patrick Swayze, le scénario de Ronald Shusett et Dan O’Bannon trouve sa version définitive sous l’impulsion d’un Arnold Schwarzenegger entêté qui désirait travailler avec le hollandais violent depuis leur rendez-vous manqué avec Robocop. La détermination de l’acteur (qui, du feu vert officiel jusqu’à la promo, ne cessera de convaincre les exécutifs de chez Carolco à placer toutes leurs billes disponibles) combinée au talent du cinéaste, qui se retrouve alors à la tête du plus gros budget de sa carrière jusque-là, fait alors, pour notre plus grand plaisir, des ravages.

Le récit, extrapolation paranoïaque sur l’identité à grands coups d’effacement de mémoire et d’implantation de faux souvenirs, devient sous l’impulsion du duo un film d’action à la (dé)mesure d’Arnold doublé d’une percutante réflexion sur la violence sur fond de climat politique oppressant, Mars s’apparentant à un empire dictatorial littéralement étouffant pour ses autochtones mutants. On y suit Douglas Quaid (Schwarzenegger), un ouvrier du bâtiment marié à sa tendre épouse Lori (Sharon Stone, juste avant Basic Instinct). Obsédé par la planète Mars qui hante jusqu’à ses rêves, il se décide à rendre une visite chez Rekall Incorporated qui vend des implants mémoriels, et choisit de passer des vacances imaginaires sur Mars avec l’option « agent secret » et « jolie pépée ». Mais l’intervention dérape et Quaid se réveille avec l’intention de se rendre réellement sur Mars à la recherche de son véritable passé, où il était alors l’ennemi du cruel Coohagen, dictateur s’enrichissant sur le dos des martiens.

Le réalisateur de Soldier of Orange s’approprie l’histoire avec son style unique et sans concession, illustrant avec rage les divers affrontements du récit (même s’il demeure bien saignant, le film fut tout de même amputé de quelques minutes), en implantant une dose de tension sexuelle et, malgré la déferlante d’action (on ne s’ennuie pas une seconde), de mettre en évidence et à bon escient les différents niveaux de lecture du script, notamment sa dimension politique par le biais de l’approvisionnement de Mars en air qui est soumis à d’importants intérêts financiers, menant à des conséquences désastreuses pour les citoyens. On remarquera aussi que ce Total Recall-là fonctionne presque entièrement sur les dualités. La rencontre des styles de Schwarzenegger et Verhoeven tout d’abord, le mélange d’action non-stop qui côtoie l’intimiste (l’acteur bodybuildé n’ayant jamais eu droit à autant de dialogues jusqu’à présent !), l’agent double, le rêve qui se confond avec la réalité, la blonde (Stone) et la brune (Melina, jouée par la trop rare Rachel Ticotin), la Terre et Mars, les rebelles contre les hauts dirigeants,… Autant d’éléments qui renforcent le côté paranoïaque d’un script incroyablement novateur pour l’époque. Autre innovation, le film porte en lui les balbutiements des effets spéciaux numériques à travers la séquence « rayons X », unique scène bidouillée digitalement, le reste des SFX consistant en de somptueuses miniatures supervisées par Alex Funke au sein de Dream Quest Images ainsi que de formidables maquillages et animatroniques signés Rob Bottin (déjà à l’œuvre sur Robocop), des travaux d’ailleurs légitimement récompensés par l’obtention d’un prestigieux Oscar en 1991. A cela s’ajoute la musique non moins avant-gardiste de Jerry Goldsmith qui signera deux ans plus tard l’un de ses chefs d’œuvre, de nouveau aux côtés de Paulo : Basic Instinct. Alors que le remake inutile et aseptisé de Len Wiseman déboule sur nos écrans, une telle réunion de talents mis au diapason par un cinéaste visionnaire (n’oublions pas au passage les inoubliables trognes des seconds rôles tenus par Michael Ironside et Ronny Cox) nous fait plus que jamais préférer cet « original », au risque de se faire passer (une fois de plus ?) pour de vieux cons aux yeux de la jeune génération. Ce film-là a une putain de personnalité les gamins, allez-vous procurer le blu-ray récemment sorti, vous ne regretterez pas le voyage !

Quand Paul Verhoeven lance Schwarzenegger (ou l’inverse) dans un récit de SF aux connotations paranoïaques, cela donne l’un des films d’action les plus toniques des early nineties. Férocement violent, visuellement splendide et ambigu jusqu’à son fondu final, Total Recall version 1990 demeure toujours aussi jouissif plus de vingt ans après sa sortie. Pas sûr que le remake perdure aussi longtemps !


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