Critique de film

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Tiktik: The Aswang Chronicles

"Tiktik: The Aswang Chronicles"
affiche du film

Beau gosse, Makoy ferait tout pour reconquérir Sonia, son ex-petite amie qui attend leur premier enfant. Mais le héros va vite devoir enlever ses Ray Ban et prouver son courage : Sonia et sa famille se retrouvent encerclés par une horde de tiktiks, des monstres mi-vampire, mi-loup-garou.

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Trailer - Tiktik : The Aswang Chronicles (2012)
Par : Damien Taymans

Les critiques à propos de ce film

Critique de Tiktik : The Aswang Chronicles - Matti vs Mattei
Par : Damien Taymans
Tags : NIFFF 2013

Beau gosse, Makoy tente à tout prix de reconquérir Sonia, son ex-petite amie qui, suite à un différend, est revenue emménager chez ses parents dans les Philippines profondes. C’est une question d’amour et d’honneur puisque la belle est enceinte de leur enfant. Ce que la mère de Sonia n’entend pas de cette oreille : elle protège sa progéniture et sa petite-progéniture de ce bellâtre affublé de Ray-Ban. Makoy est contraint de prendre son courage à deux mains, de mettre son machisme en berne et d’affronter sa belle-mère de front. Mais une autre menace, bien plus périlleuse, court à l’arrière-train de sa belle : des Aswangs de la région se paieraient bien un petit gueuleton fœtal...

La malédiction des Aswang, ces entités anthropophages vampiromorphes qui se nourrissent de sang et se délectent plus particulièrement de celui d’un fœtus humain, malgré ses origines purement philippines, a été exploitée dans un beau nombre d’œuvres à travers le monde. Dans l’archipel (Ang mahiwagang daigdig ni Elias Paniki en 1989, Dagim en 2010) mais aussi sur les autres continents (la variation la plus connue sur nos terres reste celle de Wrye Martin et Barry Poltermann mais on peut également citer le récent anglo-sud-africain Surviving Evil). Erik Matti, réalisateur du cru, remarqué à l’international avec Gagamboy et On the Job, qui a connu sa première mondiale au festival de Cannes, reprend à son compte la mythologie pour une version singulière...

L’intérêt de Tiktik : The Aswang Chronicles est à chercher ailleurs que dans la cinématique très jeu vidéo, dans le design des créatures (le rendu des CGI est médiocre), dans le jeu des acteurs (la plupart surjouent), dans la mise en scène trop académique ou même dans le récit bardé d’incohérences (personne n’utilise donc d’armes à feu de peur de détruire les volets ?). Son seul argument se situe dans le traitement très ironique de la population thaïlandaise : les hommes, puissants et musclés, omnipotents, débrouillards, sont relégués au placard au profit d’une équipée drastiquement domestiquée, soumise aux femmes, seules porte-culottes et décideuses (voir le personnage de la mère qui dicte sa loi et humilie le père en public). Aucune des figures masculines ne semble prête à affronter l’armée de démons qui se constitue, ni le père lâche ni l’assistant maquillé ni le beau gosse qui s’incline aux pieds de sa petite amie pour la récupérer.

Dans ce cartoon horrifique tantôt classique tantôt minimaliste la dichotomie sociale se superpose au manichéisme habituel. Ce qui n’empêche pas l’œuvre à l’esthétique pauvrette et à l’humour pataud de sombrer fissa dans les abîmes du bis excentrique de l’Asie du sud-est, en compagnie notamment des malais Zombies from Banana Village ou Limah ghost goes home (le diptyque a été diffusé au NIFFF).


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