Interviews

Thomas Gunzig (écrivain)

31 mars 2008 | Par : Damien Taymans

10 000 litres d’horreur pure et dure...






Copyright : La Tribune de BruxellesTon livre « 10 000 litres d’horreur pure » nous a dévoilé ton amour du cinéma d’horreur des années 80 parce qu’à l’époque, je cite, « tu recherchais du cinéma transgressif, du sale, de l’épais (…) de l’innommable, des films tellement terribles que nous n’avions pas les mots pour les décrire ». Peux-tu nous citer quelques uns de ces films ou réalisateurs qui t’ont marqué ?

Je vais essayer de faire ça de mémoire : le premier "Evil Dead", "la dernière maison sur la gauche", le premier "Halloween". Evidemment "Massacre à la tronconneuse", le "Dawn of the Dead" de Romero. "Chromosome 3" et quelques trucs italiens bien cinglés dans la lignée de "Cannibal Holocaust"...

Que penses-tu de cette nouvelle vague de films hardcore (depuis le début des années 2000) venant des Etats-Unis mais aussi de France ou d’Espagne ? Est-elle de meilleure qualité ?

J’aime beaucoup. Je ne trouve plus le côté "bricolé" qui faisait beaucoup du charme des films d’il y a 30 ans. Ces films-ci sont souvent plus "classe" au niveau de la production. Tout y est plus pro et c’est vrai qu’on gagne en efficacité. J’ai trouvé que le remake de "Dawn of Dead" était une très grande réussite de même que le remake de "La colline a des yeux" était, à mon avis, meilleur que l’original. Par contre, malgré la qualité technique, Hostel m’a beaucoup déçu, comme la série Saw d’ailleurs. Comme quoi, tous les effets du monde ne pourront jamais cacher la faiblesse d’un scénario et la maîtrise d’une mise en scène.

Quels sont justement les réalisateurs et films que tu apprécies actuellement ?

Hé bien, le français Alexandre Aja est vraiment bien. Evidemment Guillermo Del Toro dont j’ai adoré le "Labyrinthe de Pan". Et puis, il ne faut pas négliger l’Asie... Le coréen Joon Ho-Bong qui a fait très fort avec "The Host"

Comment expliques-tu ce renouveau du cinéma de genre ? Crois-tu que cela va perdurer ?

Impossible de dire si ça va durer et très franchement je n’ai pas d’explication simple. Cela doit être dû à une sorte de conjonction entre une nouvelle demande de la part de spectateurs jeunes, à l’arrivée sur le marché des réalisateurs de trentenaires ou quadragénaires qui "prennent la relève" de la vielle garde et peut-être même à la façon dont on envisage aujourd’hui la distribution des films (et qui ne passe plus nécessairement par les salles tout en profitant du support de bonne qualité qu’est le DVD). On pourrait ajouter à l’explication que le cinéma est toujours le reflet d’une époque et que notre époque, depuis 2001 est une des plus brutale que l’on ait connue depuis la guerre froide.

Le sous-titre de ton livre est : « modeste contribution à une sous-culture ». Que veux-tu dire par là ?

Le cinéma d’épouvante a longtemps été, et est encore largement méprisé par la critique classique. Comme si ce genre ne faisait pas partie intégrante de la culture. Cela explique mon désir d’hommage...

En quoi le cinéma de genre est-il nécessaire ?

Tout simplement parce que c’est un vrai cinéma d’auteurs. Et tout simplement parce que nous sommes nombreux à aimer les univers et les émotions que l’on y explore.

Regrettes-tu ce « désert » artistique au niveau du cinéma de genre en Belgique malgré des réalisateurs comme du Welz, Jespers ou encore Daoust ?

La Belgique n’est pas qu’un désert au niveau du cinéma de genre. Au niveau du cinéma en général, les frères Dardenne servent assez bien de cache misère. Mais la misère s’étend à tous les niveaux de la création : que ce soit en littérature, en théâtre ou en art plastique il y a à la fois un manque de moyens doublé d’une absence de statut fiscale pour les auteurs qui doit en dégouter plus d’un.

Ça te fait quoi d’être dans le Jury International du BIFFF aux côtés d’un Umberto Lenzi et Joo-Ho Bong ? Sans compter les deux partenaires de charme Lisa Marie et Catherine Wilkening… Veinard !!

Je suis hyper content... Et même plus...

Déjà des coups de cœur ou alors des attentes particulières pour ce festival ?

Ben, je n’ai vu aucun film... J’essaye d’arriver là "vierge et pur" (ça, ça va être dur)

Ton combat très médiatique organisé en plein cœur du Salon du livre à Bruxelles c’était pour concurrencer Uwe Boll ? J

Je prend ce lourdeau où il veut et quand il veut...

Un tout grand merci pour ton accessibilité et rendez-vous après le BIFFF pour tes impressions ?

Avec plaisir

(Interview réalisée par Gore Sliclez)

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