Critiques/Analyses

The Walking Dead - Saison 3 (2012)

15 juin 2013 | Par : Geoffrey Marmonier

Après une désastreuse saison 2, aussi bien au niveau scénaristique qu’en termes de rythme, d’attachement aux personnages (tous unilatéralement antipathiques) et de fidélité au comics d’origine, The Walking Dead revient néanmoins, succès d’audience aidant, pour une troisième année. Une troisième saison critique, puisque censée traiter d’un des meilleurs arcs scénaristiques de la BD de Robert Kirkman, tout en introduisant deux des personnages les plus appréciés de la BD : Michonne et le Gouverneur. Lourde tâche donc pour les scénaristes du show, surtout que certains passages de la BD sont plutôt extrême en termes de déboires s’abattant sur les personnages, et que les deux premières saisons ont montré l’extrême frilosité du show quant au politiquement incorrect.

Cette troisième saison débute plusieurs mois après la fuite des survivants de la ferme de Hershell, envahie par les zombies. Alors que les espoirs de survie s’amenuisent, le groupe mené par Rick (Andrew Lincoln) tombe sur une prison désaffectée, infestée de zombies. Après l’avoir « désinfectée », nos héros s’installent dans ce « nouvel Eden » protégé. Mais un plus grand danger se profile à quelques kilomètres de là, dans la ville de Woodbury, régie d’une main de fer par un homme se faisant appeler Le Gouverneur (David Morrissey). Une ville dans laquelle Andrea (Laurie Holden) débarque, après avoir erré pendant un long moment en compagnie de sa sauveuse, Michonne (Danai Gurira).

La première bonne nouvelle, c’est qu’une partie des critiques émises à l’égard de la saison 2 a été entendue, et que cette saison 3 tente de remédier à la situation. Le rythme est ainsi beaucoup plus soutenu cette année, chaque épisode apportant son lot d’événements. Le résultat, c’est qu’une fois un épisode terminé, on a enfin envie de lancer le suivant directement. Les zombies sont beaucoup plus présents à l’écran, et les drames vécus par les personnages sont plus prenants. La relation Glen-Maggie est très touchante, Hershell prend la place de sage conseiller laissée vacante suite à l’élimination de Dale dans la saison précédente, et même l’irritante Carol devient un peu plus intéressante. Les personnages sont aussi beaucoup moins têtes à claques, ne passant plus leur temps à expliquer en long en large et en travers leur moindre état d’âme.

Les scénaristes prennent de plus la très bonne initiative de tuer les plus agaçants dès le début de la saison. Exit donc l’inutile T-Dog (Iron E Singleton) que les scénaristes traînaient comme un boulet depuis le début de la série, et exit aussi la mollassonne Lori (Sarah Wayne Callies), lors d’une déchirante scène d’accouchement. Une élimination prématurée surprenante pour les fans du comics, le personnage mourant normalement lors du départ de la prison, mais plutôt salvatrice, permettant de rendre plus crédible le pétage de plombs de Rick en mélangeant habilement deux des intrigues du comics. Comme lors de la saison 2, les variations par rapport au matériau d’origine sont donc légion dans cette troisième fournée d’épisodes.

Il faut néanmoins admettre que certains ajouts et modifications sont plutôt intéressants. Le personnage du Gouverneur, emblématique du comics, est ainsi traité ici sur un mode plus réaliste. Plutôt que de proposer un psychopathe complètement taré dès son apparition, la série préfère montrer la lente transformation d’un homme certes déjà instable (on apprend très vite qu’il collectionne les têtes coupées et garde sa fille zombifiée dans une salle secrète) mais prenant à cœur son job de leader, en un monstre sans merci prêt à tout pour se venger. David Morrissey (Centurion, la trilogie Red Riding) apporte une ambiguïté bienvenue au personnage, qui est l’un des points forts de la saison. L’autre ajout non négligeable de cette saison est l’apparition du personnage de Michonne. Malgré une apparition tardive par rapport au comics, celui-ci est plutôt bien introduit et fidèle à son homologue de papier, à savoir une guerrière froide et distante, dont l’apparent détachement dissimule un énorme drame personnel. L’actrice Danai Gurira est une incarnation tout simplement parfaite du personnage, que l’on croirait directement sorti des pages du comics.

Le retour du personnage de Merle, toujours incarné par ce taré de Michael Rooker, est aussi une bonne idée et pousse le personnage de Daryl à plusieurs remises en question. Dommage cependant que le dernier revirement de Merle soit aussi hâtivement expédié. La volatilité des personnages reste en effet un des gros points faibles de la série, qui peine encore pas mal à rendre crédibles et logiques leurs brusques changements de direction, même si certains arcs sont vraiment bien traité (la mise en parallèle de la folie montante du Gouverneur et du retour vers la raison de Rick). De plus, il reste toujours difficile d’estimer la temporalité du show. A la fin de la saison, on n’a absolument aucune idée de combien de temps s’est écoulé depuis le début : deux semaines, trois mois, une année ? Idem pour la gestion de l’espace : impossible de savoir où se trouve la prison par rapport à Woodbury, ni pourquoi les héros ont mis autant de temps à tomber dessus, alors qu’elle était clairement visible dans le final de la saison 3 . Encore plus gênant, l’épisode Clear (d’autre part excellent), dans lequel Rick retourne dans la ville dans laquelle il habitait, donne l’impression que depuis le début de la série les personnages n’ont parcouru que quelques dizaines de kilomètres. Ce qui pose du coup de sérieuses questions quant à leur connaissance de la zone dans laquelle ils vivent…

Mais malgré ces défauts de cohérence parfois assez agaçants ainsi que des libertés prises par rapport au matériau d’origine qui feront grincer des dents les fans (le traitement honteux du personnage de Tyrese, qui devrait néanmoins prendre de l’ampleur dans la saison 4), force est de constater que cette troisième saison remonte sérieusement la pente après le fiasco de la précédente. Les scénaristes ont toujours la fâcheuse habitude de gommer les aspects les plus dérangeants du comic, mais les personnages sont enfin attachants, le rythme soutenu, et le final très différent de celui du comic donne envie de voir ce qui va se passer par la suite.

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