Critiques/Analyses

The Strain - Saison 1 (2014)

2 janvier 2016 | Par : Samuel Tubez

Virus vampire

De : Guillermo Del Toro & Chuck Hogan
Avec : Corey Stoll, David Bradley, Kevin Durand, Richard Sammel, Miguel Gomez, Ruta Gedmintas, Mía Maestro,...

Définitivement sur tous les fronts, Guillermo Del Toro s’est attaqué au médium télévisuel avec cette adaptation de sa trilogie littéraire composée avec l’écrivain Chuck Hogan, parue en 2009. Originellement présentée en 2006 à la Fox qui voulait la dénaturer de son essence horrifique, le projet télé se transforma en livres avant de finalement prendre la forme de treize épisodes commandés par la chaîne américaine FX. Une mutation constante qui convient bien à cette histoire de contagion changeant les humains en ghoules vampiriques…

Disponible depuis octobre 2015 sur support digital, la première saison de The Strain débute sur un pilote réalisé par Del Toro himself, intitulé Night Zero, qui voit un Boeing atterrir à l’aéroport international John F. Kennedy dans des circonstances mystérieuses. On fait alors connaissance de l’épidémiologiste Ephraim Goodweather (Corey Stoll avec des cheveux) et de sa collègue Nora Martinez, envoyés sur place pour enquêter. À bord, ils trouvent deux cent six corps exsangues, victimes d’un mal mystérieux, et seulement quatre survivants. Une énorme boite en bois s’apparentant à un cercueil est également retrouvée, contenant de la terre grouillant de vers. Il s’avère que ces vers parasites sont à l’origine d’une infection se répandant à vitesse grand V dans Manhattan, transformant les personnes contaminées en vampires. Un petit groupe de résistants, menés par le vieux briscard Abraham Setrakian (David Bradley) se lient pour contrer cette apocalypse qui se révélera être orchestrée par une poignée d’humains influents répondant aux ordres d’un maître vampirique ancestral.

Comme beaucoup de séries orchestrées par un grand cinéaste, The Strain débute très bien sous la direction du maître pour retomber aussi vite dans les travers habituels liés au petit écran. Les épisodes qui suivent le pilote s’avèrent de plus en plus plan-plan, la mi-saison fait office de ventre mou avec des épisodes très répétitifs construits de manière identiques (les personnages principaux y voyant leurs proches contaminés se transformer pour ensuite se retrouver face à l’inéluctable), certaines intrigues secondaires pointent le bout de leur nez en sachant très bien qu’elles ne seront véritablement développées que dans les saisons suivantes (les vieux vampires, les vampires commando) et tout se précipite alors que le final approche. Pas de grosse surprise ici, donc, d’autant que les connaisseurs de Del Toro y retrouvent quelques-uns de ses célèbres gimmicks, jusqu’à ces vampires ressemblant à s’y méprendre aux reapers de Blade 2. Néanmoins, The Strain se suit avec beaucoup de plaisir. La jeter dans le tas des séries banales actuelles est en réalité un peu trop cruel car elle affiche une esthétique différente du tout-venant télévisuel : éclairages monochromes prédominants, contrastes appuyés, détails et accessoires soignés (la planque de Setrakian est une mine aux trésors), généreux effets sanguinolents,…les amateurs d’atmosphères horrifiques en ont pour leur argent. Comme toujours dans les créations du mexicain, les monstres ne font pas juste de la figuration et chaque apparition du fameux maître des vampires fait son petit effet, même si la première découverte de son esthétique, à la fois grotesque et effrayante, est assez déstabilisante. Perturbante aussi est la familiarisation avec le supposé héros de l’intrigue, Ephraim Goodweather, interprété par un Corey Stoll trop peu charismatique. A vrai dire, les rôles secondaires s’avèrent bien plus attachants ou emblématiques avec cet incorrigible vieillard revanchard qu’est Abraham Setrakian (le grognard David Bradley), le dératiseur solitaire Vasiliy (Kevin Durand) ou encore la tête brûlée Gus (Miguel Gomez).

Une première saison mitigée mais fort agréable, donc, qui assume pleinement son statut de série B. Malgré une certaine répétitivité et une mise en scène peu inspirée dès le pilote passé, The Strain suscite l’intérêt et donnera envie aux amateurs de sensations fortes d’en savoir davantage sur la mythologie vampirique de Del Toro et Hogan, d’autant que leur plan pour le futur de la série s’étend sur cinq saisons (une pour le premier livre, deux pour le second et encore deux autres pour le dernier volume). Reste plus qu’à maintenir le public captivé jusque-là, les deux premières saisons faisant jusqu’ici partie des dix shows les plus regardés du câble américain. Plutôt de bon augure pour sa pérennité.


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