Critique de film

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The Rover

"The Rover"
affiche du film

Dix ans après l’effondrement de l’économie occidentale, les mines australiennes sont encore en activité, et cette industrie attire les hommes les plus désespérés et les plus dangereux. Là-bas, dans une société moribonde où survivre est un combat de chaque jour, plus aucune loi n’existe. Eric a tout laissé derrière lui. Ce n’est plus qu’un vagabond, un homme froid rempli de colère. Lorsqu’il se fait voler la seule chose qu’il possédait encore, sa voiture, par un gang, il se lance à leur poursuite. Son unique chance de les retrouver est Rey, un des membres de la bande, abandonné par les siens après avoir été blessé. Contraints et forcés, les deux hommes vont faire équipe pour un périple dont ils n’imaginent pas l’issue…

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Trailer - The Rover (2014)
Par : Samuel Tubez

Les critiques à propos de ce film

Critique de The Rover - Dévasté
Par : Samuel Tubez
Tags : Anticipation

Alors que George Miller arrive (enfin) en fin de gestation de son quatrième (et furieux ?) Mad Max, le réalisateur et scénariste David Michôd (Animal Kingdom) nous sort sa propre version du futur dans un pseudo post-apo filmé en plein outback qui fait davantage penser au western introspectif qu’à la folle course au carburant…

Alors qu’il s’était octroyé une pause désaltérante sur un bord de route, Eric se fait subtiliser sa voiture par un gang en fuite. Dépossédé de son seul bien, il se lance à la poursuite des malfaiteurs mais se fait rapidement semer. C’est alors qu’il tombe sur Rey, le frère d’un des membres de la bande, abandonné et laissé pour mort par ces derniers tel un chien errant. Les deux hommes se lancent alors sur les routes pour retrouver les lâches criminels…

Difficile d’adhérer à pareille histoire minimaliste et à de tels personnages antipathiques durant les 102 minutes que durent The Rover. Certes, on n’est pas à un scénario-prétexte près et c’est parfois avec des histoires simples que l’on raconte des choses éminemment profondes mais pour le coup, David Michôd a beau se la jouer « apocalypse psychologique », la sauce ne prend pas. Passé un point de départ on ne peut plus poussif (en effet, dans un monde anéanti où les pires atrocités semblent possibles, l’acharnement d’Eric pour retrouver sa voiture est un peu démesuré…d’autant qu’il en subtilise une autre pour poursuivre ses voleurs !), le réalisateur nous dévoile peu à peu les atrocités dont regorge l’univers qu’il met ici en scène (épaves humaines, habitations de fortune, trafic en tous genres,…). Son portrait d’un futur bien plus proche de nous que les visions apocalyptiques habituellement d’usure est dévoilé avec subtilité, laissant libre cours à l’observation du spectateur et à ses propres interprétations. La beauté désertique de l’outback renforçant naturellement l’impression de perdition et de menace, cet apocalypse-là, tout en suggestion, en vaut bien une autre. Mais cela ne suffit pas à nous tenir en haleine durant toute la durée du film, le cinéaste se perdant quelque peu en chemin et, surtout, faisant preuve d’un manque d’attachement à ses personnages, peu développés et jamais attachants. Ainsi, le personnage principal (Guy Pearce, monolithique), dépité et sans pitié, capable lui aussi du pire, ne suscitera jamais l’once d’une empathie au fil de sa quête dérisoire, qui finit davantage par ressembler à un règlement de compte gratiné de violence gratuite. Et ce n’est pas l’apparition de Rey (néanmoins impeccable Robert Pattinson), pauvre hère un brin abruti sur les bords blessé physiquement et mentalement par ses frères d’armes et de sang, qui changera véritablement la donne. Tel un chien abandonné, Rey suit en tremblotant Eric en lui indiquant le chemin à prendre. On perçoit enfin chez ce dernier une once d’humanité, certes fébrile, mais David Michôd ayant opté pour un pessimisme profond dans cette parabole profondément déshumanisée, l’issue sera forcément désespérée…et désespérante. Inutile de s’ennuyer avec des sentiments a dû se dire le réalisateur qui, à chaque nouveau sursaut de violence (ce dont le film n’est pas avare), enfonce un peu plus le clou et étire son récit jusqu’à nous gaver et, au final, nous ennuyer. Un format court aurait peut-être été plus adéquat pour décupler l’impact de son récit qui finit par se perdre et par la même occasion, nous perdre. Reste donc un savoir-faire partiel, une interprétation solide ainsi que des décors magnifiquement mis en exergues, mais cela ne suffit pas à emporter l’adhésion, un scénario un tant soit peu étoffé et une mise en scène inspirée manquant cruellement à l’ensemble.

Sur les routes et dans la tête des personnages de The Rover, la dévastation est totale. Métaphore d’une destruction sociale en devenir, le film de David Michôd ne laisse aucune place à l’optimisme et nous enferme dans une apocalypse aussi étouffante qu’inéluctable. Aussi ténu que l’espérance de vie de ses protagonistes, le scénario s’étire jusqu’à faire place à l’ennui, accumulant mécaniquement les séquences violentes sans que l’on ne s’attache véritablement à ses personnages. De la noirceur, The Rover en a à revendre, de l’originalité, beaucoup moins.


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