Critique de film

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Budori, l'étrange voyage

"Guskô Budori no Denki"
affiche du film

Gusuko vit avec sa sœur et ses parents dans une superbe cabane. Malheureusement, les ressources vont se réduire et une vague de sécheresse va pousser les parents à l’exode afin de trouver de quoi manger. Pendant ce temps, Gusuko et sa sœur pensent manger des racines au coin du feu, mais un être mystique enlève la frangine. Seul et complètement paumé, Gusuko va devoir s’aventurer dans un monde de désolation et de pièges machiavéliques pour la retrouver.

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Trailer - The Life of Gusukou Budori (2012)
Par : Damien Taymans

Les critiques à propos de ce film

Critique de The Life of Gusukou Budori - Et sinon, chat va ?
Par : Damien Taymans
Tags : BIFFF 2013

"Quand il est mort le poète, tous ses amis pleuraient". Maudit de son vivant selon l’expression consacrée, Kenji Miyazawa laisse à titre posthume un témoignage poignant et troublant d’un Japon rural en proie à la famine, aux épidémies et aux catastrophes naturelles. Après avoir pénétré très tôt dans les eaux limpides de la poésie, Miyazawa tend vers le bucolique et l’agricole et compose des œuvres sillonnées de toutes parts par les préoccupations des paysans parmi lesquels il grandit. C’est dans ce terreau, similaire à celui du merveilleux (parents bûcherons ou paysans accompagnés d’une indénombrable marmaille), que se développent chacun de ses écrits : la pauvreté est l’apanage de ses héros, le malheur est leur compagnon de route. Dès lors, qu’ils empruntent un Train de nuit dans la Voie lactée ou se lancent à corps perdu à la recherche de leurs proches, les personnages de Kenji Miyazawa doivent se comporter en sur-hommes et dépasser la condition précaire qui est la leur pour déjouer les mauvais tours du Destin. Gusukou Budori, plus que nul autre, incarne cette volonté féroce, celle-là même qui animait Miyazawa dans sa quête perpétuelle d’amélioration de la vie de ses semblables.

Sugii Gisaburo explore à nouveau, trente ans après son adaptation du Train de nuit dans la Voie lactée, l’œuvre du poète et reste fidèle à sa propre transposition en transformant les personnages originels en chats anthropomorphes. Sans litière ni arbres à gratter puisque lesdits chats (qui sont quatre) coulent des jours heureux dans leur cabane au milieu des bois. Jusqu’à ce que le père bûcheron et la mère au foyer (elle met les bûches dans la cheminée donc) n’aient plus de Whiskas® à filer à leurs enfants et décident de laisser les petits Poussy tous seuls dans la bicoque en s’enfonçant dans la tempête de neige qui s’abat au dehors. De fil en aiguille, le petit Gusoukou sillonne la région à la recherche de sa frangine (enlevée par un obscur minou) et se retrouve, par pur hasard, à bosser dans des rizières jusqu’à ce que la sécheresse ne le pousse à envisager de rejoindre les bancs d’une faculté où il apprendra à appréhender la Nature et à provoquer un réchauffement climatique local juste parce que, échaudé ou pas, il craint l’eau froide.

En 2013, l’histoire passerait presque pour une version naïve du Powerpoint d’Al Gore amputée de ses véritables enjeux. Presque. L’homme est, chez Miyazawa, victime d’une Nature capricieuse sur laquelle il n’a donc potentiellement aucune emprise quand l’écologie actuelle le relègue au rang des accusés dans le procès du dérèglement planétaire. Pis, le réchauffement climatique que tentait d’enrayer Gore et ses compagnons écolos est récréé artificiellement par Budori qui considère qu’il est la seule alternative pour contrer le chaos climatique du Cosmos. Malgré la surabondance de filtres bleus provoquant une nausée graphique, The Life of Gusukou Budori a donc désespérément la main verte et s’impose d’illustrer lourdement l’emprise de la Nature sur la vie des hommes qui ne trouveront le Salut que dans la Science qui seule permet de comprendre les éléments et de les domestiquer pour recréer des conditions viables. Agriculture et technologie finissent par fusionner tandis que le bipède communie avec son environnement tout en le soumettant à sa propre volonté. José Bové himself en a la larme à l’œil.

Plongé trop longtemps dans ce monde chamarré à la morale rose bonbon, le spectateur risque une sérieuse indigestion chromatique. The Life of Gusukou Budori recycle sans l’actualiser une fable bien obsolète devenue, a fortiori, bien inoffensive...


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