Critique de film

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The Go-Go Boys

"The Go-Go Boys: The Inside Story of Cannon Films"
affiche du film

L'histoire des studios Cannon vue de l'intérieur est un documentaire retraçant l'épopée de Menahem Golan and Yoram Globus, qui dans leur poursuite du rêve Américain ont révolutionné Hollywood, produisant plus de 300 films et devenant la société de production indépendante la plus puissante au monde. Ce film explore la relation complexe entre deux personnalités opposées, dont la combinaison a été à la fois le moteur de leur succès et la raison de leur chute.

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Trailer - The Go-Go Boys (2014)
Par : Samuel Tubez

Les critiques à propos de ce film

Critique de The Go-Go Boys : The Inside Story of Cannon Films
Par : Nicolas Zinque
Tags : Action

Les noms Menahem Golan et Yoram Globus n’évoquent peut-être rien pour vous. Mais si on vous apprend qu’ils ont lancé dans le bain (de sang) Jean-Claude Van Damme et porté vers le succès Chuck Norris ? Qu’ils ont produit les Delta Force, Bloodsport, American Ninja, Cobra et compagnie ? Ah ah ! N’essayez pas de cacher cette larme nostalgique, je vous ai vus ! Véritable hit machine, leur société Cannon Films a enfanté nombre d’action movies aux côtés desquels la génération 70-80 a grandi !

C’est donc le parcours de deux papes du Nanar qu’Hilla Medalia a retracé dans son documentaire, de leurs premiers essais en Israël à leurs dernières productions en… Israël. Entre-temps, il y a eu l’ascension à Hollywood, la gloire et puis la chute. Plus qu’un historique sur la Cannon, The Go-Go Boys décrit la vie de businessmen du 7e Art qui ont vécu le rêve américain. Arrivés à Los Angeles avec “500 dollars en poche”, les deux cousins finissent à la tête d’une mini-Major, propriétaire de nombreuses salles de cinéma dans le monde. En l’espace de quinze ans, leur production effrénée a inondé le marché de centaines de métrages. Leur modèle économique privilégiait « trente films à 1 million de dollars plutôt qu’un seul à 30 millions ».
Medalia a le mérite de transmettre une réalité plus complexe qu’il n’y parait de prime abord. Certes, on parle essentiellement de nanars (hauts de gamme). Certes, Golan et Globus se sont trompés par moments, mais ils ont aussi su deviner les attentes d’un certain public, demandeur d’arts martiaux par exemple. Plus tard, ils ont également cherché à changer leur image, en collaborant (sans grand succès) avec des auteurs comme Cassavetes ou Godard. Le documentaire s’appuie évidemment sur les interventions des producteurs mais aussi de membres de cette drôle de famille, comme Jon Voigt, Michael Dudikoff (le protagoniste de American Ninja) ou JCVD, qui fait une courte (mais remarquable) apparition. Dommage cependant que l’on ne recueille pas les commentaires des plus grands noms, comme Chuck Norris et Stallone. Il serait intéressant de savoir pourquoi ils n’ont pas été contactés et/ou pourquoi ils auraient refusé. Sur la forme, on reste dans le classique, mais l’ensemble est très dynamique. Avec le catalogue de la Cannon, Medalia ne manque jamais d’extraits amusants et de scènes emblématiques pour épater la galerie.
Ceci dit, The Go-Go Boys ne se livre pas à l’analyse de ces films. La réalisatrice dresse plutôt le portrait de deux hommes tellement complémentaires que leur famille respective disait d’eux qu’ils étaient mariés. Mais, en même temps, deux fortes têtes qui finissent par s’éloigner quand les échecs se multiplient. Qu’on soit d’accord ou non avec leur philosophie, on se rend compte qu’ils sont avant tout des passionnés. Leur excès de confiance, leur ambition démesurée, la spéculation invraisemblable dans laquelle ils se sont embarqués, leur refus de reconnaitre certaines erreurs (surtout pour Golan), leur capacité à rebondir : tous ces éléments finissent par les rendre touchants. La tendresse qu’éprouve la réalisatrice pour ses compatriotes est perceptible.
En prenant quelques renseignements extérieurs, on se rend compte que cette affection est peut-être intéressée d’ailleurs… Trois mois après la première à Cannes en 2014, un autre documentaire, Electric Boogaloo : The Wild, Untold Story of Cannon Films était diffusé à son tour. Une coïncidence ? Pas du tout ! En apprenant la mise en chantier de ce dernier, les deux cousins ont commandé The Go-Go Boys pour raconter leur propre version de leur destin hollywoodien ! En bons filous, ils sont même parvenus à griller la politesse à leur “concurrent” ! Dès lors, on ne s’étonnera pas du ton résolument positif du film et de sa très (trop) grande bienveillance.

Au premier coup d’œil, The Go-Go Boys s’adresse à un certain type de cinéphiles. Pourtant, il peut s’apprécier de plusieurs façons : il incarne notamment le rêve américain et conte la formidable épopée de deux hommes partis de rien. Une histoire d’ambition, de mégalomanie, qui débouche sur une chute et un nouveau rebond. La vie de Golan et Globus est tellement riche qu’elle s’apparente parfois à un scénario de fiction ! Enfin, la meilleure manière de profiter pleinement de l’aura du documentaire est peut-être d’enchaîner avec l’un des invraisemblables bijoux de la Cannon !


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