Critique de film

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The Eternal Evil of Asia

"Nan yang shi da xie shu"
affiche du film

Bon et ses amis se rendent en Thaïlande passer quelques vacances, mais, bien malgré eux, ils font se retrouver mélé à un combat entre sorciers. En effet, le groupe se lie d'amitié avec l'un des sorciers, dont la soeur tombe amoureuse de Bon. Elle essaye d'utiliser un sortilège d'amour pour conquérir Bon, mais les choses finissent par tourner mal. Quand le groupe rentre à Hong Kong, le sorcier les suit, bien décider à les tuer les uns après les autres. C'est alors qu'il découvre la jolie fiancée de Bon...

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Trailer - The Eternal Evil of Asia (1995)
Par : Damien Taymans


The Eternal Evil of Asia par Mandrakvids

Les critiques à propos de ce film

Critique de The Eternal Evil of Asia - CatégorieIII forever !
Par : Fred Pizzoferrato
Tags : Asiatique

Produit au milieu des années 90, soit à la grande époque de la Catégorie III (dans son acceptation occidentale, à savoir un mélange d’horreur, d’humour absurde et d’érotisme), The Eternal Evil Of Asia constitue un sympathique délire bis en dépit de ses évidentes faiblesses.

Quatre jeunes hongkongais travaillés par leurs hormones en ébullition effectuent un voyage touristique très sexuellement orienté en Thaïlande. Après avoir été chassés d’un bordel, les amis aboutissent finalement dans la demeure d’un sorcier doté de redoutables pouvoirs magiques. L’un des voyageurs, Bon (c’est son nom !), aide le magicien à vaincre un de ses ennemis et, en remerciement, notre maitre des arcanes accepte de les héberger. Bon rencontre alors la sœur du sorcier, une chaudasse qui demande à son frangin de lui confectionner un filtre d’amour destiné à rendre le bon Bon complètement amoureux. Malheureusement, le plan échoue misérablement et la demoiselle décède, ce qui provoque la très compréhensible colère du magicien, lequel déchaine les enfers à l’encontre des Hongkongais.

Exemple représentatif de la Catégorie III, The Eternal Evil Of Asia mélange de manière incongrue gore, érotisme, violence et humour gras sur fond de clichés fantastiques très classiques et d’une grande naïveté. L’intrigue, pour sa part, s’inscrit dans la veine des récits de sorcellerie prisés durant les décennies précédentes et rappelle les « classiques » moralisateurs Black Magic et The Boxer’s Omen dans lesquels des jeunes hommes, souvent tentés par l’infidélité, finissaient victimes d’horribles sortilèges.

Quelques séquences déjantées et mémorables apportent cependant au public son quota de bizarrerie, raison principale pour visionner ce genre de produits. Dans l’une des scènes les plus réjouissantes, un type surnommé « tête de bite » voit cette insulte passer du sens figurer au sens propre puisque son visage se transforme en un pénis géant complètement fonctionnel qui urine abondamment. Seul les Hongkongais pouvaient imaginer ça !

Une autre scène implique un couple de magiciens dénudés qui augmentent leurs pouvoirs en copulant joyeusement dans les airs avant d’envelopper leur ennemi dans un immense placenta. Du pur délire érotico-horrifique même si les spécialistes reconnaitront l’influence écrasante d’un passage similaire issu de l’antérieur A Chinese Torture Chamber Story. Mais à Hong Kong, encore plus que dans le reste du monde, les bonnes idées ne se perdent jamais.

Les amateurs de comédie franchouillarde relèveront également les parallèles entre l’humour débilo-vulgaire de ce The Eternal Evil Of Asia et celui de certains fleurons de l’humour gaulois comme le célèbre Ils sont fous ces sorciers aux ressorts comico-déjantés étrangement similaires.

Plus « chaud », le final propose, pour sa part, un anthologique viol de la belle et prude héroïne par un sorcier invisible. Dans la tradition des bandes dessinées de Mannara (comme « Le parfum de l’invisible »), la demoiselle entame une fellation sur le membre invisible avant d’être prise sauvagement par l’adepte de l’occulte et du « haut-cul ». Un grand moment de n’importe quoi assumé mais, également, une des rares scènes réellement émoustillantes d’un long-métrage sans doute trop timoré pour contenter les assoiffés de perversités.

L’horreur, de son côté, s’avère présente mais ne s’enfonce jamais dans les outrances vomitives d’un Ebola Syndrome. On citera néanmoins un moment plutôt corsé et assez répugnant qui voit la victime d’un sortilège souffrir d’une inextinguible fringale. Après avoir dévoré les doigts d’une jeune fille puis les membres de quelques personnes, notre envouté, faute de mieux, mange son propre bras dans l’espoir de calmer cette faim diabolique. Le final mémorable du Anthropophageous de Joe d’Amato n’est pas loin…

Au rayon du casting, les inévitables Elvis Tsui et Julie Lee voisinent avec la mignonne Ellen Chan tandis que la mise en scène, elle, est assurée par Chin Chi-Kei, spécialiste du genre puisqu’on lui doit une flopée de softcore dont Sex & Zen 2.

En dépit d’une réelle bonne humeur, il faut toutefois avouer qu’on s’ennuie un peu entre les passages horrifiques, humoristiques ou érotiques, le film n’ayant pas grand-chose d’autre à offrir, comme d’ailleurs de nombreuses Catégorie III. Heureusement, les gags pesants mais efficaces, le gore (dont un massacre gratiné durant les premières minutes) et la bonne louche d’érotisme permettent de passer un relatif bon moment.

Souvent présenté comme un « classique » de la Catégorie III, The Eternal Evil Of Asia peine à se hisser à la hauteur de sa réputation mais n’en demeure pas moins une oeuvrette plaisante et distrayante. En raison de son côté « comique » prononcé et de sa relative modération dans les domaines du sexe et de la violence, ce film constitue d’ailleurs une idéale introduction en douceur à l’univers du cinéma chinois déviant. Conseillé.


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