Critique de film

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The End

"The End"
affiche du film

En pénétrant dans cette vaste forêt qu’il connaît si bien, l'homme s’apprête à vivre un véritable cauchemar… Des scorpions se mettent à remplacer les fourmis au sol, tandis que l’homme se cramponne à son fusil, fixant un soleil désespérément bas, laissant bientôt place à une nuit noire…

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Les critiques à propos de ce film

Critique de The End - Yoshiiiii !
Par : Damien Taymans
Tags : BIFFF 2016

Présenté à la Berlinale, le dernier film de Guillaume Nicloux lui permet de retrouver Gérard Depardieu un an après The Valley of Love. L’exploration de la Vallée de la mort en compagnie d’Isabelle Huppert s’étant clôturée sur un semi-échec, Depardieu troque la chemise et le bermuda pour la combinaison complète du chasseur, une dégaine qui lui sied aussi bien que la braie rayée. Armé de son fusil et accompagné de son chien Yoshi, le chasseur s’aventure au cœur de la forêt, espérant en ramener quelque gibier. Mais les événements fâcheux s’enchaînent : la saleté de clébard disparaît, la forêt semble s’être transformée et ce nouveau cadre sylvestre est rempli de détails pour le moins étonnants...

Gégé, privé de pinard, crapahute ainsi une bonne heure durant dans un paysage feuillu, à la végétation luxuriante, hélant à qui veut (peut) l’entendre que son chien a disparu et qu’on lui a volé son arme. Plongeant le comédien dans un purgatoire rural, Nicloux dépeint le calvaire d’un homme lambda livré à la solitude et condamné à être tourmenté par ses peurs et démons intérieurs. De chasseur, l’homme passe au statut de proie, fragilisé par des heures de marche, hébété par quelque phénomène inexplicable (des scorpions en plein cœur de la forêt ?), il s’égare de plus en plus, confectionne timidement des repères pour tenter de se sortir de cet enfer vert, obnubilé par son seul désir d’évasion.

Hélas, ce métrage expérimental s’enlise progressivement dans un tapis de fougères à force de répéter à l’envi les mêmes séquences pour mieux écarter son protagoniste du monde. Coincé en sa compagnie dans ce coin boisé, le spectateur partage la même impuissance, le même désarroi. Mais l’hypnose ne fonctionne pas et le cauchemar tourne à vide devant l’entêtement du cinéaste de ne rien proposer de mieux que sa vision d’un cauchemar. Amputé du moindre rebondissement, privé de sursauts, le récit perd l’assistance devenue à même de prédire la moindre ligne de dialogue. Promenons-nous dans les bois qu’il disait...


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