Critique de film

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Thale

"Thale"
affiche du film

Deux nettoyeurs de scènes de crime vont découvrir une cave cachée sous une cabane perdue dans une forêt. Dans cette cave se cache une mystérieuse jeune fille, et elle est un secret que d’aucun pourraient aller bien loin pour garder.

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Trailer - Thale (2012)
Par : Damien Taymans

Les critiques à propos de ce film

Critique de Thale - Conte défait
Par : Damien Taymans
Tags : BIFFF 2013

Les Nordiques, c’est une tradition, aiment à secouer leurs propres racines pour faire tomber de l’arbre des fruits bien de chez eux. Rare Exports : A Christmas Tale terrasse les conceptions occidentales gangrénées depuis un siècle par l’imagerie Coca-Cola et rétablit le Père Noël en épouvantail pédo-psychopathe, revenu d’outre-rocaille pour terroriser les têtes blondes encapuchonnées du continent tandis que Troll Hunter farfouillait dans la mythologie locale pour exhumer des monstres géants du cru. Place aux huldres désormais, ces créatures sylvestres à l’apparence humaine mais flanquées d’une queue de vache. "La vache" diront les plus réticents au transgenre, "Plus y a de queues, plus on rit" rappelleront les adeptes du bunga-bunga cher à Berlusconi, ce commensal de la baise.

Thale du norvégien Aleksander Nordaas s’émancipe du calque traditionnel du cinéma d’épouvante pour adopter le point de vue de personnages singuliers, à l’image de exemples précités (dans Rare Exports, le point de vue choisi par Helander était celui d’un petit garçon tandis que les colossales silhouettes des trolls se livraient à des reporters amateurs et, pour le spectateur, par le prisme du "documenteur". Les trublions se prénomment Elvis et Leo et nettoient les scènes de crime, épongent les flaques de sang et font disparaître toute trace d’insalubrité d’origine cadavérique. Ce décalage donne lieu à une séquence d’ouverture digne des meilleurs buddy movies : les compères en plein ouvrage se partagent équitablement les tâches : l’un ramasse les derniers bouts laissés par un corps fraîchement emporté pendant que l’autre remplit les seaux vides destinés à accueillir lesdits morceaux avec son propre vomi. Appelés pour récupérer un corps dévoré par les loups, ils tombent nez-à-nez sur une charmante créature en tenue d’Eve dans un sous-sol. Pas de bol : elle boit pas, elle fume pas, elle cause pas... mais qu’est-ce qu’elle est sauvage !

Passé l’entrée en matière plutôt amusante, Thale n’a plus grand-chose à offrir. Nordaas nous convie à un tour du propriétaire du labo secret et révèle quelques bribes de l’existence de sa bête de folklore, nourrie aux conserves périmées et élevée par un scientifique désireux de la protéger des hommes. De l’humanité, celle qui saucissonne chaque nouveau mystère de la Nature pour le passer au microscope dans l’espoir d’éblouir ses semblables. Ces mêmes êtres en panoplie hermétique qui débarquent dans l’antre de la Bête que nos deux gugusses vont mettre un point d’honneur à défendre. Amputée de sa queue, la Huldre est aussi fragile que l’œuvre, amputée d’un second degré qui lui fait défaut dès la fin de la première bobine.

Malgré une photographie correcte et une réalisation parfois inspirée (la plongée sur le bain laiteux lors de la renaissance de la créature et les traversées en pleine forêt), Thale reste une production indépendante peu inspirée et peu inspirante.


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