Critique de film

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Teeth

"Teeth"
affiche du film

Dawn est une adolescente qui essaie tant bien que mal de contenir sa sexualité naissante en étant une des membres les plus actives du club de chasteté de son lycée. Etrangère à son propre corps, la prude découvre que son vagin a la particularité d'avoir des dents...

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Les critiques à propos de ce film

Critique de Teeth - Un film qui a du mordant
Par : Damien Taymans

Premier long métrage de Mitchell Lichtenstein, fils de Roy, représentant warholien des années 70, Teeth capte d’emblée l’attention par le truchement de son pitch singulier. Une jeune adolescente, porte-étendard de la virgin attitude, découvre un beau jour que son vagin est pourvu de dents. Mais reposer sur un scénario particulier ne signifie pas forcément que le métrage brillera par son originalité. D’autant que les teenage movies sont légion et qu’ils sont généralement affublés de la même carcasse nauséabonde qui consiste en la recette toujours financièrement intéressante et moralement acceptable du « gags libidineux et psychologie de bas étage ».

La première scène sonne de suite le « la » sur le ton adopté pour le reste de l’œuvre. Deux jeunes enfants batifolent dans une piscine de jardin devant l’œil attendri des parents présentés comme un couple recomposé. Le garçonnet tente de jouer à touche pipi avec sa demi-sœur et hurle de douleur avant de brandir sous les yeux ébahis de son père un doigt profondément entaillé. Alea jacta est comme dirait l’autre Jules. Teeth ne se bornera pas seulement à reproduire les schémas conventionnels usés par les American Pie et autres comédies adulescentes flagorneuses. Mieux, à l’instar du pauvre doigt de l’enfant mordu, il ira au fond des choses.

Amusant et dramatique à la fois, Teeth présente brièvement le personnage principal sans tomber dans la répétition abusive ni dans la psychanalyse superflue. Dawn n’a qu’un credo dans la vie : maintenir sa virginité afin de se livrer, fraiche et pure, à l’homme de sa vie. Ces préceptes qu’elle prodigue à des brassées d’ados en devenir trouvent une illustration dans son attitude de jeune fille parfaite et sont contrecarrés par le comportement davantage libéré du frère de Dawn. Travaillant l’un et l’autre, Lichtenstein oppose fréquemment l’héroïne et son anti-héros qui se distingue de cette dernière par son appétit sexuel et par sa conduite amorale (haine envers les parents, amour de la sodomie et élevage d’un chien dangereux dans sa propre piaule). Autrement dit le frérot est autant libéré que les principes de Dawn ne sont liberticides.

Pourtant, l’adolescente se laisse assez rapidement gagner par le désir érotique même si sa doctrine le lui interdit. Manipulée par son auteur, Dawn se transforme petit à petit en une égérie anti-puritanisme. Progressivement dévêtue de ses principes pudibonds, elle rejette la Britney Spears attitude pour faire la découverte de son mont de Vénus. Ruinant les règles des parents et les censures professorales, Dawn va au devant de sa propre sexualité et entre dans une lutte difficile contre deux ennemis aussi redoutables l’un que l’autre : l’homme et son éternelle propension à dissimuler pour mieux enfiler et son propre appareil génital denté.

Au ton gentillet qui auréolait la première demi heure du métrage se substitue une tonalité plus corrosive, symbolisée par l’émergence de l’horreur au sein de ce mélodrame. Situations horrifiques formidablement orchestrées qui ne versent pas dans la monstration facile en faisant sourdre des litres d’hémoglobine pour le plaisir des adolescents de tout poil. La scène du gynécologue est en ce sens particulièrement révélatrice du talent du réalisateur pour l’insertion de l’horreur au sein d’une situation lambda traitée avec absurdité et intelligence.

Dommage que le métrage tombe à certains moments dans le contraire de l’effet recherché en serinant des séquences assez répétitives et en insistant trop lourdement sur la métaphore ennuyeuse de l’accession rituelle à la féminité totale.

Evitant les écueils propres au genre du teenage movie, Teeth s’offre le luxe de distiller un message certes parfois superficiel mais jamais dénué d’intérêt. L’une des contributions horrifique les plus appréciables de l’année assurément.


Critique de Teeth - Yoni soit qui mal y pense...
Par : Gore Sliclez

Étonnement, la légende du vagin denté n’a pas souvent été développée au cinéma mis à part Fellini dans son Casanova (1976) ou récemment dans le teuton Penetration Angst (2003). Sujet désormais mis en lumière par Mitchell Lichtenstein qui a décidé de plonger ce mythe dans l’univers conservateur et puritain d’une certaine Amérique, celle-là même qui remet en cause la théorie de l’évolution darwinienne. Dawn O’Keefe en est la remarquable ambassadrice et par la même occasion souffre-douleur de son lycée. Il faut dire que, née avec un vagin denté, la belle a plutôt intérêt à se réfugier dans une virginité de fer en ces temps libertaires, au risque de paraître pour la bigote inconciliable mais évitant ainsi les massacres. Et ce n’est pas son frère sodomite (qui fatigue sa nana à la longue), sa mère cancéreuse ou son père transparent qui vont éclairer Dawn sur son idéologie radicale.

Et pourtant l’étudiante a de plus en plus de mal à refréner son attirance physique pour Tobey, vivant des rêves érotiques et acceptant finalement un rendez-vous galant dans un cadre paradisiaque et propice aux premiers ébats. C’est que l’ami Tobey ne s’est plus branlé depuis Pâques (dixit) et que les hésitations minaudées par notre Dawn ne semblent plus trop faire leur effet pour arrêter et refroidir notre étalon chauffé à blanc. Dès lors Tobey force le passage et se retrouve amputé de son outil cisaillé proprement... Une scène gore plutôt bien réussie qui arrachera des moues de dégoût bien réelles à la gent masculine.

Alternant entre l’horreur gore et l’humour de circonstance, Lichtenstein semble donc vouloir régler quelques comptes avec une société américaine ultra républicaine pour qui « même les P-G 13 sont violents ». Baignant sa ville dans les fumées âcres de deux tours d’une centrale nucléaire, le vagin denté et le cancer de la mère prennent soudainement leur signification comme un message écologique en suspens, jamais nommé, mais toujours bien présent à travers le film.

La scène chez le gynécologue est de loin la plus hilarante du film où l’on voit ce spécialiste, d’une suffisance caricaturale, se faire happer la main et virevoltant comme un dément pour la dégager.

Et d’autres scènes jubilatoires il y en a dans cette œuvre sympathique où les personnages secondaires sont développés et interprétés efficacement. On regrettera néanmoins sur la longueur un manque flagrant de zèle dans l’exploitation irrévérencieuse des thèmes polémiques, faisant un regrettable sur-place scénaristique dès la seconde partie du film. Le résultat est donc plus aseptisé et moins couillu qu’espéré. Mais ne boudons pas notre plaisir de voir ainsi une œuvre décalée dans un cinéma de genre américain peu surprenant…

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