Critique de film

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Tarzan trouve un fils

"Tarzan Finds a Son!"
affiche du film

Dans les débris d'un avion qui s'est écrasé, Tarzan et Jane trouvent un bébé. Ce sera Boy, leur fils adoptif.

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Les critiques à propos de ce film

Critique de Tarzan trouve un fils - Et Richard Thorpe trouve la recette
Par : Fred Pizzoferrato

Ce quatrième épisode des aventures de Johnny Weissmuller dans le rôle de Tarzan devait, à l’origine, s’intituler « Tarzan In Exile ». Lassée du rôle de Jane, Maureen O’Sullivan souhaitait en effet quitter la saga et les scénaristes décidèrent de tuer son personnage à la fin du long-métrage. Ayant appris cela, Edgar Rice Burroughs, le créateur de Tarzan, menaça les studios de poursuites, même si rien dans son contrat ne l’y autorisait. Ce battage médiatique attira cependant l’attention des fans, lesquels ripostèrent par un tir nourri de critiques à l’encontre des producteurs et, au dernier moment, la blessure mortelle de Jane fut guérie. Le film, forcément beaucoup plus léger, sortit finalement sous le titre de Tarzan trouve un fils. Moins ambitieux que les deux premiers épisodes (Tarzan l’homme singe et Tarzan et sa compagne), il est, toutefois, plus plaisant et cohérent que le piètre Tarzan s’évade.

L’intrigue, au départ imaginée pour garder l’audience familiale de la série, menacée par le départ annoncé de Jane, n’innove guère et expédie un petit groupe d’avides Hommes blancs à la recherche d’un quelconque trésor. Seul nouveauté, le « trésor » en question est en réalité un petit garçon, héritier de la colossale fortune de la prestigieuse lignée des Greystoke.

Si les producteurs souhaitaient adjoindre à Tarzan un enfant pour élargir leur public, il était à cette époque strictement impossible d’imaginer Jane enceinte des œuvres du Roi de la Jungle hors des liens sacrés du mariage. La stricte application du code Hays, adopté en 1934, rendait, en effet, beaucoup de sujets « indécents » et interdisait la représentation de l’adultère et des naissances hors mariage, replaçant la famille traditionnelle comme seul modèle possible. A la fin des années ’30, la sexualité et l’érotisme, même suggérés, sont bannis des écrans. Tarzan et Jane, qui vivent à demi nu dans le péché, deviennent, forcément, une cible de choix de la censure, laquelle oblige Jane à s’habiller d’une robe « sac à patates » moins suggestive que son seyant maillot de bain. Le côté « adulte » et « libertin » des premiers films disparaît, remplacé par une conception purement occidentale et édulcorée de l’existence au cœur de la jungle. Le couple y reconstitue par conséquent une parfaite petite famille et vit dans une cabane dotée de pratiquement tout le confort moderne. Seul manque à leur bonheur un indispensable enfant mais, comme les amoureux doivent hypocritement se contenter de chastes caresses, Jane ne peut tomber enceinte. Heureusement, Tarzan va, comme l’indique le titre, « trouver un fils », apporté par la Providence.

Après un accident d’avion, un jeune couple meurt au cœur de la jungle hostile, laissant un unique survivant, un bébé découvert par Tarzan et Jane. Baptisé Boy, le petit grandit en compagnie de ses parents adoptifs mais, cinq ans plus tard, une expédition part à sa recherche. Attaqués par les hostiles indigènes Gabonis, les Blancs sont sauvés par l’arrivée impromptue de Tarzan et Jane les invite à diner dans sa petite cabane dans les abres. Au cours du repas la jeune femme affirme que les disparus sont décédés dans un accident d’avion. Cependant, les Anglais soupçonnent le jeune Boy, héritier d’une immense fortune, d’être le seul survivant du crash aérien en question. Jane se laisse finalement convaincre de laisser Boy repartir avec les Anglais vers la civilisation et la jeune femme piège Tarzan pour permettre aux explorateurs d’emmener l’enfant. Malheureusement, leurs intentions ne sont guère nobles…

Classique, Tarzan trouve un fils reprend une formule à présent bien connue et sans aucune surprise. L’irruption des « démons blancs » dans le paradis tropical entraine, comme toujours, de graves conflits et quelques scènes de ménage entre Tarzan et Jane. L’Homme singe, en effet, désire garder Boy dans la jungle tandis que sa compagne veut le rendre à sa vraie famille et à la civilisation. Hélas, les Anglais se révèlent bien fourbes et Jane paie cher sa désobéissance au Seigneur des Singes. Atteintes d’une sagaie lancée par un indigène courroucée, elle meurt dans les bras de Tarzan…Ou presque puisque, suite aux pressions de ses admirateurs, Jane survit de manière carrément miraculeuse : la belle se rétablit de façon « magique » et déclare « je me sens bien mieux à présent ». La trop émancipée Jane admet cependant avoir eu tort de s’opposer à Tarzan, le chef de famille, et tout rentre dans l’ordre à la fin du film puisque la petite famille reconstituée peut, de nouveau, vivre heureuse au fond de la jungle.

Cinéaste déjà rôdé, Richard Thorpe (surtout connu pour son Ivanhoé, le très divertissant Le Prisonnier de Zenda et une poignée de « véhicules » pour Elvis, dont le fameux Rock du bagne), emballe ce quatrième Tarzan avec professionnalisme mais échoue à proposer des scènes d’actions excitantes. Les transparences restent ainsi mal maîtrisées, en particulier la charge d’un rhinocéros qui menace le pauvre Boy, et l’effet, pauvre et bâclé, donne l’impression d’un animal gigantesque voulant piétiner un pygmée. Toutes les scènes d’action ont en outre été filmées de manière accélérée, probablement pour conférer davantage de rythme au long-métrage. Malheureusement, le résultat sombre dans un burlesque involontaire particulièrement agaçant qui évoque les futures pitreries de Benny Hill. Les passages humoristiques, par contre, s’avèrent plus convaincants et divertissants en caricaturant avec un certain bonheur « l’american way of life ». Ces instants sympathiques rappellent que Richard Thorpe débuta dans le Vaudeville et était plus à l’aise dans le divertissement que dans l’action.

L’alchimie entre Johnny Weissmuller, Maureen O’ Sullivan et John Sheffield fonctionne, elle, admirablement. Les deux premiers connaissent à présent leur rôle sur le bout des doigts tandis que Sheffield, alors âgé de 7 ans, se révèle parfait dans son interprétation de l’espiègle et bondissant Boy. L’acteur (décédé en 2010) reprit sept fois ce rôle emblématique avant d’incarner le similaire Bomba, the Jungle Boy, dans douze productions de la Monogram, quittant définitivement les plateaux à 24 ans, en 1955.

Sans le sérieux des deux premiers volets mais beaucoup plus plaisant que le troisième, Tarzan trouve un fils se savoure aujourd’hui avec indulgence et nostalgie. Néanmoins, il s’adresse essentiellement aux fans du Roi de la Jungle, lesquels lui pardonneront ses nombreuses faiblesses pour se concentrer sur le seul plaisir de retrouver ce parfum, suranné mais agréable, de la grande aventure.


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