Critique de film

pub

Tale of Tales

"Il racconto dei racconti"
affiche du film

Il était une fois trois royaumes voisins où dans de merveilleux châteaux régnaient rois et reines, princes et princesses : un roi fornicateur et libertin, un autre captivé par un étrange animal, une reine obsédée par son désir d'enfant... Sorciers et fées, monstres redoutables, ogre et vieilles lavandières, saltimbanques et courtisans sont les héros de cette libre interprétation des célèbres contes de Giambattista Basile.

pub


Trailer - Tale of Tales (2015)
Par : Damien Taymans

Les critiques à propos de ce film

Critique de Tale of Tales - Il était une fois
Par : Seb Lecocq

Avant le succès de Gomorra, Matteo Garrone était un metteur en scène italien au succès confidentiel. Depuis, il est un réalisateur scruté, attendu et programmé dans les plus grands festivals européens. L’homme est visiblement versatile car, après sa fresque maffieuse, il a signé une comédie douce-amère moderne et le voilà aujourd’hui à la tête d’une luxueuse adaptation du Pentamerone de Giambattista Basile, le premier recueil de contes jamais assemblé en Europe. On ne pourra pas reprocher à Garrone son manque d’ambition ni son envie de passer du coq à l’âne et d’aborder divers styles et genres de cinéma.

Le premier travail de Garrone scénariste aura été de défricher les cinquante contes qui constituent le recueil pour, au final, n’en sélectionner que trois qui vont s’imbriquer les uns aux autres sans, toutefois, jamais se rencontrer si ce n’est au détour d’une scène de mariage. D’emblée, l’atmosphère est féérique, fantastique et irréelle. De par ses décors et ses costumes qui nous plongent dans un univers hors du monde et du temps puis par son histoire à la fois classique, on est dans la trame balisée du conte traditionnel et moderne de par son traitement parfois frontal de la violence et du nihilisme des récits d’antan. Tout commence par cette reine qui ne peut enfanter et ce mystérieux sorcier qui lui préconise un remède extrême : dévorer le cœur encore chaud d’un monstre marin. Rien de très compliqué là-dedans sauf que comme toujours, dans les contes de fées, tout va partir en quenouille. Le même sort sera réservé au protagoniste des deux autres histoires narrées par Garrone ; celle d’un roi lubrique et libidineux interprété par un Vincent Cassel sans filet et d’une jeune princesse promise à un ogre par son père ayant perdu la raison.

Tale Of Tales est un beau livre d’histoires. La mise en scène est soignée, la musique ample, les costumes chatoyants et la photographie enjôleuse. L’écrin est luxueux, peut-être trop pour les comédiens qui semblent engoncés dans leurs accoutrements et pour le rythme du film qui peine à décoller véritablement. Le récit fonctionne par à coups et propose quelques beaux moments de cinéma comme cette scène de lutte entre le roi, aux relents steampunk, et le monstre marin. Garrone se permet aussi quelques épanchements gore du plus bel effet, respectueux de la violence et de la brutalité du matériau d’origine. Graphiquement, c’est du très bel ouvrage, le film est magnifique et fait honneur au travail de Basile mais il faut avouer que, parfois, on s’ennuie un peu, spécialement pendant l’histoire centrale qui met en scène Salma Hayek et son rejeton albinos au cours de laquelle il ne se passe pas grand-chose de véritablement marquant.

Le conte de l’ogre séduit plus grâce à son côté ouvertement fantastique, tragique et loufoque. On verse là dans le fantastique pur et dur avec moult créatures, de l’horreur et une bonne dose d’hémoglobine versée dans un final qui ne doit rien aux meilleurs survivals. Prise en tant que tel, cette intrigue représente la meilleure part du film, elle fonctionne de bout en bout, semble plus fluide, plus directe et souple que les autres. Le metteur en scène transalpin peut lâcher les chevaux et laisser libre cours à sa fantaisie, sa folie, son excentricité. La moindre des choses quand on parle de conte de fées. Féerique, il l’est, par moment simplement. Fantastique, baroque, cruel, violent, immoral aussi. Dommage que ce ne soit que « par moments ». Dommage que le film soit si inégal dans son déroulement aussi, sans quoi, on tenait quelque chose de fort. Une vraie transposition de l’esprit des contes classiques : brute, âpre, truculente et poétique à la fois.

Il y a un peu de Perrault là-dedans, un peu de Grimm aussi. Fidèle à ses racines italiennes, Matteo Garrone s’inspire du Decameron et des Contes de Canterbury de Pasolini, cela se remarque dans la touche parfois picaresque apportée au récit et dans cette volonté d’inscrire son histoire dans le temps présent tout en respectant le temps historique de la narration. Tale Of Tales n’est jamais figé ou passéiste, on y trouve au contraire, une belle modernité dans les thèmes abordés et dans leur approche.

Tale Of Tales est un bel écrin, un livre d’images somptueux auquel il manque un vrai souffle épique, une ampleur narrative et un rythme soutenu propice à l’aventure. C’est par là que le film pêche. Quelque part, Tale of Tales est le parfait opposé de La Belle et La Bête de Christophe Gans. On soulignera toutefois la versatilité du réalisateur italien qui change une nouvelle fois de style et de genre sans se compromettre ni se perdre en route. Il avait sans aucun doute semé des petits cailloux en route…


Donnez votre avis sur le film !

En résumé
ecrire un commentaire sur le film
;



Galerie photos

photo 51343 photo 51344 photo 51342
Voir la galerie complète

Récentes critiques

affiche du film
Ça
2017
affiche du film
The Black Room
2016
affiche du film
Spider-Man: Homecoming
2017
affiche du film
Okja
2017
affiche du film
Underworld: Blood Wars
2016
affiche du film
Wonder Woman
2017
affiche du film
Pirates des Caraïbes : La vengeance de Salazar
2017
affiche du film
The End
2016
affiche du film
Small Town Killers
2017
affiche du film
The Circle
2017

Cinemag

> Feuilleter

Concours

Sondage