Le Cinéma Fantastique au bout des doigts. Cinéma Fantastique vous propose une critique jeune des films les plus vieux au plus récents traitant du fantastique dans sa globalité. Horreur, gore, fantômes ...
Le premier long du réal belge Daniel Maze
"Le plus important dans les films, c’est que les spectateurs puissent apprécier le spectacle, même si c’est rempli de gore et de noirceur. C’est pour ça qu’on a tenu à injecter un humour tordu dans notre intrigue."
Voilà donc la motivation de Daniel Maze, réalisateur belge, pour qui il s’agit du premier long-métrage. Ce dernier, intitulé Cornered !, suit la difficile nuit d’un groupe de joueurs de poker qui, alléchés par une rançon de 500 000 dollars, décident de mettre hors d’état de nuire le mystérieux serial killer qui hante les supérettes de la ville.
Propriétaire d’un studio de SFX et d’une boite de production, Daniel Maze compte donc proposer un mélange de comédie noire et de slasher tourné en anglais avec James Duval (Donnie Darko) et Steve Guttenberg (Short Circuit, Cocoon, Police Academy).
"En combinant horreur et humour, notre but était d’emmener le public vers une complète expérience visuelle et sonore où nous utilisons une formule alternant rires et séquences-choc. Concernant ce projet, j’ai toujours pensé que nous allions créer quelque chose de spécial et de frais", a déclaré le réal voici peu. Espérons en effet qu’il s’agisse d’un bon moment délire comme on les aime, d’autant que Daniel Maze envisage de tourner d’autres films de genre d’ici peu.
Avec sa société de production, MAZEfx, il entend bien bousculer le petit monde de l’horreur et multiplie pour l’instant les projets : "Notre compagnie développe actuellement plusieurs scénarios, incluant de l’horreur, de la SF, du fantastique et de l’action/aventure, et même une séquelle de Cornered !"
Autant dire que ce genre d’initiatives nous ravit particulièrement et que l’on attend avec impatience ce Cornered !.
Voici en attendant, l’interview de ce sympathique réal ainsi que le trailer du film :
Tu peux nous raconter la genèse du film ?
Le film belgo-américain Cornered est le résultat d’années de préparation et d’un dur labeur. Tout a commencé quand je me suis réveillé une nuit avec une idée de scénario que j’ai directement mise sur papier. Les jours qui suivirent j’ai mis le script au point et je l’ai envoyé chez un écrivain anglais. Ensemble nous avons continué à peaufiner le texte avant d’arriver à très bon scenario. Au bout de quelques mois, j’ai développé un business plan avec ma femme qui est productrice avant de chercher de l’argent pour réaliser le projet, on a fait le planning pour le tournage et on a arrangé notre visa pour les Etats-Unis. Comme je l’explique maintenant ça donne l’impression que tout s’est passé vite mais franchement ce fut loin d’être très facile, ça prend énormément de temps et d’énergie pour organiser le tout. Mais bon, une fois que tu as tout préparé, tu peux commencer avec le tournage et alors t’est vraiment en route.
Pourquoi as-tu quitté la Belgique pour les Etats-Unis ?
Je n’ai pas vraiment quitté la Belgique, j’ai toujours ma maison ici, mais parce qu’on voulait tourner un film qui soit également intéressant pour le marché international on a choisi de réaliser le film aux Etats-Unis. On a trouvé des investisseurs privés pour notre projet, surtout des PME. Il va de soi qu’il s’agit d’un vrai investissement et que que donc la possibilité d’engendrer du profit détermine l’intérêt des « donateurs ». Comme Cornered est un film en anglais on peut parler d’un produit international et on peut garantir un return on investement très intéressant pour les investisseurs. En ça, Cornered est plus qu’un film, c’est aussi un produit commercial. Nos projets suivants vont aussi être financés de la même manière.
Quel est ton parcours ?
J’ai commencé comme DJ et très vite je suis devenu producteur de ma propre musique. Scoop est une chanson par exemple dont beaucoup de gens se souviennent encore, avec cette chanson j’ai réalisé un disque d’or en Belgique et même un disque de platine aux Pays-Bas. Mes disques m’ont rapporté des ressources financières pour fonder MAZEfilms, une compagnie qui au début faisait surtout du commercial et des films pour des entreprises. Et puis, dans le monde de la postproduction on a très vite trouvé la route du succès et on s’est spécialisé dans les effets spéciaux que l’on voit d’ailleurs un peu dans Cornered.
Pour réaliser ça t’as besoin de deux choses très importantes : un très bon casting director, c’est le type qui crée les contacts avec les agents des acteurs, et bien sûr un très bon scénario ! Steve Guttenberg était directement très enthousiaste après avoir lu le scenario de Cornered et il m’a téléphoné lui-même. À ce moment là il était en Allemagne pour une autre production et il m’a invité chez lui à Los Angeles. Nous avons discuté à deux du film et son personnage. Ensuite, James Duval qui aimait beaucoup le scénario fut très vite attiré par le projet.
Qu’est-ce que ça te fait d’avoir ainsi deux acteurs confirmés pour ton premier film ?
Évidement ça donne un sentiment spécial de travailler avec des noms connu pour réaliser mon film, en savant que j’étais encore un jeune dans les années 80. Dans le temps je ne pouvait jamais imaginer qu’un jour je réaliserai un film avec le Mahoney de Police Academy pour un de mes propres films. C’était fantastique de travailler avec un vrai professionnel comme Steve Guttenberg, mais aussi avec les autres acteurs qui étaient tout à fait parfaits dans leur rôle et le résultat c’est que nous avons un film assez complet…
Attiré par le cinéma d’horreur ?
J’ai toujours été un fan du genre horreur. Le film d’horreur t’emmène dans des endroits ou tu n’y vas pas chaque jour de ta vie quotidienne. La créativité que tu peux mettre là-dedans est sans limites. Avec un tel genre de film tu peux aller très loin, tu peux vraiment exagérer. Aussi dans Cornered on est allé jusqu’au bout, on a créé notre propre monde et on a très bien exploré toutes les facettes. Je suis vraiment très fier du résultat. C’est surtout un gore slasher . Tous les éléments d’un film d’horreur sont fortement présents avec un clin d’œil vers l’horreur classique et d’une manière assez cynique. C’est une combinaison qui à mon avis est très originale et du jamais vu ce qui donne qu’on a pu réaliser un film très frais et novateur. Pour certaines scènes tu flippes grave et à d’autres tu n’arrives pas à t’arrêter de rire.
Tes références dans le cinéma de genre ?
Steven Spielberg, James Cameron, Ridley Scot, etc…que des grands noms quoi ! Ils ont tous réussi à faire des films superbes et avec une telle grandeur. Avec n’importe quel budget, tu dois faire quelque chose créatif… Tous ces réalisateurs que j’ai nommé ont commencés très petits et film après film ils ont pu construire quelque chose de plus grand. C’est aussi mon plan pour l’avenir et Cornered est un bon départ. En 2009, on commence déjà avec un nouveau projet, plus grand, plus ambitieux !
L’idée du scénario est venue lors d’une partie de poker ?
Non, quand même pas ! La scène du jeu de poker est une partie très importante dans le film mais l’idée du film a commencé avec un livre qui traitait d’un serial killers que ma femme avait déniché. Il y a 15 ans de cela, durant une nuit, ma femme a fait la rencontre avec un inconnu dans un petit café à Oostende. Ils ont commencé une discussion sur les psychopathes. Avant de partir il lui a donné ce livre et lui a dit : « Comme ça tu connaîtra mieux ce qui se passe dans la tête d’un assassin. Reviens ici dans deux semaines et alors ont continuera notre discussion ». Elle n’a, heureusement sans doute, plus jamais rencontré cet homme mais quand même ce livre nous a donné beaucoup d’inspiration pour le film.
De nouveaux projets en préparation ?
Oui, oui pour le moment nous sommes dans la phase de développement de trois nouveaux projets dont un en pré-production. D’abord on doit mettre au point le business plan et rassembler de l’argent. Nous avons déjà reçu beaucoup de belles propositions. Je peux déjà vous confier que le prochain projet sera un film de science fiction. Celle-ci est un genre très fort pour un public très fidèle, malheureusement il n’y a plus beaucoup de réalisations dans ce genre ces dernières années et donc les spectateurs ont faim de ce genre là. Mais on va les aider… je souhaite vraiment résoudre ce problème. Le film aura un côté assez obscur, sombre et très réaliste. Pour les effets spéciaux on va fonder une maison de postproduction à Burbank (LA) qui s’appelle MAZEfx. Comme ça on peut assurer tout le suivi d’une production dans son intégralité et conserver le contrôle total sur le projet ce qui est plus efficace comme méthode.
Frank Van Geloven, Jonas Govaerts en Flandre, Fabrice du Welz à Bruxelles, est-ce que le film de genre se dévellope en Belgique ?
Tous les styles sont différents, même l’horreur classique a évolué. Ces dernières années les films se basent beaucoup sur la psychologie humaine. Les films de monstres c’est un peu dépassé, ils ont cédé leur place à des films avec des scénarios très forts et profonds. Ce changement a inspiré beaucoup de jeunes réalisateurs comme moi-même. Dans ce genre, il faut toujours avoir une histoire intéressante, sans un script fort, tout le film est un effort perdu. Et en effet, en cela, il y a surement beaucoup de talent en Belgique, on peut en être fier.
Tu reviens donc de temps en temps en Belgique…
Pour la production de Cornered j’étais un peu plus de six mois à LA pour y fonder MAZEfilms Inc. Mais je reviens régulièrement en Belgique pour les besoins quotidiens de ma maison de production MAZEfilms BVBA et pour communiquer avec les investisseurs. Pour le nouveau projet je pense que nous serons entre huit et dix mois aux States, ce qui est bien nécessaire quand tu as deux compagnies comme celles-là et quand tu est en train de réaliser un film. Heureusement on a une équipe très professionnelle avec une bonne organisation ce qui fait que chaque projet se déroule bien. Mais en ce qui concerne la réalisation en Belgique, les négations avec les distributeurs aux Etats-Unis Amérique sont en pleine activité mais également pour le reste de l’Europe, nous sommes en train de parler aves des distributeurs du Benelux.
Interview réalisée par Gore Sliclez et traduite par Jelle Berden.
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Commentaires
Je suis d’accord, je suis novice et cet article m’a bien aidé.
C’est mon 1er commentaire mais pas le dernier !
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