Interviews

Surrender, hommage au film d’action...

6 octobre 2008 | Par : Gore Sliclez

Interview de Guillaume Pierret et Rémi Leautier

Pour ceux qui l’auraient oublié, le cinéma de genre c’est aussi celui de l’Action. Un genre malheureusement lui aussi sous-estimé dans l’hexagone mais que voudraient faire revivre deux cinéastes et cinéphiles français : Rémi Leautier et Guillaume Pierret. Leur troisième court-métrage, l’énergique et prometteur Surrender, dont la première projo aura lieu le 9 octobre à Muret, laisse deviner un talent certain venant de ces deux compères. En leur souhaitant plein succès et en attendant peut-être de les voir au détour d’un festival, CinemaFantastique.net vous livre l’interview de ces deux passionnés qui méritent assurément le détour…

Surrender est déjà votre troisième court-métrage, pouvez-vous nous raconter votre parcours ?

Guillaume : J’étais en fac de géo quand on a décidé Rémi et moi de réaliser notre premier court-métrage en 2005. On a emprunté un camescope mono CCD à un pote, et on s’est lancés dans l’aventure de la réalisation, un film de combat avec beaucoup de monde à gérer, ce qui n’a pas été facile faute d’expérience. On a suffisamment appris pour se lancer l’année suivante sur un projet plus maîtrisé et abouti : « Indemne ». Un court-métrage qui nous a servi de carte de visite pour réaliser au mieux « SURRENDER »…

Rémi : Comme pour beaucoup de monde, le départ a été donné par les films qui ont accompagné ma puberté. J’ai toujours été public du spectaculaire, alors Indiana Jones, StarWars, les Bruce Lee ont été des éléments déclencheurs. Partageant cette passion avec mon pote de berceau Guillaume Pierret, on a décidé de se faire plaisir en réalisant notre propre cinéma d’action.

De nouveau, le court est un film d’action. Vous dites que l’objectif est de dynamiter le cinéma de genre français qui délaisse l’action au profit de l’horreur. Pouvez-vous développer ?

Guillaume : Aujourd’hui, le ciné de genre en France se résume principalement au cinéma d’horreur, d’angoisse, ou au cinéma gore. C’est une tendance qu’on peut observer aussi dans les courts-métrages, y compris dans les plus ambitieux. Cette ambition on l’a aussi, mais nos influences nous poussent à faire du cinéma d’action, un genre réputé craignos dès lors qu’on n’a pas les moyens pour le faire ! Personnellement j’encourage chaque réalisateur à faire selon ses influences, je n’ai rien contre le cinéma d’horreur que j’affectionne aussi, mais je suis content de débarquer avec un film qui rappelle qu’on peut aussi faire des films d’action crédibles, même fauchés !

Rémi : Il existe un très gros potentiel en France pour faire de l’action, de la vraie. Une bonne et vraie poursuite en voitures, il lui faut des crashs, non ? Sinon on va croire que c’est facile de piloter en pleine ville à 90km/h. Et bien en France, on empile des voitures de police, c’est marrant, c’est vrai ! On a modestement essayé avec Guillaume d’écrire une poursuite avec ses chapitres et sa chute avec l’aide des cascadeurs de la CarnageProd. Aujourd’hui le résultat nous satisfait, espérons qu’il trouve son public.

Le film est tourné caméra à l’épaule. Question de budget ou volonté délibérée ?

Guillaume : C’est un choix que l’on doit beaucoup à nos influences actuelles. C’est peut être un effet de mode selon certains, mais ce n’est en rien une solution de facilité. Il ne suffit pas de couvrir chaque angle en faisant trembler la caméra pour espérer obtenir un bon film au montage (surtout lorsqu’il n’y a qu’un seul cadreur la plupart du temps). Je dirais que c’est un style de réalisation qui est parfaitement adapté à ce qu’on filme, et c’est comme ça qu’il faut raisonner. L’avantage provient du fait qu’on tourne en Mini-DV, au moins ça coute rien de recommencer une prise…

Pour ce troisième métrage plus musclé encore, avez-vous eu plus facile pour trouver des fonds ? On pense notamment aux cascades qui ont du demander plus de budget...

Rémi : On avait vraiment la rage pour faire ce court-métrage, mais la chance a aussi voulu que notre précédent court « Indemne » séduise le « baron » de la Carnage prod. Lorsqu’il a appris notre système D pour faire de la cascade avec 3 bouts de ficelle, il a eu envie de nous épauler pour la suite. Sans l’aide de cette équipe, on n’aurait pas eu un tel résultat. Ils nous ont fait confiance, se sont laissés diriger, et l’ambiance du tournage était productive et agréable.

Guillaume : A la base, la poursuite en voitures devait être intégralement truquée. Comme le dit Rémi, c’est au fil des démarches pour bloquer les routes et trouver des accessoires, qu’on a rencontré cette association de cascadeurs expérimentés. C’était une aubaine inespérée d’avoir l’occasion de filmer de vraies cascades automobiles ! On a ensuite passé des mois à obtenir l’aval pour bloquer des rues du centre-ville, et dégoter des voitures en fin de vie vouées à la destruction... Au final, « SURRENDER » est une autoproduction de moins de 3000 euros, qui aura par contre coûté un max de patience et de motivation, vu qu’on est partis absolument de rien.

Le tournage des cascades était-il une première pour vous ? Comment avez-vous abordé les difficultés techniques inhérentes à ce genre d’action ?

Rémi : On n’avait évidemment aucune expérience sérieuse ni de formation pour le tournage d’une poursuite en voitures. Alors c’est simple, on l’a fait à notre sauce, la CARNAGE nous a guidés sur la sécurité à respecter, et le reste c’est de l’instinct, au feeling. On a concentré tous nos efforts sur ces scènes…

Guillaume : C’était en effet une première. On savait qu’on n’aurait que deux jours pour tourner tout ce qu’on voulait, et qu’on ne pouvait pas bloquer chaque rue plus d’une demi journée, avec les passants et une météo très capricieuse à gérer… Quand on réalise une scène de ce style, il vaut mieux savoir où l’on va, mais on l’avait tellement rêvée qu’on savait exactement ce qu’on voulait. Les cascadeurs étaient à l’écoute, ils bossaient vite et bien, et la concentration était optimale malgré le froid et, parfois, la neige… Beaucoup de stress en amont, mais tout s’est passé comme prévu, sans jamais rien revoir à la baisse.

L’image froide et bleutée est très à la mode ces temps-ci à l’instar d’un MR 73 par exemple. Symptomatique du film d’atmosphère urbaine selon vous ?

Rémi : Nous avons tourné ce court avec pour seul matériel une DVX100, l’éclairage est naturel, donc dépendant de la météo hivernale d’un jour sur l’autre. L’étalonnage nous a juste permis d’harmoniser des plans déjà « froids » à la base. Après, pour ce qui est du spectacle urbain, c’est vrai que le cliché nous fait penser qu’on est toujours en hiver avec un temps dégueulasse, mais ce symptôme ne s’applique pas à toutes les réals. J’en reviens encore à la série « The shield » qui se passe à LA, où le mois d’août est omniprésent et n’enlève rien au style urbain.

Diriger une équipe beaucoup plus importante que pour les métrages précédents n’était pas une trop grande pression ?

Guillaume : En ce qui me concerne, j’étais un peu anxieux. A part Rémi et moi, personne ne savait ce qu’on allait faire le jour J. Finalement, une fois ce jour arrivé, toute pression était envolée, on avait un objectif et on allait le poursuivre coûte que coûte, ce qui nous a donné des ailes. Tout le monde a suivi, il n’y avait pas de place pour l’improvisation, et ça a beaucoup aidé ! Il y avait un aspect ludique incontestable dans le fait de recréer une poursuite en voitures, donc tout le monde s’est pris au jeu. Je parle souvent de cette scène car c’est évidemment celle qui a demandé le plus de logistique. Les autres jours de tournage, même si l’équipe était plus réduite, elle n’en restait pas moins deux fois plus importante que dans nos précédents projets. Mais comme d’hab, tout s’est passé dans la bonne humeur, sans jamais relâcher la pression !

Rémi : On savait exactement où on voulait aller, donc quand l’équipe est efficace et productive, la pression s’en va. Le casting a donc été une grande réussite sur ce point là.

Les acteurs ont « de la gueule », hasard ou choix ?

Guillaume : C’est un choix. Ils ont aussi été choisis selon leur motivation, que je voulais à toute épreuve. Et j’ai pas été déçu ! Pour les scènes de combat, la première qualité requise est l’endurance. On ne crée les chorégraphies que le jour même ou la veille, histoire de garder l’énergie intacte. Donc au moment de filmer, mieux vaut des acteurs qui tiendront le coup non-stop pendant 5 heures, le temps de bien faire. Damien Leconte et son passif de champion de kickboxing correspondait parfaitement au profil. Quant à Rémi, il n’y avait même pas à se poser de questions après deux tournages bien méchants ! Quant à Stephen Scardicchio, il s’est investi à 200% toute la semaine alors qu’il n’avait qu’une scène à tourner. De manière générale, tourner avec une équipe pareille n’aura été que du bonheur, et il faut remettre ça au plus vite !

Quelles furent vos inspirations (littéraires ou cinématographiques) à l’écriture de ce film ?

Guillaume : On est des fans de la première heure de la série « The Shield », ce qui nous influence inconsciemment sur le rendu visuel que l’on souhaite. Dans la même veine, la trilogie Bourne et ses scènes d’action filmées sur le vif ont été un autre déclic. On s’influence aussi de ce que font les potes en matière de courts-métrages de genre… Il y a une émulation positive qui fait que l’on veut toujours placer la barre plus haut et repousser les limites. Les courts-métrages amateurs n’ont jamais été aussi ambitieux qu’à l’heure actuelle, on arrive sans doute aux limites de ce qu’on peut faire avec un camescope grand public et une équipe recrutée grâce à Myspace ou aux forums spécialisés…

Qui se cache derrière Homelands ?

Guillaume : Tout simplement un ami désireux depuis longtemps de monter sa propre boite de production. Ce court-métrage était l’occasion rêvée d’officialiser tout ça vu qu’on avait besoin d’un statut associatif pour effectuer les démarches nécessaires auprès de l’administration française. C’est aussi une structure destinée à s’épanouir, et qui à terme proposera un catalogue varié, allant du court-métrage à la littérature, en passant pourquoi pas par la BD.

Vous projetez pour la première fois à Muret, lieu du tournage. Avez-vous déjà d’autres salles de prévues ?

Guillaume : Une projo à Paris est prévue en fin d’année, aux côtés de trois autres courts-métrages qui nous tiennent à cœur. On a en effet réuni des réalisateurs qui se retrouvent cette année dans le même cas que nous, ayant chacun finalisé cette année leur film le plus abouti. Rien de concret pour les dates encore, mais c’est en très bonne voie grâce à l’association « L’orange verte », qui se charge d’organiser tout ça.

Rémi : La première de « Surrender » devait avoir lieu à Muret. C’est la première fois où nous avons du défendre notre projet auprès d’une mairie, d’une administration et des autorités locales. La projection est un moyen de les remercier et d’en faire profiter tous les gens du coin qui ont gravité autour de ce tournage…

Pensez-vous que Surrender est l’étape ultime avant le grand plongeon dans le long métrage ? Des contacts déjà ?

Guillaume : C’est en tous cas l’étape ultime dans notre « carrière » d’amateurs. Plus question d’envisager la réalisation sans budget ni équipe technique derrière. Long-métrage ou pas, il nous reste à faire nos preuves dans quelques domaines, ceux qui ne pourront se passer de financements… Donc voilà, c’est tout frais, on a à peine fini « Surrender », donc c’est difficile de se prononcer sur ce qui nous attend... ou pas.

Pour en savoir plus : www.surrender-lefilm.com

TEASER SURRENDER

Commentaires

et mais c’est quoi ces commentaires cruels ... Mais comme c’est méchant ! on fait ce genre de critiques arrogantes quand un film bénèfici d’une grosse productions et existe coute que coute, la vous descendez des amateurs qui mettent leur couilles sur la table, qui ont mit leur tripes... Pouquoi en vouloir autant à des gars qui OSENT ? Oui eux ils OSENT ! Ils ne passe pas leur vie planqué derriere un PC à collectionner les fonds d’écrans de leur héros prèférés pour finalement vivre par procuration ... Ils aiment le cinéma et ils en font ! et mafois pour un "premier" film je trouve le résultat plus que satifaisant ... Très bon film les mecs, vous assumez votre gouts pour l’action et vous savez la filmer !

12 avril 2009 | Par Fabien Donletto

Des acteurs insipides, un scénario inexistant ; une réalisation tremblotante : bref, un mauvais film !

12 février 2009 | Par Logan Air

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