Cinemafantastique vous propose une critique jeune des films les plus vieux au plus récents traitant du fantastique dans sa globalité. Horreur, gore, fantômes ...
Dan Geraldo (Alain Chabat), grand reporter en quête de scoop, et son guide local Pablito (Jamel Debbouze) découvrent en pleine jungle de Palombie un animal ovipare jusqu’alors inconnu, le Marsupilami, mi-léopard mi-koala.
Par Sébastien Brunclair
Dans le monde des adaptations de bandes dessinées au cinéma, Alain Chabat tient une place toute particulière : avec son Astérix : Mission Cléopâtre, l’ex-Nul était parvenu à convaincre autant les fans de l’œuvre originale que les néophytes, grâce à un humour ravageur, un casting de qualité et une réalisation de haut vol.
En 2012, après de longues années de gestation, il revient avec sa vision du Marsupilami, création culte du vénérable André Franquin. Avec Jamel Debbouze à ses côtés, les ingrédients de son plus grand succès semblaient réunis pour donner naissance à une nouvelle référence. Pourtant, depuis le début de la communication autour de l’œuvre, le doute s’installe : bandes-annonces lourdingues,
affiche au goût discutable et, surtout, des premières images du Marsupilami himself exposant un style ultra-mignon assez éloigné de son modèle de papier.
Alors, ce Marsu version Chabat est-il au final une vraie comédie d’aventures susceptible d’émerveiller et de générer son lot de répliques cultes ? Ou n’est-il rien de plus qu’une tentative de relancer la machine commerciale à coups de peluches et de menus fast-food pour enfants ?
Tout d’abord, il faut préciser que le scénario du film n’est pas une adaptation directe d’un volume de la BD. Il suit Dan Geraldo, journaliste TV en perte de popularité, qui se retrouve dans un moment critique de sa carrière : s’il ne réalise pas une interview du chef de la tribu Paya dans la jungle de Palombie, il sera mis à la porte. Son contact sur place s’appelle Pablito Camarron, petit arnaqueur local bien décidé à profiter de Geraldo pour s’en mettre plein les fouilles. Sur leur route, ils tombent bientôt nez à nez avec un dictateur local, un botaniste en quête de jeunesse éternelle et un mystérieux animal légendaire jaune et noir, au centre d’une étrange prophétie…
Autant le dire d’emblée : malgré le fait que le film porte son nom, la bestiole de Franquin est loin d’être omniprésente à l’écran. Comme le laissait présager l’affiche, la place est largement aux personnages interprétés par Alain Chabat et Jamel Debbouze. L’acteur-réalisateur se fait plaisir dans la peau d’un genre d’individu qu’il affectionne : Dan Geraldo est un loser ringard et peu respecté par sa profession, très proche de son personnage de Gilles Gabriel dans La personne aux deux personnes. Jamel quant à lui ressert sa composition de baratineur un poil mythomane, mais parvient à rendre Pablito attachant sans en faire des tonnes.
Ils sont entourés d’une bonne équipe de seconds rôles : Fred Testot excelle dans son rôle de grand méchant obsédé par une cure de jouvence, Lambert Wilson offre au film sa séquence la plus barrée, Géraldine Nakache apporte une touche de charme appréciable,… Au final, la seule qui dénote est Aïssa Maïga, jouant la patronne de Geraldo, horripilante et flinguant chacune de ses scènes (fort heureusement, il y en a très peu).
Mais, à côté de ces interprètes en chair et en os, que vaut la vraie attraction du film ? Et bien, malgré les craintes émises au départ, cette version du Marsu se montre à la fois adorable et féroce. Remarquablement animé, il rend toutes ses scènes très efficaces, en particulier celles qui mettent ses talents de combattant en avant. Malgré les craintes émises au départ, on en vient à regretter de ne pas les apercevoir plus, lui et sa « charmante » épouse au caractère bien trempé.
Alors, tout irait donc pour le mieux en Palombie ? Hélas non. La qualité des interprètes, fictifs comme réels, ne saurait masquer la faiblesse la plus inattendue du métrage : son humour. Essayant de conjuguer aussi bien des gags aptes à faire rire les plus petits que des références destinées aux grands, le film se rate régulièrement, lors de certaines séquences se voulant drôles, mais trop longues et tombant à plat. L’intention y
est, c’est certain, mais on a souvent l’impression de se retrouver face à du « sous-Chabat », écrit par un fan mais rarement au niveau du modèle.
Cela n’empêche pas certaines répliques de faire mouche, et à entendre les rires dans la salle, il ne fait aucun doute que l’ensemble saura trouver ses fans.
Au final, ce qui sauve Sur la piste du Marsupilami, c’est la bonne volonté évidente du réalisateur et de son équipe. Loin d’être une œuvre opportuniste, on sent un vrai respect pour le personnage et pour le public. Malgré ses tares, cette ballade en compagnie d’un des animaux les plus fameux du 9e art reste un divertissement plaisant, mais pas inoubliable, qui souffre surtout de la comparaison avec les précédents faits d’armes de Chabat. Comme il le disait dans La cité de la peur : « c’est bien, mais pas top ».
excellent film !!!! rien a dire .