Critique de film

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Star Wars: Épisode VII - Le réveil de la Force

"Star Wars: The Force Awakens"
affiche du film

Plus de 30 ans après la bataille d'Endor, la galaxie n'en a pas fini avec la tyrannie et l’oppression. Les membres de l'Alliance rebelle, devenus la « Résistance », combattent les vestiges de l'Empire réunis sous la bannière du « Premier Ordre ». Un mystérieux guerrier, Kylo Ren, semble vouer un culte à Dark Vador et pourchasse les ennemis du Premier Ordre à travers la galaxie. Au même moment, une jeune femme nommée Rey, pilleuse d'épaves sur la planète désertique Jakku, va faire la rencontre de Finn, un Stormtrooper en fuite...

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Star Wars : Épisode VII - Le réveil de la Force (2015)
Par : Samuel Tubez

Les critiques à propos de ce film

Critique de Star Wars : Épisode VII - Le réveil de la Force - Quand la Menace fantôme de Disney pèse sur le Nouvel Espoir des fans…
Par : Nicolas Zinque
Tags : Action

Souvenez-vous de ce séisme dans la Force, lorsqu’en octobre 2012, Disney rendit public le rachat de la franchise et, dans la foulée, la mise en chantier d’une suite. A l’époque, moqueries et scepticisme avaient accueilli les futures « aventures de Mickey Mouse dans l’espace ». Et pourtant, trois ans plus tard, Star Wars Episode VII est devenu le film le plus attendu de ce XXIe siècle. La folie collective, alimentée par une campagne de promotion parfaite, a pu se déverser dans les salles le 16 décembre 2015.

Il y a un peu plus de dix ans, la Force devait trouver le repos cinématographique : selon les dires de George Lucas, La Revanche des Sith bouclait la boucle, en racontant comment Anakin Skywalker sombrait du côté obscur et devenait Dark Vador (avant de trouver la rédemption dans Le Retour du Jedi). Mais on le sait, Lucas a beaucoup changé d’avis depuis les premières versions de son space opera : au moment où il signa le contrat le déchargeant de son œuvre, il remit également ses notes concernant une nouvelle trilogie. Celles-ci seront finalement écartées pour laisser la place au synopsis que vous connaissez tous : 30 ans après la chute de l’empire, une nouvelle république a été bâtie. Son bras armé, la Résistance (ex Alliance rebelle) poursuit son combat contre le Premier Ordre, vestige de l’empire. Luke a disparu, mais le maitre Jedi est recherché par les deux camps, et plus particulièrement par l’antagoniste Kylo Ren. Alors que, justement, une piste sérieuse est découverte, la Force somnolente se réveille. Une jeune femme solitaire, Rey, et un stormtrooper renégat, Finn, y sont aspirés. Une nouvelle génération de héros prend son envol…

Un réalisateur et un producteur ont-ils jamais eu plus de pression que J.J. Abrams et Kathleen Kennedy ? Ce Réveil de la Force est le film de tous les dangers : épisode charnière, il doit faire le pont entre plusieurs générations de fans et d’acteurs, tout en enrôlant de nouveaux spectateurs padawans dans l’aventure. Cette menace fantôme ne change rien à l’émotion que l’on peut ressentir en visionnant le film, mais elle pèse sur ce dernier depuis sa genèse et elle éclaire bien des choix quant à sa direction scénaristique et artistique.
Disney et ses scénaristes (aux rangs desquels figure Lawrence Kasdan, largement mis en avant en tant qu’auteur du bien- aimé L’Empire contre-attaque) ont pris le parti de reprendre le scénario d’Un Nouvel Espoir, en y ajoutant quelques variantes. En conséquence, un sentiment de déjà-vu enveloppe ce Réveil de la Force. Pourquoi faut-il nécessairement une planète désertique, un robot détenant un message capital ou encore une scène dans une sorte de bar où se mêlent d’étranges espèces alien ? Devait-on revoir les mêmes batailles et les mêmes menaces ? Des clins d’œil et références aux épisodes précédents étaient attendus, mais ceux-ci prennent tellement de place qu’ils écrasent le récit. Ce recyclage permanent ne serait pas aussi problématique s’il s’insérait dans une intrigue bien construite. Malheureusement, l’histoire est bancale et est faite d’improbables coïncidences, telles que le retour d’Han Solo. Y voir une volonté de la Force est bien trop facile… Le scénario semble caler aussi souvent que possible le Faucon Millenium, avant d’entrer dans l’hyperespace et de se retrouver à un endroit incongru, loin de son point d’origine. Des personnages apparaissent et disparaissent dans l’indifférence générale, ou sont introduits inutilement. A ce sujet, le Capitaine Phasma remporte le titre d’arnaque de l’année. On a beau se répéter que cet épisode pose les bases d’une trilogie et qu’il a forcément beaucoup de choses à dire, son côté foutraque est déplaisant. Et surtout, il ne peut justifier le manque d’ampleur cruel lors des scènes dramatiques censées être intenses. Les révélations sont balancées avec une platitude effarante, comme s’il fallait s’en débarrasser au plus vite.

Bien entendu, Star Wars n’a jamais brillé par la force de ses scénarios, la réplique culte de Dark Vador mise à part. Mais c’est là que Disney a fait une grossière erreur d’appréciation : Lucas a pu se permettre cette faiblesse parce qu’il apportait, dans les années 70, un univers inédit. Quant à la prélogie, mise au bûcher pour ses faibles intrigues (plus particulièrement La Menace fantôme), elle développait énormément la mythologie Star Wars. Au contraire, Le Réveil de la Force démythifie la saga et ses personnages emblématiques, qui ne méritaient pas un tel traitement dramatique. A nouveau, cette critique devra être mise en perspective avec les épisodes VIII et IX : en effet l’œuvre de J.J. Abrams sème quelques graines prometteuses qui seront récoltées par la suite. Malgré leur manque de charisme, les nouveaux protagonistes montent progressivement en puissance, avant de dévoiler des facettes enthousiasmantes dans la deuxième moitié du film. C’est particulièrement le cas de Rey et Kylo Ren (probablement le personnage le plus torturé de la franchise) dont les trajectoires respectives et l’opposition annoncent des scènes mémorables. On n’en dira pas autant de Finn, actuellement relégué au rang de bouffon intergalactique, et de Poe Dameron, le-meilleur-pilote-de-la-galaxie-dont-on-ne-voit-jamais-les-exploits.
Heureusement, Le Réveil de la Force peut compter sur certaines séquences d’action spectaculaires, comme la course-poursuite entre le Faucon Millenium et des Tie-Fighters, entraperçue dans les bandes-annonces. Abrams apporte de nouvelles idées de mise en scène et adopte un style beaucoup plus immersif que les réalisateurs précédents. Dans les plans d’ouverture, nous débarquons au côté des soldats pour mener un raid sur Jakku, avec une approche similaire à celle d’un film de guerre moderne ou d’un jeu vidéo. Un réalisme déconcertant de prime abord, qui apporte de la nuance à l’univers manichéen de Star Wars. Naturellement, il est toujours et avant tout question de l’affrontement entre le bien et le mal, mais des zones grises apparaissent, et c’est tant mieux. Bien que l’histoire ne soit guère emballante, il faut donc admettre qu’on ne s’ennuie jamais : les péripéties alternent avec des scènes de dialogues que l’on suit toujours avec attention, dans l’attente d’une révélation intéressante.

Que penser du métrage tant attendu ? Si l’on ne tient pas compte des autres épisodes et de la mythologie Star Wars, le film de J.J. Abrams est moyen : c’est un blockbuster divertissant qui se regarde sans déplaisir, mais sans émerveillement non plus. Au vu des attentes, oui, il est décevant, et pas qu’un peu. Ce qui frappe particulièrement, c’est son manque d’ampleur. Même John Williams, qui avait pourtant su rendre inoubliable La Menace fantôme avec son Duel of the Fate, s’est un peu éteint. C’est d’autant plus étonnant qu’on ne peut douter de l’enthousiasme de toute l’équipe du film. Néanmoins, ce septième opus annonce de très belles choses. Comme nous l’avions pressenti dans notre Cinémag #7, Le Réveil de la Force est un épisode de transition. L’objectif principal de Disney était de contenter les fans, ce qui est évidemment tout à fait honorable de sa part, mais la compagnie aux grandes oreilles est tombée dans le piège du fan service : paralysée par la peur de revivre le traumatisme de la préquelle, elle a décidé d’opter pour une sorte de remake des épisodes 4, 5, 6, sous couvert de « respecter l’esprit de Star Wars ». Dans sa conception, Le Réveil de la Force fait penser à la saga Expendables, dont les films, en soit tout à fait banals, font mouche parce qu’ils répondent à un fantasme bien particulier. Celui de cet épisode 7 était notamment de voir Solo, Organa et Skywalker à nouveau à l’écran. Un désir habilement créé par Disney, puisqu’il n’existait pas avant octobre 2012. Maintenant que les fans sont « rassurés » et rassasiés, elle va pouvoir donner une orientation nouvelle à la franchise et explorer de nouvelles facettes de la Force, en se libérant davantage de l’héritage de George Lucas. Le meilleur est sans doute à venir, alors, puisse la Force inspirer des récits plus audacieux !


Critique de Star Wars VII - Réunion de famille
Par : Seb Lecocq

On y est enfin. Après des mois d’attente, de teasing savamment orchestré et de marketing viral, le film le plus attendu de la décennie sort enfin sur les écrans. Envolés les goodies, évaporée la campagne marketing plus qu’envahissante, terminées les exigences paranoïaques des studios puisque débarque le film tout nu face au spectateur. Le nouveau Star Wars, premier d’une très longue série de films/téléfilms à venir, est enfin là, débarrassé de tous ses oripeaux pour s’exposer sans fard, en pleine lumière aux yeux de celui qui, dans le noir, l’attend depuis des lustres et trépigne, piégé quelque part entre l’impatience, la peur et la joie. C’est parti pour un voyage garanti 100% sans spoilers « A long time ago in a galaxy far, far away…  »

Ce qu’on peut constater dès la première image, plus encore, avant même la première image, avant même l’apparition du logo Lucasfilms, dès que le noir se fait en réalité, c’est que l’effet Star Wars marche en plein. L’obscurité totale point et on attend l’apparition du logo vert, le texte défilant et la première note de la légendaire partition de John Williams. On lit le texte, puis l’espace, un pano vers le bas nous montre une planète et nous voici, pour de bon, embarqués dans une nouvelle épopée aux confins de la galaxie. De suite, on retombe dans un univers connu, graphiquement, esthétiquement, en un seul plan, les pratiquement huit heures de la prélogie sont effacées, enterrées, ringardisées. J.J Abrams a bien compris ce qui ne fonctionnait pas dans les épisodes I, II et III et rectifie le tir d’emblée.

Ce que les fans veulent voir c’est l’Empire, la Rébellion, Solo, Leia, Luke, Chewie et toute l’équipe, des X-Wing, des Tie Fighters, le Faucon.... Et en effet, tout est là et bien là, que ce soit simplement évoqué ou en plein cœur de l’intrigue. A ce titre, les passerelles entre la Trilogie et cette « après-logie » sont si grosses qu’il serait plus juste de parler d’aqueduc que de passerelles. Ce qui constituera d’ailleurs l’un des défauts majeurs du film. Trop de fan service tue le fan service même si, de façon un peu perverse, c’est aussi cette abondance d’éléments connus qui donne à l’œuvre son énorme côte d’amour. En l’état, cet épisode VII est clairement le film de la reconquête des fans encore déçus, voir traumatisés, par la prélogie. Pour cela, toute la team Abrams a décidé de faire du (presque) neuf avec du vieux. On retrouve tout un tas de nouvelles planètes, de nouveaux personnages, une faune entièrement renouvelée et tout cela trouve sa place au sein d’un film totalement cohérent avec l’univers dans lequel il prend place. A force de vouloir bien faire, il en fait trop aussi, dans l’humour notamment avec un second degré qui n’a pas sa place dans un Star Wars, ce sera là la seule vraie grosse faute de goût de l’entreprise.

J.J avait annoncé la couleur, Le Réveil de la Force a pour but de réconcilier les anciens fans et nouveaux venus, vierges ou presque de toute référence à l’univers. De ce côté-là, le pari est réussi, les néophytes peuvent tout à fait s’immerger dans l’intrigue assez simpliste tandis que les anciens retrouveront l’esprit serialesque respecté par l’équipe d’Abrams. Un metteur en scène qui, malgré quelques tics de réalisation encore visibles et autres plans-signatures, s’éclipse derrière son œuvre pour mieux la fondre dans le grand Livre de la saga intergalactique. L’intrigue est connue et ne déviera jamais des grandes lignes évoquées par les divers trailers parus jusqu’ici. Quand on s’appelle Disney, la prise de risque est un terme qui n’existe pas et cette frilosité peut agacer par moment tant le film capitalise sur les épisodes de la Trilogie, A New Hope en tête. A un point tel que par certains aspects, Le Réveil de la Force se pare des atours du reboot articulé autour d’un McGuffin qui ne dit pas son nom.

Pourtant, tout débute parfaitement bien avec l’introduction des nouveaux personnages dont la stupéfiante Rey, vraie star de ce nouvel épisode qui s’impose comme l’égale des plus emblématiques personnages de la saga imaginée par Lucas. Un personnage totalement starwarsien qui traîne sa solitude dans des décors désolés, parsemés de carcasses et de débris de l’ancien Empire. Là, J.J iconise son univers et pose les bases de cette nouvelle trilogie. Outre Rey, on découvre Finn, le déserteur du Premier ordre, moins convaincant que son homologue féminin et puis BB8, le droïde facétieux, petit frère de R2-D2. Ce trio va occuper la majeure partie du premier acte, le plus réussi, le plus innovant aussi. Pour le côté obscur, on retrouve Kylo Ren, sorte de cosplayer fan de Dark Vador à l’épée triple lame qui aura tellement fait parler d’elle et toute une foule de généraux du Premier Ordre qui s’incrivent dans la droite lignée de l’Empire. Tout ce petit monde va s’ébrouer pendant une bonne quarantaine de minutes passionnantes qui font revivre une magie que l’on pensait à tout jamais disparue. C’est là que J.J Abrams et Lawrence Kasdan vont commettre leur seconde erreur : faire revenir tous les anciens personnages de manière parfois complètement anarchique. Mais, étrangement, comme pour tout le reste du film, ces défauts, ces erreurs sont transformées en qualités car ces personnages répondent à 100% aux attentes du public qui prend un plaisir immense à les revoir sur un écran de cinéma. A ce titre, la plus belle scène du film, est une séquence dialoguée toute simple entre Leia et Solo. Un comble pour un métrage qui multiplie pourtant les séquences d’action et de combats.

Malgré son absence d’enjeux et les autres défauts cités plus haut, ce Star Wars déborde d’énergie et de sincérité, un terme qui peut paraître un peu étrange pour une grosse entreprise comme celle-ci mais on sent réellement que J.J Abrams a pris un pied monstrueux à réaliser ce film. S’il ne sera jamais le plus grand metteur en scène de l’histoire, le bonhomme a pris soin de moderniser l’ensemble tout en conservant un certain esprit Star Wars. Les scènes d’action sont efficacement réalisées et parfaitement rythmées par un John Williams qui, s’il n’égale pas la puissance de la partition des Episodes I et III, signe une BO tout à fait correcte en adéquation avec le récit. Le rythme est soutenu, on ne s’ennuie jamais, scotché par les nombreuses péripéties qui s’enchaînent dans un vrai esprit space opera et qui, il faut le dire, font vachement plaisir. S’il est un grand film d’aventure, ce Réveil de la Force est aussi, à l’instar des précédents, une histoire de famille composée, déchirée, décomposée, recomposée, d’adoption, de substitution. Les liens familiaux réels ou fabriqués sont encore une fois au cœur d’un récit qui, s’il peine à instaurer de vrais enjeux, bénéficie d’une finesse d’écriture dans les petits détails et les dialogues qui en font un film plus riche que ne peut le laisser supposer une froide analyse de son script.

D’ailleurs, ce Réveil de la Force, dont le titre résume parfaitement bien l’intrigue, est un film qui se base sur les émotions proposées plus que sur une quelconque analyse technique ou thématique. C’est peut-être simple et un peu bête d’écrire ça mais c’est pourtant vrai. De par la nostalgie qu’il a su parfaitement exploiter, un peu trop même, Abrams entraîne le spectateur dans un tourbillon d’émotions tout en posant les bases d’une nouvelle trilogie repartie sur les bases des origines. On rit, on trépigne, on sursaute, on sourit, on pleure, on s’agace un peu aussi mais jamais on ne s’ennuie ou on ironise.Surtout, on prend du plaisir, beaucoup de plaisir car n’oublions pas que Star Wars VII est avant toutes choses une œuvre de divertissement et contrairement à des nombreux blockbusters faussement sombres et torturés, le cynisme n’a pas sa place ici. Le manichéisme a toujours été placé au centre de l’univers. Il y a d’un côté les méchants, de l’autre les gentils et à un moment il faut choisir son camp. Un film paradoxal qui transforme la plupart de ses défauts en d’immenses qualités car il a compris que plus qu’au cerveau, c’est au cœur des fans qu’il fallait s’adresser. Et quand on parle avec son cœur, on est toujours entendu. Et écouté.


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