Critique de film

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Split

"Split"
affiche du film

Kevin a déjà révélé 23 personnalités, avec des attributs physiques différents pour chacune, à sa psychiatre dévouée, la docteure Fletcher, mais l’une d’elles reste enfouie au plus profond de lui. Elle va bientôt se manifester et prendre le pas sur toutes les autres. Poussé à kidnapper trois adolescentes, dont la jeune Casey, aussi déterminée que perspicace, Kevin devient dans son âme et sa chair le foyer d’une guerre que se livrent ses multiples personnalités, alors que les divisions qui régnaient jusqu’alors dans son subconscient volent en éclats.

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Trailer - Split (2017)
Par : 

Les critiques à propos de ce film

Critique de Split - La personne aux 23 personnes +1
Par : Samuel Tubez

Avant 2010, M. Night Shyamalan nous régalait avec ses films à twists (pour les plus illustres : Sixième sens, Incassable et Le Village) et le bonhomme restait toujours en odeur de sainteté malgré des Phénomènes et Jeune fille de l’eau mitigés. Ensuite, ça se complique pour lui et, avec les imbuvables Dernier maître de l’air et After Earth, il accumule les railleries. En 2015, il retrouve doucement mais sûrement son mojo chez Jason Blum avec le sympathique The Visit prenant la forme d’un found footage. Toujours humblement tourné pour le compte de Blumhouse, Split tente à imposer définitivement le retour du cinéaste, voire, plus étonnant encore, à le rattacher à l’une de ses gloires passées…

La lecture de la suite de cet article est vivement déconseillée si vous n’avez pas vu le film. SPOILER ALERT, donc !

Dès les premières images, on est ravi de revoir le réalisateur de Signes utiliser le Cinémascope avec ici la complicité du talentueux chef opérateur Mike Gioulakis (John Dies at the End, It Follows). Avec un sens aigu du découpage, Shyamalan nous montre le kidnapping, suite à une fête d’anniversaire, de trois jeunes filles par une brute froide et méticuleuse un peu mysophobe sur les bords (les fluides, les germes et autres microbes, ça ne l’excite pas trop). Il s’agit de Dennis et, avec l’aide de la matrone Patricia, il maintient captives et semble vouloir préparer ses victimes pour l’arrivée d’une certaine « Bête ». Il y a aussi l’espiègle gamin de 9 ans Hedwig et Barry, un designer de vêtements. Détail important : ces personnalités sont toutes enfouies dans l’esprit de Kevin Wendell, souffrant d’un violent trouble dissociatif de l’identité. En réalité, Kevin/Barry/Dennis/Patricia/Hedwig possède en tout pas moins de 23 personnalités recensées. Et la 24e est sur le point de surgir…

Pour apprécier Split, il vous pouvoir faire quelques compromis. Difficile en effet de passer outre une invraisemblance de taille qui nous taraude très tôt dans le film. Comment, en effet, un schizophrène de la sorte, suivi par une psy et potentiellement dangereux, est-il laissé en totale liberté ? La présence du personnage de la psy jouée par Betty Buckley (la vieille parano de Phénomènes) pose alors problème. Shyamalan, qui signe une fois de plus seul le scénario de son film, l’a notamment intégré dans le but d’expliquer et de nous faire croire en l’impossible (une thématique récurrente dans sa filmographie). Ici, il s’agit de justifier le surnaturel de façon scientifique en nous expliquant que les cellules et le corps humain pourraient changer par la simple force de l’esprit. Une explication rationnelle qui, par extension, pourrait s’appliquer à de nombreuses créatures du bestiaire fantastique. On voudrait franchement y croire mais la cohérence de l’ensemble en pâtit quelque peu et peut-être aurait-il mieux fallu que Shy se passe du personnage. Le film aurait alors certainement gagné en cohérence tout en maintenant davantage de mystère.

Il est donc certainement conseillé de placer son cursus de suspension d’incrédulité à son maximum afin d’apprécier Split qui, en outre, est très convenu dans son déroulement et aligne quelques clichés (sans omettre une poursuite finale grotesque). Heureusement subsiste le savoir-faire du cinéaste en matière de mise en scène ainsi qu’une belle ambiguïté entre les deux personnages principaux. D’un côté James McAvoy est épatant dans ses 23 rôles (seulement 5 sont réellement mis en évidence, ce qui est déjà un petit exploit en terme d’interprétation) et en face de lui la jeune Anya Taylor-Joy (The Witch) s’en sort honorablement dans la peau de la victime futée qui renferme en elle un terrible trauma lié à l’enfance. Ces deux personnages possèdent plus en commun qu’ils ne le pensent, et Shyamy de nous livrer in fine une parabole sur la force contenue dans les êtres possédant une âme torturée. Cerise sur le gâteau, le cinéaste nous révèle dans les ultimes secondes que Split est lié à Incassable, transformant contre toute attente le bousin en un spin-off nous dévoilant donc la naissance d’un super-vilain qui pourrait bien se fritter avec un David Dunn vieillissant toujours interprété par Bruce Willis. La perspective en a immédiatement excité plus d’un, certains criant même au génie (alors que l’on a un peu l’impression de voir une séquence post-générique d’un Marvel, mais cela doit être intentionnel), tandis que d’autres n’y verront qu’une vaste plaisanterie.

Avec Split, le réalisateur assied en tous cas bel et bien son retour, pour le meilleur et le pire, entraînant à sa suite de quoi faire palabrer ses adorateurs convaincus ainsi que ses détracteurs sceptiques. Shyamalan est mort, vive Shyamalan !


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