Critique de film

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Spirit (The)

"The Spirit"
affiche du film

Considéré comme mort, un détective masqué revient dans la ville de Central City pour traquer les criminels en utilisant toute forme de punitions plus ingénieuses les unes que les autres.

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Les critiques à propos de ce film

Critique de The Spirit - Comique Book
Par : Romain Mollet
Tags : Super-héros

Autant le dire d’emblée, The Spirit est sûrement le film le plus bizarre que l’on ait pu voir en 2008 (oui, l’année dernière quoi) avec le Speed Racer des Frères Wachos. Le point commun ? Les deux métrages étant tournés de la même manière (fond vert + incrustations), cela laisse donc une large place à l’imagination visuelle des auteurs.

C’est donc un procédé que ne pouvait pas laisser passer Frank Miller, scénariste, dessinateur et cinéphile passé derrière la camera depuis 2005 et l’adaptation de son oeuvre reconnue Sin City. C’est donc avec surprise qu’il s’est emparé de l’oeuvre de son idole Will Eisner afin d’en réaliser une nouvelle adaptation (la précédente étant un téléfilm des années 80 détesté par le créateur du héros éponyme). Une adaptation qui trahit plutôt ses origines pour dévier complètement dans un autre univers : celui carrément plus déluré de Frank Miller. Ainsi Le Spirit, flic assassiné revenu à la vie et qui protège la veuve et l’orphelin (ou plutôt les jolies donzelles) sous son identité secrète, devient une figure à la fois héroïque mais aussi - voire surtout - comique, parodique. L’humour du personnage est pourtant bien connu, Will Eisner l’ayant crée comme un personnage à la blague facile et bourré de charme, même aux prises des pires mégalos de la Terre... Mais là, Miller semble vouloir s’approprier complètement le personnage et en faire un super-héros avec de grands moments de bravoure, quitte à le trasnformer parfois en personnage simpliste et ridicule, à l’image de certains des marginaux de Sin City.

A grand renfort de répliques irrésistibles à défaut d’être connes (l’une des nombreuses "Miller’s touch", déjà présentes dans la plupart de ses ouvrages), on suit le parcours d’un héros qui ne fait que s’en prendre plein la gueule quand il ne charme pas les damoiselles de Central City ou qu’il ne pense pas à son amour perdu qu’est Sand Saref, ou à sa némesis dégénéré qu’est Octopus, interprété par un Samuel L. Jackson en éclate totale. Avec des situations plus invraisemblables les unes que les autres, Gabriel Macht s’efforce à rendre son personnage crédible et, par surprise, il y parvient... si le spectateur parvient à rentrer dans un second degré extrême qui parsème l’oeuvre dans son ensemble. C’est ainsi que The Spirit prend tout son sens : le film est avant tout personnel, et au lieu de nous livrer une adaptation juste et fidèle de l’oeuvre d’Eisner, Miller nous a offert un véritable délire visuel où il se permet tout (ou presque). Comme dans les pages de ses comics book, la violence règne, même si elle est légèrement aseptisée pour permettre une restriction PG-13 finalement suffisante au vu du résultat. On ne s’étonne pas alors quand, dans un hilarant et surprenant combat au début du métrage, l’Octopus se sert d’une énorme barre de fer pour latter son ennemi juré. Idem lorsque le même personnage, bien décidé à en finir avec le vengeur masqué, sort d’on ne sait où de façon successive trois flingues plus gros les uns que les autres. De même lorsque le Spirit lançe des monologues à la caméra avec un sourire complice, recourant à l’abattage du quatrième mur. Les décors numériques, réellement stupéfiants, se succèdent également, passant du style Film Noir (ce qui rend l’ensemble quasiment intemporel) au Japonisme, et même au Nazisme dans une scène qui atteint les sommets du n’importe quoi (un chat qui fond, non mais puis quoi d’autre ?!).

Ca fait partie de tout un charme dont seul l’auteur possède le secret, et qui parvient à faire du métrage un véritable OFNI fun et complètement décontracté, constitué d’une intrigue simple servant de prétexte à balancer tout un flot de références au cinéma (les films noirs des années 40 ou Pulp Fiction), aux comics (les noms de Stanley Liebowitz aka Stan Lee et la marque Ditko), quelques délires inexplicables (un hilarant pied humain) et surtout, un bon gros casting féminin. Miller qui les idéalise dans ses bandes dessinées, en faisant des femmes fatales, s’est offert Eva Mendes, profitant à quelques reprises de ses belles courbes (la photocopie de son postérieur comme avis de recherche... seul le cinéaste pouvait oser !), Scarlett Johansson, géniale en secrétaire maléfique, la mignonne Paz Vega en tueuse française et surtout Jamie King, qu’il transforme carrément en représentation symbolique de la Faucheuse. "Des filles et des flingues" en somme, d’autant plus qu’elles sont aussi jolies que les scènes d’action bourrines le sont, comme en témoigne le dernier quart d’heure apocalyptique qui se pose comme une conclusion idoine pour un film bien barré.

Loin d’être le polar d’aventure sombre qu’il aurait pu être, The Spirit n’est au final qu’un délire provocateur tantôt héroïque tantôt hilarant, complètement assumé de la part de Frank Miller, qui se permet de délaisser les fans du personnage original et les règles d’un cinéma "normal" afin de partager et étendre SON univers. Les bédéphiles appellent ça une trahison, les critiques appellent ça un nanar, nous on se contentera d’identifier ça comme un trip jouissif extrêmement bien foutu dont la seule volonté est de divertir et, accessoirement, de foutre un coup de pied au cul de la soi-disant "morale cinématographique". Depuis le temps qu’il en rêvait... laissons-le faire, ça fait marrer.


Critique de The Spirit - Héros de pacotille
Par : Quentin Meignant

Frank Miller avait marqué les esprits en 2005 avec le fabuleux Sin City qu’il avait réalisé en collaboration avec Robert Rodriguez. Toujours accro à l’esthétique, le cinéaste s’était alors consacré à un autre projet fort attendu : The Spirit, l’adaptation du comic book best-seller de Will Eisner. Challenge tout autre donc pour un réalisateur qui devait encore prouver qu’il avait les capacités nécessaires pour diriger un projet d’importance seul. Alors que florissent en ce moment les films de super-héros, The Spirit faisait office de véritable ovni au milieu des héros Marvel et autres DC comics boys, comme Batman. Considéré comme mort, un détective masqué revient dans la ville de Central City pour traquer les criminels en utilisant toute forme de punitions plus ingénieuses les unes que les autres.

Si le thème du comic de Will Eisner en lui-même n’échappe pas à un certain classicisme inhérent au genre super-héros, rappelant d’ailleurs un certain Darkman cher à Raimi, le livre fait office de véritable monstre des libraires, engrangeant des billets verts comme presque aucun autre ouvrage. Dès lors, pour rendre au mieux le caractère exceptionnel de l’œuvre, il fallait que Frank Miller fasse preuve d’originalité dans le traitement même des images. C’est ainsi que le réal choisit une technique moderne, déjà largement usitée dans le Speed Racer des frères Wachowski, et qui consiste à faire évoluer les comédiens devant un fond vert agrémenté parla suite d’incrustations. Si cette technique à la pointe de la technologie s’est déjà avérée payante dans certains cas, force est de constater que, pour The Spirit, son emploi se transforme petit à petit en massacre. Comédiens perdus au jeu poussif et décors parfois un peu trop kitsch ou pseudo-grandioses rivalisent dans une médiocrité jamais démentie.

Si quelques scènes d’action peuvent paraître brillantes, Frank Miller procède la plupart du temps à la fabrication d’un univers qui, en plus d’un manque criant de réalisme, s’avère fort peu attachant. Se déroulent alors de vaines discussions jamais en reste de bons mots qui n’en sont pas : entre des intrigues amoureuses à la limite de l’eau de rose et des répliques calamiteuses censées instiller un grain de folie à l’ensemble, The Spirit sombre corps et bien au fil des minutes. Ainsi, hormis une séquence amusante présentant avec force d’explications le passé de notre héros, Miller livre une intrigue d’une platitude extrême à l’esthétique jamais vraiment aboutie. Vient encore se greffer à cela un score criard et assourdissant qui, aurait-on envie de dire, va de pair avec le spectacle offert.

C’est sans doute là les deux seuls éléments (négatifs) qui se goupillent bien dans le film d’un Miller décevant au possible. Ersatz sans originalité du film de super-héros classique, The Spirit est un blockbuster qui s’adresse à un public jeune et pas trop regardant. Le métrage constitue en tout cas un énorme camouflet pour une œuvre originale qui aurait mérité bien meilleure adaptation.


Critique de The Spirit - Mauvais esprit
Par : Samuel Tubez

Frank Miller a beau être un scénariste et dessinateur de bandes dessinées de talent (300, The Dark Knight Returns, Sin city), cela ne fait pas automatiquement de lui un bon metteur en scène. Loin de là. Sollicité depuis des années pour rédiger des scénarios de films (Robocop 2 et 3 ou plus récemment Daredevil et Sin City), il passe cette fois complètement derrière les caméras (après avoir tâté de la réalisation auprès de Rodriguez sur Sin City) en réalisant cette l’adaptation du Spirit de Will Eisner. Very bad idea…

Denny Colt, un ancien flic, revient mystérieusement d’entre les morts. Il est désormais le Spirit, combattant du crime dans les rues obscures de Central City. Son ennemi juré, Octopus, a un but bien différent : dans sa folle quête d’immortalité, il s’apprête à détruire la ville. Aux quatre coins de la cité, le Spirit traque le tueur. Sur son chemin, le héros masqué croise des femmes, toutes sublimes, qui cherchent à le séduire, l’aimer ou le tuer... Seul son amour de toujours ne le trahira pas : Central City, la ville qui l’a vu naître... deux fois.

Autant Le Spirit version papier est un classique de la bande dessinée, autant son adaptation ciné signée Frank Miller est une purge infâme. Rarement une intrigue et son personnage principal nous auront paru aussi insignifiants et ridicules que dans ce film. Bardé de monologues et autres dialogues horriblement ennuyants, la première réalisation officielle de Frank Miller s’avère quasiment insupportable à visionner. Horriblement bavard, épouvantablement démonstratif et plombé de bout en bout de faux raccords, The Spirit bénéficie en outre de cabotinages effroyables de stars faisant leur show en solo. Samuel L. Jackson y joue le bad guy/savant fou déglingué du ciboulot aux côtés d’une Scarlett Johansson accumulant les décolletés plongeants, tandis qu’Eva Mendes photocopie ses fesses sur une Xerox. Ca c’est de la caractérisation de personnage, n’est-ce pas ? Seul Gabriel Macht (Bad company, La Recrue) dans le rôle-titre semble un tant soit peu y croire. Des efforts qui s’avéreront au final bien inutiles ! Pour couronner le tout, cette adaptation s’avère visuellement très pauvre, tant du point de vue des cadrages que du style adopté. Image penchant vers le noir & blanc, décors kitschs, décadrages soudains, The spirit est aussi moche à regarder qu’il est insupportable d’un point de vue narratif. Aussi lourdaud dans sa mise en scène qu’un pachyderme perdu dans un magasin de porcelaine, Frank Miller nous livre là un spectacle tour à tour pénible et pitoyable. A un tel niveau de médiocrité, ce n’est plus un ratage complet mais presque un véritable tour de force !

Privilégiant la bouffonnerie au suspense et les monologues inertes à l’action, The Spirit ennuie profondément jusqu’à l’oubli pur et simple dès le générique final entamé. Passez votre chemin, il n’y a strictement rien à voir !


Commentaires sur le film

Loin, bien loin de l’esprit d’Eisner.

0 etoiles

Après un Sin City résolument jouissif, Frank Miller remet le couvert avec The Spirit. Tous les ingrédients qui nous ont fait aimer Sin City ont l’air d’être là, et pourtant, il manque "le petit quelque chose" qui fait toute la différence… Inutile de se casser la tête trop longtemps. Il manque Rodriguez.

15 juin 2013 à 13:06 | Par Fred Bau

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