Critique de film

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Speed Racer

"Speed Racer"
affiche du film

Speed Racer est un as du volant, un fonceur instinctif et intrépide qui enchaîne les victoires. Né pour ce sport à haut risque, il n'y a connu qu'un seul rival : son propre frère, le légendaire Rex Racer, fauché en pleine gloire et dont il est aujourd'hui l'héritier. Loyal à la firme de son père, Pops Racer, concepteur de sa puissante Mach 5, Speed a rejeté une alléchante proposition des Royalton Industries. Après s'être attiré par ce refus la haine du fanatique Royalton, Speed découvre que certaines des plus grandes courses américaines sont truquées par une poigné d'hommes d'affaires, manipulant les meilleurs pilotes pour booster leurs profits. Et puisque Speed refuse de courir sous ses couleurs, Royalton veillera à ce que la Mach 5 ne remporte plus une seule course... Pour sauver l'entreprise familiale et sa carrière, Speed n'a d'autre issue que de battre Royalton à son propre jeu. Soutenu par sa famille et sa fidèle compagne Trixie, le pilote s'associe à un ancien rival, le mystérieux Racer X, pour remporter la course mythique qui coûta la vie à son frère : le terrifiant rallye "Crucible"...

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Les critiques à propos de ce film

Critique de Speed racer - Go Speed racer, go !
Par : Chroniqueurs
Tags : Course motorisée

Par Colqhoun

Il y a quasiment 10 ans de cela, arrivait sur nos écrans ce qui s’est avéré être une révolution dans le monde du cinéma. Un film qui changea radicalement la donne en matière d’effets spéciaux et de scènes d’action survoltées. Les frères Wachowski réalisaient The Matrix. Aventure cyber-punk qui eu vite faite de devenir culte pour des milliers (millions ?) de spectateurs. Après 2 suites et une participation en tant que scénaristes et producteurs sur l’adaptation du comic book anarchiste V for Vendetta, Andy et Larry reviennent avec un film improbable sous les bras :Speed Racer.

Speed Racer est l’adaptation du premier dessin animé japonais qui connu un gros succès aux USA. A dire vrai, un succès tellement retentissant que sa diffusion, qui avait débuté en 1967, dura jusqu’à la fin des années 90 en diffusion alternative (et une nouvelle série a été lancée en parallèle de la sortie du film). Dans un monde futuriste, la course de voitures est LE sport qui réunit les foules. Speed Racer, un jeune homme qui se révèle être un champion hors-norme et courant sur les traces de son frère décédé quelques années auparavant dans un terrible rally, va se retrouver propulsé dans une sombre histoire de conspiration entre mafia et business men et devra alors compter sur le soutien de sa famille, de son mécano et de sa petite amie pour remporter les épreuves. Une intrigue un peu simpliste qui oppose méchants entrepreneurs friqués contre gentille famille unie dans l’adversité, le tout baigné dans une ambiance plutôt légère, grandement aidée par la musique pop et jazzy de Michael Giacchino (Call of Duty, the Incredibles, MI III) qui a repris et adapté le thème original avec beaucoup d’inventivité. Mais le film se veut frais, fun et décoiffant.

Il est peut-être un peu tôt pour se prononcer, mais il est clair que l’on avait jamais vu cela sur un écran de cinéma. Ou du moins, jamais poussé à ce point là. Dès les logos des studios au début du film, on se retrouve projeté dans un kaléidoscope de couleurs, un univers totalement autre, pop, psychédélique et résolument 60’s (jusque dans le design des véhicules, des bâtiments), dénué de tout repère géographique. Le monde de Speed Racer est un monde à part et les Wachowski vont le modeler à leur guise. Il faut aussi mettre de côté toutes velléités réalistes, le film assumant son côté synthétique d’un bout à l’autre par le biais d’effets spéciaux omniprésents (que l’on doit de nouveau à John Gaeta, inventeur du célèbre effet "bullet-time"). Mais si l’on accepte le concept, le film se révèle être alors un grand ride ébouriffant, alignant les morceaux de bravoure. Les courses sont évidemment le pilier central du film, son premier intérêt, et tout a été mis en œuvre pour les rendre "bigger than life". Les voitures foncent à des vitesses improbables sur des circuits qui se rapprochent plus du grand huit que des pistes de courses automobiles, bondissent par dessus les autres véhicules, usent de gadgets mortels pour évincer les concurrents, se rentrent dedans ou finissent même par exploser. La mise en scène des Wachowski est inventive, expérimentale même, dynamisant chaque image au maximum pour donner alors une sensation d’immersion qui se rapproche d’un jeu vidéo. Difficile de ne pas y penser d’ailleurs, lorsqu’une scène de combat entre plusieurs personnes semble tout droit sortie de Tekken. Speed Racer est, comme Matrix l’était, un film au croisement de différents médias, différentes technologies et qui met tout en œuvre pour tenir ses spectateurs en haleine. Et ce, dès le début du film et son montage qui joue sur les aller-retours présent/passé avec une aisance déconcertante.

Si l’histoire est plutôt naïve voir même un peu mièvre par moments, ça se laisse suivre sans ennui. Il y a de nombreux rebondissements et des personnages charismatiques (Roger Allam en Royalton est délicieux de cruauté) et les acteurs semblent vraiment tous à leur place. Tant Emile Hirsch (Into the wild) en Speed, que John Goodman, Susan Sarandon ou encore Christina Ricci et Matthew Fox.

Mais il y a le petit frère et son singe... Insupportable petit frère, sidekick de service qui passe son temps à hurler n’importe quoi et à plomber les scènes familiales qui permettent de se reposer entre les courses. On sent la volonté d’introduire un personnage auquel les enfants puissent s’identifier (c’était déjà le cas dans le dessin animé), le film n’étant, dans son ensemble, pas forcément très accessible pour les plus jeunes. Mais cette tentative ruine plusieurs passages et tend vite à agacer. Speed Racer est un film un peu difficile à appréhender, car il oscille sans cesse entre bon gros divertissement familial et scènes relativement violentes, dramatiques ou vulgaires. On en vient d’ailleurs à se demander comment il fera pour trouver son public, tant cela ressemblerait presque à un suicide commercial (rappelons que le budget se monte à plus de 100 millions de $) ?

Speed Racer est un film qui partagera le public et les critiques. Inévitablement. Ses partis-pris vont tellement loin, avec cette multitude de couleurs flashy, de scènes d’action virevoltantes, qu’il risque de laisser pas mal de monde sur le bas-côté. Pourtant cela reste une expérience saisissante, une décharge d’adrénaline comme on en croise pas souvent et qui malgré ses défauts scénaristiques évidents se révèle être sacrément jubilatoire. La maîtrise des Wachowski et leur capacité à maintenir une cohérence sur toute la durée du film force le respect, parce qu’il était facile de partir dans tous les sens. Mais les réalisateurs s’en tirent avec les honneurs en lançant sur les écrans un film qui, on l’espère, fera encore parler de lui dans plusieurs années.

Et maintenant on se prendrait presque à rêver d’une adaptation live des Jetsons.

Go Speed Racer, Go Speed Racer, Go Speed Racer Go !


Critique de Speed Racer - Ca roule !
Par : Romain Mollet

Non mais franchement, qui aurait pu penser un jour, que les géniaux créateurs de la saga Matrix, j’ai nommé Andy & Larry Wachowski, allaient s’atteler à l’adaptation d’une série animée haute en couleurs et cultissime ? Franchement, personne, d’autant plus qu’il s’agit ici du Speed Racer de Hiroshi Sasagawa.

Speed est un jeune pilote de course virtuose, désireux de surpasser son modèle de frère, coureur lui aussi, décédé lors d’un "accident" de course alors que ce dernier avait quelques problèmes avec la mafia. Aujourd’hui, le benjamin a pris le relais avec brio, et se voit courtiser par une multinationale malhonnête qui compte exploiter ses ressources pour remonter son capital. Une dure décision s’impose pour Speed, qui préfère évidemment rester avec sa chère famille que de rejoindre un groupe qui pourrait causer sa perte.

Voilà pour le topo du film, qui pourrait paraître plus développé que ce que l’on pensait. A vrai dire, même en s’attelant à un film pour jeune public, les Wachos ne peuvent s’empêcher de se compliquer la vie (on l’a vu avec Matrix Reloaded et Matrix Revolutions), et le scénario s’avère quelque peu embrouillé. Mais la n’est pas l’important car le film tient toutes ses promesses : il convient autant aux enfants, qui seront ravis par l’humour facile du duo formé par le petit frère de la famille Speed et son chimpanzé (perso, ils m’ont énervé), tandis que les adultes seront tentés par la noirceur du film. Mais ce qui unit magiquement les deux, c’est évidemment le principal intérêt du film : les courses poursuites.

Quoiqu’en disent les allergiques aux effets spéciaux omniprésents, les courses de Speed Racer surprennent et scotchent forcément la rétine du spectateur à chaque fois. Impossible de ne pas succomber à cette furieuse avalanche de voitures furibondes et cinglées, parcourant l’écran dans tous les sens, le tout dans des décors utopiques faussement niais mais non dénués de charme. Car le mélange des deux donnent un véritable trip visuel assumé comme rarement on en a vu à l’écran, du grand n’importe quoi visuel fascinant grâce auquel on prend son pied comme ce n’est pas permis (ah ben si, y faut un permis !)... Deux sympathiques bastons parsèment le film, sans aucune violence graphique mais assez ingénieusement maitrisées pour captiver certains spectateurs. Speed Racer marque aussi par la présence de Michael Giacchino, qui assure la Bande Originale avec des musiques fidèles à la série, toutes empreintes d’une certaine folie qui fusionne parfaitement avec l’écran.

Ne cherchez pas une grande réflexion dans ce pur divertissement tout public, qui, s’il s’avère très con par moments, n’a pas pour autant oublié de réveiller en chacun de nous un certain enfant caché qui sera fasciné par cet univers inédit et déstructuré sans la moindre restriction de vitesse. Surprenant, si l’on n’a pas perdu cette âme.

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